HISTORIQUE
L'Afrique occidentale française est une de nos colonies dont la végétation ait été le moins 'étudiée et qui promettent encore au naturaliste les découvertes floristiques les plus inattendues. Les difficultés de pénétration dans l'intérieur il y a peu d'années encore, la grande variété des stations souvent inabordables une grande partie de l'année, la mauvaise conservation des collections de plantes pendant l'hivernage, sont autant de causes qui ont empêché les explorateurs de rapporter les matériaux d'études nécessaires à l'élaboration d'un travail général sur la flore de ces pays.
Dès le milieu du xviii^ siècle, le Sénégal était parcouru par l'illustre Adanson qui faisait connaître dans l'Encyclopédie ses découvertes. Linné a donné son nom au Baobab {Adansonia digitata L.) l'un des arbres les plus remarquables de la flore africaine.
Dans la première moitié de ce siècle, Bâcle, Dollinger, Heudelot rapportent de leurs voyages de précieux documents botaniques.
De 1824 à 1829, le Sénégal est parcouru dans tous les sens par deux intrépides naturalistes, le jardinier Perrottet et le pharmacien Leprieur. A son retour en France, Perrot-
tet entreprend avec les botanistes Guillemin et Richard la publication du Tentamen Florœ Senegambiœ, œuvre malheureusement inachevée, mais qui prend rang actuellement encore parmi les meilleurs travaux sur la floristique africaine.
Les autres explorateurs à qui nous devons des matériaux pour la connaissance de la flore du Sénégal sont : Blot (i), Bocandé, Boivin, D" Boiiet, D^' Brunner (i838), Carrey (1880), Colin, D' Coppin, Curtet, D^ Daniell, Derrien(i88o), R. Ps Dnpiiisy Hussenot, Ingram, E. Jardin (1845-1848), Kaichinger\ de Lartigue, D"^ Maclaud^ Mertret, D' Miquel^ Morel, Morenas, Paroisse, Eiig. Poisson, Rançoji, Roussillon (1789-1790), Wœlfell,Whitx^t\à.
En i883, M. Joseph Vallot, voulant utiliser les matériaux du Muséum, entreprit des Études sur la flore du Sénégal; malheureusement, il n'y a eu de publié que le premier fascicule de ce travail.
A la suite de son voyage dans la haute Gambie, M. le D'' Rançon fit connaître dans le Bulletin de la Société de Géographie de Bordeaux les plantes- remarquables rencontrées par lui.
En 1899, leR. P. Sebire, ancien directeur du Jardin d'essai et du pénitencier de Thiès, a publié un ouvrage intéressant sur les Plantes utiles du Sénégal. Il énumère méthodiquement les végétaux utilisables, aussi bien les espèces cultivées ou à introduire que les espèces indigènes, et nous en fait connaître les propriétés et les noms dans les différents dialectes du pays.
(i) Les noms en italique sont ceux des personnes qui ont fait des envois de plantes au Muséum dans les i5 dernières années, ou qui nous ont fourni de précieuses indications au cours de notre voyage.