Une mission au Sénégal
L'étude des différentes races qui habitent le Sénégal est des plus complexes ; en contact avecles races blanches venues les unes des États barbaresques à travers le Sahara, les autres du bassin du Nil, en traversant presque tout le continent, le Sénégal offre le contraste des types les plus divers : Maures se rattachant aux Arabes et aux Berbères, Peuls originaires de la haute Egypte, nigritiens autochtones ou venus du centre de l'Afrique. Après toutes les invasions et toutes les guerres qui ont bouleversé le pays, il est difficile d'en refaire l'histoire et d'établir exactement le rôle joué par chacune des races, les documents manquent et les faits transmis par les récits des anciens ou des griots sont toujours dénaturés et grossis à l'avantage des intéressés. Cependant depuis quelques années les observations se sont multipliées et ont commencé à faire un peu de jour dans ce
fouillis : Binger, en montrant les relations qui existent entre les races nigritiennes du Soudan, a établi le groupe mandé et créé l'unité ethnique de populations jusqu'alors considérées comme différentes; l'examen de crânes peuls a permis récemment d'établir leurs rapports avec des crânes fellahs de la vieille Egypte et a à peu près résolu une question depuis longtemps discutée. Trois groupements sont aujourd'hui nettement établis, les Maures^ les Penh et les Mandés; il reste à classer les populations anciennes Ouolofs, Sérères, Diolas, Baniounkas, Balantes qui ont été refoulées vers le littoral et que l'arrivée de races plus fortes aurait infailliblement fait disparaître sans notre intervention; les Ouolofs se rapprochent sensiblement des Mandés et semblent devoir être rattachés au même groupe; quant aux populations fétichistes du bas Sénégal et de la Gasamance, elles ont entre elles de nombreux caractères communs que l'on trouve à peu près identiques chez beaucoup d'Achantis et qui peuvent faire supposer une origine commune, des données ultérieures plus précises et que nous n'avons pas eu le temps de recueillir permettront peut-être de vérifier cette hypothèse et de rectifier dans ce sens la classification des races du Sénégal. Pour les populations métisses qui se sont créées à la suite des invasions et des rapports constants entre vainqueurs et vaincus, le prpblème est moins difficile, elles paraissent assez nettement aujourd'hui et peuvent être rattachées à l'un des groupes principaux.
Dans le tableau ci-contre Maures et Peuls figurent au même groupe sémite; ce groupe, établi pour simplifier la classification des races, n'est pas rigoureusement exact : les Berbères, quoique très modifiés parles Sémites, en sont fort différents; d'autre part, Maures et Peuls sont bien rare-