‹ Une mission dans le Sud OranaisChapitre 14 sur 14 · COUP D'ŒIL GÉNÉRAL SUR LE SUD DE L'ALGÉRIE · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL GÉNÉRAL SUR LE SUD DE L'ALGÉRIE

Ce qui frappe avant tout le voyageur qui parcourt l'Algérie du nord au sud en des points différents, et qui par conséquent peut faire des observations comparatives, c'est cette grande similitude qui se révèle entre les formations géologiques qui s'étendent suivant des lignes inclinées de 30° en moyenne sur les parallèles, qu'elles soient constituées par les derniers chaînons de l'Atlas, par les montagnes qui limitent au sud les liants plateaux ou par les réseaux terminaux qui semblent barrer le Sahara du côté nord.

A ce point de vue l'Algérie pourrait être représentée par une série de rubans comprenant des contrées similaires, lesquels se rattacheraient par leur extrémité sud-ouest au Maroc et par leur extrémité nord-est aux frontières de la Tunisie. Les altitudes les plus considérables se rencontrent dans l'ouest, les plus faibles dans l'est; les différences de latitude rachètent ou à peu près les variations climatériques qui pourraient résulter d'altitudes variables.

On peut dès lors observer ce fait remarquable, que les

lignes séparatives des réseaux fictifs dont nous parlons sont jalonnées par des contrées, par des localités qui présentent au point de vuç climatérique les plus grandes analogies.

Les quelques considérations sommaires que nous présentons ici n'ont pas échappé h certains obser\'ateurs. M, Mares notamment a fourni une note reraarqualle sur la constitution du Sahara de la province d'Oran ; cette étude et celles qui ont été faites par des personnes qui, en Algérie, font autorité en semblable matière, nous dispenseront d'entrer dans de longs détails; nous nous contenterons d'y apporter un faible contingent d'éléments nouveaux, ou qui nous parais ■ sent tels.

Lob hauts plateaux- — Boggar, Tiaret, Saïda, marquent

la limite naturelle du Tell; leurs produits, leur situation surtout en ont fait des centres commerciaux importants.

Plus au sud la ligne de partage des eaux qui vont au nord et de celles qui coulent vers les steppes, est marquée par les localités deRas-el-Ma, Tafraoua, Ras-Mina.

Plus à l'est elle s'infléchit vers le sud du côté du Cbéliff.

On rencontre ensuite les hauts plateaux avec le Chott-el-

Rharbi, dont les berges semblent traduire un aflfaissement du sol ou une dénudation ; le Chott-el-Ghergui et les Zahrez.

La lisière nord du Sahara est constituée par des massifs crétacés importants qui se détachent de TAurès dans la province de Constantine, forment le Boukhaïl et les montagnes des environs de Laghouat, le Djebel- Amour, dans le sud de la province d*Oran, et se rattachent par le sud-ouest au massif montagneux du Djebel-Hiril el-Abhari qui est un des points culminants de l'Atlas marocain.

La formation néocomienne existe sur toute cette bande; elle est particulièrement caractérisée par une puissante couche de grès de plusieurs centaines de mèlres d'épaisseur.

La ligne de partage entre les eaux qui coulent vers le nord et celles qui vont au Sahara, remonte vers le nord du côté de Guelt-es-Settel, pour venir, en suivant la direction est-nord-est, ouest-sud- ouest, passer au nord d'Aflon près du Djebel-Euvreïd, au sud de Stitten et de Géryville, non loin de la sebkha de Naoma, puis s'arrêter près du Chott-Tigri.

Les rochers de sel. Les oued Melah. — Les dernières

chaînes de ce système ont été fracturées en divers endroits, notamment dans le voisinage d'éruptions gypso -salines.

Le terrain tertiaire signalé en plusieurs points de la lisière nord du Sahara devait, antérieurement au soulèvement de la fin de l'époque tertiaire, venir s'appuyer sur les chaînes secondaires qui devaient présenter à peu de choses près le relief qu'elles ont aujourd'hui. Les hauts plateaux ont été soulevés en masse et si la houle souterraine a fait irruption, cela a dû se produire aux points de moindrerésistance, c'est à-dire précisément à la jonction du terrain crétacé et du terrain tertiaire. Les montagnes de sel se sont fichées comme de véritables clous dans le ruban montagneux dont elles ont déterminé la fracture. Il se peut aussi qu'elles aient vu le jour par suite

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d'une dislocation qui leur a donné accès. Quoi qu'il en soit, ces deux phénomènes de fractures et d'éruption sont concomitants, ils ont eu lieu à la fin de 1 époque tertiaire.

A l'époque quaternaire et plus tard les Kheneg ont servi de débouché aux eaux.

Actuellement ils donnent passage aux principaux oueds du Sahara occidental ; on peut dire que leurs sources ou leur cours supérieur sont marqués par des éruptions gypsosalines.

Une d'elles existe dans la province de Constantine au Djebel-Ganibou et à El-Kantara. L'oued Biskra coule dans la fracture qui l'accompagne.

Une autre se trouve près de Djelfa ; elle est accompagnée de l'Oued-Melah qui, par exception à la règle générale, coule vers le nord.

Dans la province d'Oran, au contraire, la comparaison peut être faite avec une grande rigueur, comme le montre le tableau suivant, dans lequel nous faisons figurer en regard des noms des éruptions gypso-salines ou des sources salées, qui annoncent leur proximité de la surface, les noms des oueds correspondants :

Rocher de sel près da Sidi-Tifonr Ooed-Malah et Zorgoon.

Rocher de sel de Makta et Si-el-HaJJ-ben-Amer . Oned-ben-Amer,Moaila, Segfuenr.

Sources très salées de Tyont Oned-Namons.

Sources très salées an nord de Kerona Oned-Hessaonra.

Plus au sud on rencontre cette barrière de calcaires gyp seux qui constituent les collines d'El-Maïa, d'El-Haouïta, le Djebel-Tisgrarive à Laghouat.

De distance en distancé elles présentent des échancrures ou de larges cols qui donnent accès dans le Sahara.

Le nord du désert est jalonné par les oasis de Biskra, Laghouat, El-Haouïta, El-Maïa, Brézina, Si-El~Hadj-Eddin, El-Abiod, Sidi-Cheikh, les deux Moghar, Figuig.

Les cols OU les écliancrures dont nous parlons permettaient aux eaux quaternaires de communiquer d'un bassin à l'autre.

e, c, c .vettes dentelant la chaîne de Guelt-es-Settel.

Ailleurs, comme sur la chaîne de Guelt-es-Settel, ces conduits sont à section très régulière, avec fond plat et talus nettement dessinés. Tout révèle l'existence à cette époque de grands courants allant du nord au sud ; ce sont eux qui ont charrié les dépôts et les ont répartis également.

Cette observation jointe à la connaissance du pays démontre a priori la possibilité de franchir facilement la lisière sud des hauts plateaux en un grand nombre de points, car ce mode de dépôt est incompatible avec l'existence de grandes dénivellations entre les passages parcourus par les eaux et les vallées que leurs alluvions remplissaient à la demande de ces derniers.

Il n'est pas rare, en effet, d'observer au débouché de ces passages des épanouissements en pente douce du terrain qui

Nador.

LE NADOR VU DE TIA.RRr

a, a', fr, 6', cuvettes qui ont donné passage aux eaux quaternaires: o, coulée

d'alluvions sur la plaine du Sersou.

semble avoir été formé par la coulée des alluvions auxquelles ils donnaient passage.

Les courants actuels n'ont pas détruit les niveaux ainsi

i TIARKT A EL-MAIA

créés, ils n'ont fait qu'écorner légèrement l'œuvre de leurs puissants prédécesseurs de l'époque quaternaire.

Ainsi s'explique la facilité relative avec laquelle on franchit (Içs chaînes de montagnes à reliefs aussi accusés, qui sur la carte ou pour l'observateur même semblent un o infranchissable jeté entre la civilisation et le désert.

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