‹ Une mission au SénégalChapitre 2 sur 49 · REPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES RACES · texte numérisé non relu

REPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES RACES

Maures. — Les Maures habitent la rite droite du Sénégal depuis Bakel jusqu'à la mer; leur limite est rigoureusement fixée au sud par le fleuve qu'ils ne doivent pas dépasser (traité de i858 avec Faidherbe). Ils sont divisés en un grand nombre de tribus dont les plus importantes sont : les Trar^as, les Braknas, les Douaïchs; les Trarzas occupent un espace d'environ loo kilomètres sur le bord du Séné-

gai au-dessus du Oualo, Dagana est l'escale où ils apportent leurs marchandises; les Braknas s'étendent sur un espace double en longueur au nord du Dimar et du Fouta, leur escale est Podor; les Douaïchs occupent une région à peu près aussi étendue au nord-est du Damga et viennent faire leurs échanges à Kaédi. Au nord de ces trois groupes se trouvent les oasis de VAdrar et du Tagant, qui entretiennent quelques relations avec le gouvernement du Sénégal et différentes tribus qui viennent rarement aux escales Ouled-Nasser, Oïded-Zàid, Ouled-Allouch, Ouled-Embareck, Sidi-Mahmoud.

Le chiffre très approximatif de la population maure est de 80.000, tous musulmans.

Peuls. — Les Peuls, Pouls, Fellahs, Foulas, Foulbès, très répandus dans l'Afrique septentrionale, forment une longue traînée depuis le lac Tchad jusqu'au Sénégal ; ils sont épars en tribus plus ou moins puissantes depuis le Darfour jusqu'au Fouta, le plus souvent très clairsemés et perdus au milieu des races noires. Au Sénégal, ils constituent la majeure partie de la population de la haute Casamance et de la haute Gambie, sont mêlés aux Toucouleurs dans tout le Fouta et forment de nombreux groupements disséminés en pays ouolof.

Leur population peut être estimée à 1 10.000, dont 80.000 musulmans, les autres fétichistes.

Les Laobés inséparables des Peuls, quoique de race différente, sont par groupes épars. au milieu des populations étrangères; environ 10.000, dont la moitié musulmans, les autres fétichistes.

Toucouleurs. — Les Toucouleurs forment la plus grande partie de la population du Fouta sur le moyen Sénégal,

GENERALITES. 5

depuis Bakel jusqu'à Dagana ; ils occupent les provinces du Damga, du Fouta, du Toro, du Dimar. Tous musulmans, leur nombre dépasse loo.ooo

Mandingues. — Les Mandingues habitent les bassins de la Casamance et de la Gambie ; ils constituent la population dominante du Niani, du Ouli, du Tenda, du Gamon; en Casamance ils occupent le Pakao, le Boudhié, le Jacine, le Brassou, le Balmadou, le Souna; on les trouve aussi dans le Fouladougou et le Firdou mélangés à des Peuls, dans le Bondou mêlés aux Sarracolès et aux Ouolofs, dans le cercle de Nioro avec des Sérères. Ils sont presque tous musulmans.

Sarracolès. — Les Sarracolès, autrefois nombreux et puissants, sont épars aujourd'hui au milieu des autres races ; ils habitent de nombreux villages sur les bords du Sénégal entre Kaédi et Bakel, mais c'est entre Bakel et Bafoulabé qu'ils présentent les populations les plus pures et les plus compactes; ils occupent les pays de Galam, Guidiaga, Guoye; on en retrouve également éparpillés dans le sud au milieu des Mandingues et des Peuls, depuis les contreforts du Fouta-Djallon jusqu'au Bambouk.

Tous musulmans.

Khassonkès. — • Les Khassonkès, métis de Mandés et de Peuls, vivent dans les environs de Médine, habitent le Khasso, le Guidimaka, le Kamera, le Nadiaga; sont très mélangés de Sarracolès, Bambaras et Toucouleurs; tous musulmans.

Le chiffre approximatif des populations de race mandé qui habitent le Sénégal jusqu'à la Falémé estd'environ 70.000 (Mandingues, Sarracolès ou Khassonkès).

Ouolofs. — Le pays occupé par les Ouolofs comprend

les provinces du Oualo, du Cayor, du Djolof et une partie du Baol; il est limité au nord par le Sénégal qui le sépare des Maures, au sud vers le Cap Vert il touche au pays des Sérères, à l'ouest il donne sur Tocéan Atlantique et à l'est sur le Fouta des Toucouleurs, couvrant un espace à peu près quadrilatère de 220 kil. nord-sud sur i5o est-ouest. Dans le Rip, le Ouli, le Bambouk, en Casamance (Carabane et Sedhiou), on trouve en outre de nombreuses agglomérations de la même race, débris du vieil empire Djolof ou colonies de formation récente constituées par des traitants venus pour faire des échanges et installés définitivement dans le pays.

Le nombre des Ouolofs est de 440.000 dont 2 ou 3. 000 catholiques, tous les autres musulmans.

Sérères. — Les Sérères s'étendent au sud du Cayor, depuis le Cap Vert jusqu'à la Gambie, embrassant tout le bassin du Saloum et une partie de celui de la Gambie, Leur territoire, qui mesure 1 2.000 kil. carrés, comprend les régions du Baol, du Sine et du Saloum; ils se divisent en deux grandes fractions : les Sérères None du Cap Vert à Joal sur la côte et les Sérères Sine dans le bassin du Saloum.

La population sérère est d'environ 180.000, presque tous fétichistes.

DiOLAS. — Les Diolas occupent la plus grande partie de la basse Casamance entre la Gambie et le Cacheo, jusqu'au Songrougou et à Zighinchor où commencent les Baniounkas; au nord, ils sont en rapport avec les Mandingues de la Gambie anglaise, au sud avec les races portugaises des Papels et des Mandiagos, à l'est avec les Baniounkas.

Les renseignements que l'on possède sur leur nombre

GÉNÉkALITÉS. 7

sont très incomplets : près de 80.000, dont quelques chrétiens et tous les autres fétichistes.

Baniounkas. — Les Baniounkas occupent les deux rives de la Casamance, entre les Diolas à l'ouest, les Mandingues au nord-est, les Balantes au sud-est. Ils sont environ 26.000, dont la moitié complètement soumis aux Mandingues du Boudhié et du Yacine et devenus musulmans; les autres, sauf quelques chrétiens, à Zighinchor, sont restés fétichistes.

Balantes. — Les Balantes occupent la rive gauche de la Casamance entre les Baniounkas à l'ouest et les Mandingues à l'est; ils s'étendent au sud dans les hauts pays du Geba et du Gacheo. Chiffre approximatif de leur population : 1 5.000, tous fétichistes.

Page 1