‹ Une mission dans le Sud OranaisChapitre 1 sur 14 · LEUR RÉGIME · texte numérisé non relu

LEUR RÉGIME

GOiNSIDÉRATIONS SUR LES DUNES DU SAHARA

On se représente encore assez volontiers le Sahara comme une immense mer de sables mouvants dont les ondes mobiles obéissent aveuglément à l'impulsion des vents.

L'imagination, en effet, se complaît dans le vide et l'immensité, elle s'y donne libre carrière. Tantôt c'est le vent qui apporte et fait disparaître avec une eifrayante rapidité d'immenses montagnes de sable qui engloutissent des caravanes entières ; ailleurs, c est le sol qui s'entr'ouvre sous les pas du voyageur imprudent et se referme sur son cadavre.

Les Arabes, superstitieux par excellence, rapportent à ce sujet une foule de légendes plus ou moins effrayantes, récits merveilleux et fantastiques dont on a bercé leur enfance, et en la véracité desquels ils finissent inconsciemment par avoir foi.

Le général de Colomb raconte quel fut le désenchantement

des cavaliers de son escorte lorsqu'ils le virent circuler en toute sécurité sur la daya de Habessa. N'avait- elle pas eu de tout temps le triste privilège d'engloutir bêtes et gens, les faisant disparaître au milieu d'un nuage de poussière, au bruit d'une véritable détonation?

Il est, il est vrai, dangereux de s'aventurer au milieu de certains bas-fonds, mais on s'explique difficilement cette funèbre apothéose de poussière et de bruit.

Qu'on pardonne aux Arabes, les voyageurs eux-mêmes n'échappent pas toujours à ce travers qui les porte à exagérer ce qu'ils ont vu ou à le décrire d'une façon assez vague pour permettre les interprétations les plus erronées.

C'est ainsi qu'un célèbre explorateur allemand moderne, qui pourtant a pu observer bien des dunes, nous laisse a leur égard dans une incertitude toute poétique. Il parle de la « . . . ter rible chaîne des Ahregs qui l'a rempli d'étonnement; du sable jaune du désert qui envahit les dattiers d'Igli jusqu'à la cime, des collines de sable qui n'existaient pas hier, et qui ne devaient pas exister le lendemain ! »

Le temps n'est plus où l'on peut se contenter de semblables généralités. Que Strabon compare le Sahara a une peau de panthère tigrée d'oasis, que les Arabes imaginent la daya à détonation, que les romanciers et le savant docteur prussien * jonglent avec les collines et les montagnes de sable, cela importe peu, il nous faut une description sérieuse du phénomène.

D'où viennent ces immenses amas de sable, quelle est la loi qui préside à leurs déplacements?

Ces deux questions prennent une importance considérable aujourd'hui qu'il s'agit d'étudier la possibilité de traverser le désert pour aller coloniser le Soudan.

' Ancien soldat de notre légion étrangère, aujourd'hui au service de M. de Bismarck.

Avant d'entreprendre de surmonter un obstacle, il faut le connaître. La mission qui nous avait été confiée ne nous ayant pas conduit jusqu'aux Ahregs, nous n'en parlerons qu'appuyé par les dires des personnes qui les ont vus.

Par contre, nous avons pu observer les dunes des hauts plateaux et de l'entrée du Sahara.

Les premières, particulièrement, sont, de l'avis des explo rateurs qui ont aussi observé les Ahregs, le fac-similé réduit de ceux-ci.

La géologie vient confirmer cette idée et fournir des éléments de généralisation qui permettent d'embrasser jusqu'à un certain point l'ensemble du phénomène si complexe et si varié qu'il soit dans ses différentes manifestations. Sans aucun doute des renseignements et des appréciations de la plus grande valeur seront fournis par des missions de plus longue haleine, mais il est permis néanmoins de chercher dès à présent à mettre un peu d'ordre dans cet amas de faits à travers lesquels la vérité s'égare trop souvent ; heureux nous serons si les quelques aperçus nouveaux que nous donnerons permettent à de plus habiles et de plus expérimentés que nous de dégager la solution de toutes ces données.

Le sable, les dunes. — Les dunes de sable mouvant couvrent, d'après les estimations de M. Pomel, le neuvième à peine de la surface totale du Sahara. Le sol du désert, comme l'indique son nom, est dur et résistant partout où elles n'existent pas.

Qu'on se représente une mer furieuse qu'une puissance magique aurait solidifiée instantanément,, et l'on pourra se faire une idée de l'aspect des dunes. Cette comparaison qui se présente tout naturellement à l'esprit de l'observateur est fort juste, elle ne peut toutetois suppléer en aucune façon à l'étude sur place.

Les dunes affectent en effet diverses *^ormes ; tantôt c'est

la zemla d'une allongée régulière avec ses deux talus naturels ; lorsque l'une des parois est presque verticale, c'est le 5^/ (sabre); ailleurs c'est le gourd ^ véritable montagne de sable qui atteint plusieurs centaines de mètres de hauteur; la plupart du temps c'est la dune ordinaire formée par des tertres tronconiques de hauteur très variable.

Les dunes des hauts plateaux ont de 1 à 10 et 15 mètres de hauteur, les ahregs prennent des proportions beaucoup plus considérables. Le docteur G. Rohlfs révèle l'existence sur la rive gauche de l'Oued-Messaoura de dunes de plus de 150 mètres de haut.

Les dunes, suivant la forme qu'elles affectent, sont séparées par des teniya (cols, défilés), des oued (vallées) ou àeshaoud (bassin).

Le sif est la forme qu'affecte une dune aux prises avec le vent. On observe dans ce cas certains mouvements de sable, que nous étudierons plus loin. On peut dire que le sif est une forme d'équilibre dynamique de la dune. Suivant la nature du sable, son plus ou moins de ténuité, en raison aussi de la croissance de végétaux particuliers qui donnent \\ la crête une certaine fixité, cette forme peut persister même après que le vent s'est apaisé. La dune est alors à arêtes très nettes, sinon l'éboulement ne tarde pas à se produire et les croupes reprennent en tout ou en partie leur talus naturel.

Dans la majorité des cas, la surface seule de la dune est mobile sous l'action du vent et recouvre un noyau de sable assez compact pour constituer un grès en formation. Souvent aussi la dune passe sans transition appréciable à une sorte de témoin de dénudation (gara, garet).

Il y a presque toujours une liaison géologique entre les dunes et les terrains généralement quaternaires qu'elles recouvrent. M. Mares révèle toutefois l'existence en certains points des hauts plateaux de dunes. plus ou moins isolées.

formées de sable parfaitement pur qui font exception à cette règle. « Elles ont, dit-il, quelquefois un ou deux mètres à peine de diamètre, tantôt seules ou éloignées les unes des autres, tantôt réunies, devenant alors beaucoup plus hautes et couvrant jusqu'à plusieurs kilomètres carrés. »

n voit dans le fait que ces dunes reposent sans transition sur le gypse et le travertin que Ton rencontre si fréquemment dans ces régions, la preuve que le sable a été apporté par les vents en ces points bien limités et bien déterminés.

Il convient de signaler encore les dépôts de sable qui se forment sur les croupes de certaines montagnes et qui sont dus au même phénomène que ceux qui envahissent parfois les oasis.

Enfin nous mentionnerons les dunes qui bordent ou couvrent les lits de certaines rivières, celles qui remplissent quelques dépressions, ou forment la carapace de certains plateaux.

Tous ces dépôts, cordons de dunes, ahregs, dunes isolées, etc., ont été formés dans des conditions spéciales, et à ce titre méritent d'être étudiés séparément.

Ponnation des dnnes. — Les dunes sont-elles le résultat d'apports continuels du vent et se déplacent-elles avec lui, ou bien au contraire constituent-elles une formation géologique régulière; sont-elles mobiles, et l'emplacement qu'elles occupent variable ? Telles sont les questions que l'on se pose instinctivement en examinant ces immenses dépôts qui semblent jetés à la surface du Sahara comme au hasard et qui peut-être le parcourent en tout sens.

La question de la formation des dunes ne présente pas un intérêt purement spéculatif, purement scientifique. C'est une question de vie ou de mort pour le chemin de fer transsaharien, à moins toutefois que les études entreprises ne révèlent la possibilité assez contestable de les éviter complètement.

Si, en effet, les sables, qui, suivant M. Largeau forment des montagnes atteignant jusqu'à 1000 mètres de hauteur (?) ont été apportés par le vent, ils seront déplacés tout aussi facilement, et l'ingénieur pourra se trouver aux prises avec un phénomène d'invasion d'autant plus redoutable qu'il sera plus irrégulier. Il lui faudra renoncer à son œuvre ou en tout cas réclamer des sacrifices d'argent considérables, qui peut-être même ne lui permettraient pas de créer la sécurité absolue de la voie.

Fort heureusement rien de semblable n'est à craindre : si certains apports de sable sont dus à l'action exclusive des vents, il est hors do doute aujourd'hui que les dunes ou les ahregs sont des dépôts réguliers.

C'est ce que nous ferons ressortir plus loin ; pour l'instant nous ne pouvons faire mieux que de laisser la parole aux auteurs qui ont étudié la question. H nous sera facile ensuite de conclure; nous pourrons aussi examiner dans quelles limites les sables peuvent être considérés comme stables.

M. Vatone. — M. Vatone, qui a étudié certaines dunes dans le trajet de Biskra à Rhadamès, affirme qu'on ne peut douter de leur formation sur place par suite de la destruction des éléments constitutifs de la roche primitive.

« Cette destruction, dit-il, est due à la dilatabilité des roches, à la présence du gypse, à l'action des agents atmosphériques, notamment de l'eau qui a amené à l'état farineux, c'est-à-dire à un état de désagrégation complet, les roches de carbonate de chaux et de gypse ; cette désagrégation de la roche amène un foisonnement, développe une pression sous laquelle les couches dures des plateaux sont complètement brisées. »

Il conclut de ses études que l'action des vents n'a d'autre effet que de déterminer les formes de quelques dunes et ne peut être invoquée comme cause générale de formation.

M. DuvEYRiER. — M. Duveyrier porte son attention sur les immenses dénudations que Ton peat observer dans le terrain saharien, il se demande pourquoi, si les dunes sont formées sur place, on ne retrouve pas le total des déblais dans l'ensemble des remblais si considérable qu'il soit. Il remarque que les dunes ont une direction générale du nord-est au sudouest, qu'elles sont sur une ligne plus étroite dans le vaste couloir qui se trouve entre le relief atlantique et le plateau central du Sahara, puis s'élargissent et s'étendent vers le sud dès que les assises du Ahaggar s'abaissent.

La disposition réciproque des montagnes du nord et de celles du sud ne permet pas, selon lui, d'assigner une autre direction générale aux vents ; du moins à celles de leurs couches qui se rapprochent le plus de terre. De là, pour lui, une première indication qui le porte à « attribuer à l'action dominante des vents combinée avec l'action secondaire des eaux , la distribution générale des masses de sable, telle qu'on la constate dans la partie occidentale du Sahara ».

Selon lui, la source la plus considérable de production du sable est la désagrégation des roches sous l'action des agents atmosphériques, la lumière, la chaleur, l'électricité, la pluie, qui corrodent peu à peu les surfaces dénudées des hamada. Ces sables une fois produits sont ensuite mis en mouvement parles courants atmosphériques et les torrents.

(11 cite à cet égard l'expérience d'Ehrenberg qui reconnut en pleine mer, sur la côte occidentale d'Afrique, dans les poussières apportées par le vent, les mêmes infusoires que dans les sables qui avoisinent le lac Tsad.)

Si les vents soulèvent les sables sur les plateaux et les transportent en trombes à grandes distances, ce sont, dit-il, les courants d'eau qui les fixent dans les bassins où nous les trouvons, de même qu'ils font disparaître certaines dunes.

Il cite toutefois ce fait que quelques gours formés de roches plus ou moins décomposées sont restés en place à côté d'autres formés exclusivement de sable de la base au sommet.

Il conclut néanmoins que la production, la circulation, Tamoncellement des sables, sont circonscrits dans les limites que la nature leur a assignées.

M. LE GÉNÉRAL deColomb. — M. le général de Colomb dit quelque part : « Plus nous avancions, plus la couche de sable s'épaississait. Les gours qui s'élevaient serrés sans ordre ne montraient plus d'abord que leurs crêtes rocheuses, puis disparaissaient. Le vent du nord soufflait et écrêtait les dunes dont chaque sommet fumait comme un volcan. »

René Caillé. — En parlant d'un village de Foulahs, René Caillé nous dit : « Les habitants ont construit leurs cases sur des dunes de sable mouvant. »

Il remarque près de Tombouctou des excavations formées dans un sable presque mouvant au fond desquelles on peut voir quelques veines de sable rouge et dur (évidemment le conglomérat gréseux saharien), le reste étant un sable gris d'un grain un peu gros.

Il parle souvent d'un sable gris môle d'argile qui se trouve a quelques pieds de profondeur. Il cite en outre le fait de l'existence au fond des puits d'une terre blanche ressemblant à de la chaux avec quelques cailloux noirs et gris et des pierres calcaires en petite quantité, établissant ainsi à son insu la complète identité des terrains quaternaires sahariens du nord au sud du désert.

Il signale des dunes de gros sable rouge plein de gravier, les dunes de sable mouvant sont toujours les plus hautes.

Ailleurs il note l'existence de dunes de sable couvertes de roches de granit (?) couleur lie de vin. Ce granit, qui n'est autre chose que du grès, est, dit-il, très cassant et paraît être par couches de trois ou quatre pieds d'épaisseur.

Ailleurs, ce grès qu'il appelle toujours granit est en « tranches feuilletées comme des ardoises ».

Les mines de sel de Taoudeyné qui alimentent le Soudan sont à trois ou quatre pieds au-dessous du sol ; le sel s'y trouve par couches assez épaisses ; elles présentent tous les caractères des dépôts salins de nos chotts et de nos sebkhas.

Il observe que la direction des dunes est généralement est-ouest et que beaucoup d'entre elles contiennent du gravier gris et plusieurs roches de granit (?) noir et gris.

Souvent la pensée que la mer baigna jadis ces espaces immenses se présente à son esprit.

La partie occidentale de quelques hautes dunes est couverte de plantes épineuses (évidemment le r'tem, Rétama Duriœi ou genêt du désert) que mangent les chameaux. Il faut en conclure que les vents d'est sont prédominants, comme nous l'avons déjà fait remarquer.

Ailleurs, une chaîne de montagnes se dresse dans la direction nord-sud (elles paraissaient noires, dit-il, ce qui me fît présumer qu'elles étaient de granit), une chaîne de dunes de sable mouvant siiit la même direction que les montagnes de granit. .

Ces dunes résultent pour nous de l'interruption de la circulation des sables par la barre que constitue la chaîne de montagnes.

Certaines dunes sont couvertes d'une végétation d'herbes assez vivaces (sans doute le Drin arthratherum pungens et le rtem).

Lorsque le sol est dur et résistant les dunes avoisinantes sont toujours peu élevées.

Dans le Drah il parcourt une plaine de sable uni, plus ferme que celui des dunes, couverte de petit gravier et de cail'o'j.y.

Il signale encore plusieurs fois des roches de granit (?) par

iÙ CONSIDÉRATIONS SUR LES DUNES DU SAHARA

couches de 12 à 18 pouces d épaisseur, tendre et friable ; ailleurs, ce granit est noir, par blocs ou assise ; près de Tamara, il est rose, à grains 1res gros et cassant.

On le voit, René Caillé confond à tout instant grès et granit ; les renseignements qu'il nous fournit sont pourtant de la plus grande valeur : ils dénotent un observateur patient et consciencieux; la naïveté ou plutôt la simplicité avec laquelle il les donne est un gage de leur absolue sincérité.

M. LE GÉNÉRAL COLONIEU, d'aPRÈS M. DOPONCHEL.

M. Colonieu, qui a franchi TErg occidental (ahregs), le décrit comme formé d'une série de grandes dunes dont les chaînes distinctes orientées de Test à Touest seraient séparées par de larges vallées. Il considère ces dunes comme résultant uniquement de l'action des vents du sud qui auraient tamisé les détritus des régions centrales du Sahara et les auraient laissés déposer dans l'ordre de leur grosseur, les dunes méridionales étant surtout formées de gravier, les dunes septentrionales de sables impalpables.

M. LE D"" Mares. — M. Mares, traitant de la possibilité de trouver de l'eau dans les ahregs, fait remarquer que presque tous les puits des hauts plateaux, ceux de Brézina, Benoud, Mengoub, arrivent à un sable argileux, quelquefois rouge ou jaune, mais le plus souvent bleu ou verdâtre, qui lui paraît occuper géologiquement la même hauteur, la même position, et présenter partout une composition à peu près analogue dans tous les terrains qu'il a parcourus.

Ce même sable forme le sol résistant sur lequel reposent les dunes et les dayas des ahregs. Il est hors de doute qu'il correspond au sable gris que Caillé signale si souvent.

Les gours de Brézina sont entourés de dunes plus hautes qu'eux.

Le lit des Oued au milieu des ahregs est couvert d'un sable ordinairement moins fin et moins parfaitement pur que

CONSIDERATIONS SUR LES DQNES DU SAHARA il

celui des dunes qui les entourent; il est parsemé de petits cailloux ou plutôt de grains arrondis presque tous quartzeux.

G. Ville. — M. G. Ville considère les dunes comme des couches régulières en place formées de sable quartzeux déposé dans les eaux de la mer quaternaire. « Leur surface seule, dit-il, est mobile sous l'action des vents, mais les modifications de relief qui en résultent sont très minimes et tout à fait insignifiantes. Nous citerons comme preuve la permanence des routes suivies par les. caravanes qui, de temps immémorial, se rendent au Gourara en passant par des points obligés. Les dunes ^ principales ont des noms particuliers tirés de leur forme. »

Les dunes du Sahara renferment des cailloux roulés que les vents ne peuvent transporter, carlàoù il en existe ilsontétésimplement isolés des sables au milieu desquels ils étaient enfouis.

Près du rocher de sel de Djelfa, il signale des dunes de sable quaternaire bien stratifié ; certaines d'entre elles renferment du gypse. (Il est possible d*y trouver de l'eau en allant chercher la couché argilo-sableuse dont il a été question plus haut.)

Les dunes du Djebel-Gourin sont formées par la désagrégation sur place du grès quartzeux. C'est, dit-il, le même phénomène qui a produit les ahregs des environs d'Ouargla et du Souf.

Il a observé sur le flanc de quelques dunes bien sableuses des couches sensiblement horizontales de quelques centimètres d'épaisseur formées par des sables argileux colorés en gris noirâtre par un peu de bitume.

Il remarque une autre fois sur une dune une couche de travertin calcaire de 0,30 d'épaisseur. Ailleurs, au milieu des sables, ce sont des assises de grès argilo -calcaires grisâtres contenant à l'état fossile des Bulimus decollatus et des Heliœ candi dissima.

Les dunes ont donc été formées dans la mer quaternaire ; les dayas et les chotts sont les derniers lacs salés dans lesquels les eaux saumâtres isolées par suite d'un soulèvement général ou d'un retrait de la mer, se sont évaporées et ont laissé notamment déposer des couches très étendues de sel marin. Sous cette couche qui, dans la daya de Habessa, atteint 1",25 d'épaisseur, on trouve un sable coquillier avec Cardium edule (Lamarck), Melaiiia^ Melanopsis, Paludina acuta de Draparneau, Physa intort a de Lamarck, toutes espèces qui ont des représentants vivants analogues ou semblables dans les marais saumâtres de la mer, du Guadalquivir, etc.

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