‹ Une mine de souvenirs: pour être exploitée par mes chers compatriotes sous la protection de Marie ImmaculéeChapitre 6 sur 22 · TL · texte numérisé non relu

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tour. Je regardai mon père s'éloigner. Je croyais à chaque instant qu’il allait s’arréter et revenir, mais mon espérance fut

trompée.

J'ai dû me remettre à faire ma clôture.

Mon péré revint me voir, apportant avec lui une masse de bois d’orme. Il ébranle un piquet. “Mais, mon garçon, pour qu’une, clôture retienne les bêtes féroces, il faut \ que les piquets soient bien enfoncés dans la terre. Voici une masse et un petit bane

- pour te permettre de faire ton ouvrage.”

Puis il s'éloigna.

Je montai sur mon petit banc. Le mail- .…let,-très pesant, était fixé à un Jong manche. J'éssayai de lé”Soulever jusqu’à la hauteur de ma tête, Il refusa d’aller plus haut et retomba à:mes pieds. J’essayai de nouveau. Cette fois, le maillet monte au-dessus de ma tête, un des pieds du banc cède .

et je vais tomber avec ma massue dans le fossé boueux que j'avais reçu ordre d’approfondir, Je me jetai sur la levée du fossé et me mis à pleurer à chaüdes larmes.

Tout à coup un cri perçant pénètre à

mes oreilles. “A l’ouvrage, mon garçon; ‘:ce n’est. pas encore l'heure du midi”

O douleur! j’aperçois mon père courant vers moi avec la fameuse branche de merisier en main. Je relevai mon buste dans la posture Ja plus humble. A genoux je lui dis que je n'étais pas fait pour être habi-

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tant et lui demandai d’aller à l’école, que j'allais bien écouter ma soeur, “Va déjeuner”, me dit-il; “tu te rendras à lFécole, tu demanderas, à genoux, pardon à ta soeur.

Maïs remarque bien ceci: Si tu veux recommencer ton jeu, je recommencerai le mien. (Cette fois ce sera définitif.”

. Je me rendis à l’école, demandai publiquement pardon à ma soeur qui me dit d’aller prendre mon siège. Elle était à la leçon des règles de trois. L'élève au tableau se montrait au-dessous de sa tâche.

“Qui peut faire ce calcul?” Je saisis la craie: “Je multiplie 328 par 4, mademoiselle Lacasse; 4'fois 8 font 32, mademoiselle Lacasse; jé pose 2 et retiens 3, mademoiselle Lacasse” — “Achève tes demoiselle Lacasse, toi, et calcule seulement.”

I n’y avait plus à l’école de maman, mais une institutrice agréée par mes parents et représentant leur aütorité à qui je

devais le respect que je luj ai donné ensuite. L'année suivante je partais pour le

collège.

L'histoire que vous venez d'entendre, mes: chers compatriotes, est l’un des pre-

.” “imiers moyens dont Dieu s’est. servi pour

mè faire. devenir prêtre pour toute Péternité. -

| ‘Si mon père eut sacrifié son devoir à

mes caprices, je serais resté à la maison, ‘ mabandant avec mes petits voisins, étouf- 1, u is : o te 48 . .

fant dans mon coeur l'attrait de la grâce; je serais probablement aujourd’hui un ex-

ploiteur de mines... de charbon, métier-

honorable sans doute, mais non pas celui que le bon Dieu. avait choisi pour moi. Mais . l'Esprit-Saint souffla à mon père un moyen de.-me faire aimer létude. Quelques per-

ches-de clôture réussirent mieux que ne

l’auraient fait les. meurtrissures d’une brânche de merisier.

Nous voyons par ce que nous venons de:

dire que les parents seraient bien coupables de laisser les enfants être leur maître et de

. se rendre à fous leurs caprices. Tous les

parents auront un compte rigoureux à rendre au moment du jugement particulier sur la trop grande liberté accordée aux enfants

. jeunes et vieux dans toutes. les circonstances de”la vie.

. Rappelons-nous ce refrain de nos grands-pères:

Les enfants et le sucre,

en un moule on façonne, Ame bonne ou méchante .

.. . à volonté on donne.

ae

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