HISTORIQUE
Enfin, depuis quelques années, M. Max. Gornu^ professeur à la chaire de cultures du Muséum et M. Heckel, professeur à la faculté des Sciences de Marseille et directeur du Musée colonial de cette ville, ont étudié, dans des notices spéciales, un certain nombre de plantes africaines surtout parmi celles qui offraient un intérêt économique. D'un autre côté, M. Max. Cornu a contribué dans une large mesure à introduire des arbres fruitiers, et des plantes utiles diverses en faisant des envois nombreux de graines et de plantes vivantes à divers fonctionnaires et aux Missions catholiques installées dans la colonie.
Tout récemment, M. Hua a consacré une note intéressante Siux Landolphia du Soudan dont une espèce fournit la plus grande partie du caoutchouc de l'Afrique occidentale.
C'est pour faire connaître les richesses végétales des vastes territoires constituant alors le Soudan français que le général de Trentinian alors lieutenant-gouverneur de cette colonie, nous chargea de leur exploration botanique en 1898.
A notre retour du Soudan, à la fin de l'année 1899, M. Chaudié, gouverneur général de l'Afrique occidentale française, nous confiait une nouvelle mission pour coopérer, avec le Comité central de l'Exposition du Sénégal, au groupement des productions destinées à figurer à l'Exposition universelle et pour continuer en même temps nos recherches scientifiques sur la flore du pays.
Au cours de ces voyages, sur un itinéraire d'environ 8.000 kilomètres, nous avons visité successivement le haut Sénégal, le moyen et le haut Niger, les anciens états de Samory et de Thiéba, le Sindou, le territoire de la Volta, la boucle du Niger, le territoire de Tombouctou, un coin
du Sahel, enfin au Sénégal une partie du Gayor, du Baol, du N'Diander, la curieuse région littorale des Niayes, la Casamance.
Nous avons pu réunir, outre les produits végétaux figurant à l'Exposition, plus de 3.ooo spécimens de plantes et faire plus de lo.ooo observations de localités nouvelles. Ces documents nous serviront à l'élaboration d'une flore de l'Afrique française occidentale et de monographies plus étendues sur les plantes utiles de la colonie. Cette étude n'étant pas encore commencée, nous serons obligé dans les pages suivantes de désigner souvent les espèces par leur nom indigène.