‹ Une mission au SénégalChapitre 45 sur 49 · MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION · texte numérisé non relu

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

Pien^e à bâtir. — Les calcaires sont assez fréquents au Sénégal. On exploite à Rufisque des calcaires blanc jaunâtre, d'assez bonne qualité, qui constituent des bancs régulièrement stratifiés, séparés par des lits très minces argilocalcaires.

Des calcaires semblables se trouvent à Popenguine, où la Société Bruzeaux et Poyard se propose de les exploiter comme pierre à chaux. Ces calcaires se prolongent assez loin sur la côte, vers Rufisque. Nous avons déjà dit que leur épaisseur totale pouvait se chiffrer par une cinquantaine de mètres.

Outre ces bancs bien stratifiés, la plage de Popenguine est parsemée de très gros blocs, qui gardent les traces d'infiuences atmosphériques longtemps subies et qui appartiennent à différentes niveaux. Certains sont dolomitiques, d'autres contiennent en abondance des Turritelles, d'autres sont de grès dur à ciment calcaire, tous ont été remaniés par les eaux pluviales, et sont traversés par de nombreuses fentes, remplies de calcite et d'oxydes de fer.

Des bancs de calcaire coquillier, susceptibles d'un beau poli, se rencontrent à Yang-Yang, sur les flancs de la vallée.

Des calcaires plus tendres, mais également utilisables, se rencontrent à 2 kilomètres est de Mbidjem. D'autres ont été signalés sur le parcours du chemin de fer du Soudan , à Fouti,

GÉOLOGIE ET HYDROLOGIE DE LA SENEGAMBIE. SSg

près de Kayes, dans le M'dyaye (cercle de Bafoulabé), ou à Kourbala, etc.; il en existe également dans certains points du pays des Maures.

Les grès et les calcaires siliceux des plateaux du Haut Fleuve peuvent aussi être employés aux constructions.

La latérite constitue une pierre de construction convenable-,

Calcaires de la plage de Popenguine.

elle se débite assez facilement en moellons et prend bien le mortier. Sa forte densité constitue un inconvénient pour certains travaux. Dakar, Thiès, les bâtiments du haras de Diourbel, Toul, M'bambey, etc., ont été construits en latérite. On n'est pas encore bien fixé sur les altérations que peut lui faire subir l'humidité.

Des pierres artificielles ont été fabriquées en certains endroits, généralement en béton de chaux et de latérite. Un traitant indigène en fait à Popenguine, où des goélettes viennent

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les prendre pour les conduire à Rufisque, à Dakar. Les Pères du Saint-Esprit en ont fabriqué à Mont-Roland.

Brique. — Une importante briqueterie a été créée à Bop- N'dior, près de Saint-Louis, par MM. Bruzeaux et Poyard; elle dispose d'un matériel important. Elle exploite un banc d'argile noirâtre, mélangée de sable et de racines de roseaux, qui en rendent le travail assez difficile.

Les rives argileuses du fleuve ont permis de fabriquer des briques d'une qualité remarquable, dont ont été construits en particulier le poste de Podor, les quais de Dagana, dont la bonne tenue est remarquable, malgré les sapements du fleuve. Ces argiles sont certainement supérieures à celles des environs de Saint- Louis.

Au pied des murailles gréseuses du cap de Nazc, existent de fortes épaisseurs d'argile plastique bleuâtre, qui serait facilement exploitable.

Du reste, l'argile n'est pas rare dans beaucoup d'autres points.

On a signalé du kaolin au Soudan et en Guinée.

L'argile et le sable argileux des termitières [binit^ en ouolof) sont employés à l'état cru par les indigènes, pour la construction de leurs cases. Bien protégés par des toits de chaumes et de tuiles, les murs ainsi construits résistent bien aux pluies d'hivernage, et sont une ressource qui n'est pas à dédaigner-, beaucoup d'écoles indigènes ont été construites ainsi. Les gens de Segou, de Tombouctou, de Djenné ont ^ tiré le meilleur parti de ce mode de construction, et ont élevé ainsi de véritables monuments.

On utilise aussi la terre des termitières pour recouvrir et crépir, sur leurs faces extérieures, des clayonnages doubles, soutenus par des troncs d'arbre qui occupent leur intervalle.

On obtient de la sorte des constructions légères qui protègent bien contre les changements de température.

Chaux. — La ville de Saint-Louis, et presque toutes les escales du fleuve, ont été construites avec la chaux de coquillages empruntés aux collines dont nous avons parlé plus haut. Cette exploitation a donné son nom à un marigot des environs de Saint-Louis, le Marigot des Fours à chaux. A Bakel, Médine, Kayes, on a également utilisé pour cet usage les bancs de coquilles d'eau douce des rives du fleuve.

Néanmoins, la pierre à chaux est loin de manquer au Sénégal. Nous avons déjà signalé les bancs irès puissants de Popenguine. Dans le Baol, dans le Cayor, les sondages en révèlent à des profondeurs variables. On en exploite à Rufisque, à Sebikotane. A Thiela, près d'Oualingara (cercle de Louga), à Yang-Yang, à Merinaghen, on trouve à la surface du sol un calcaire très tendre, contenant parfois un grand- nombre de Mollusques d'eau douce, remarquablement conservés. Les indigènes font avec ce calcaire des pains de blanc, dont les iileuses se frottent les doigts pour avoir de la prise sur les fils de coton. On y trouve des rognons de silice.

A la mission de Mont-Roland, les Pères ont exploité un calcaire marneux qui leur a fourni une chaux d'ailleurs assez maigre, propre surtout à mélanger et augmenter des chaux de meilleure qualité. Des calcaires analogues se trouvent entre Pout et Thiès, à quelques pas de la ligne du chemin de fer.

Plâtre. — Mentionnons les essais, heureux paraît-il, tentés il y a quelques années par les Pères de la Mission de Popenguine, pour obtenir du plâtre avec les gypses des argiles du cap de Naze.

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Ballast. — On emploie pour ballaster la voie du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis, plusieurs sortes de matériaux : les caillous basaltiques de la plage de Dakar, — puis la pierre de Rufisque, calcaire blanc à surface jaunie; — les gros graviers latéritiques que la voie traverse au Ravin des Voleurs et près de Tivaouane, — de la late'rite concassée, — les mêmes coquilles dont on fait la chaux et qui s'exploitent particulièrement à Tountoulit. C'est la latérite, grâce à son grain et à sa densité, qui paraît donner les meilleurs résultats.

\J empierrement des routes n'a été effectué que sur une vingtaine de kilomètres dans les environs de Saint-Louis (route de l'usine élévatoire de Makhana). On a employé les coquillages sus-mentionnés. La latérite ne convient aucunement pour Tempierrement, à cause de sa rudesse et de la facilité avec laquelle elle se réduit en poussière rouge impalpable. On pourrait essayer d'utiliser les basahes de Dakar.

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