TOTAL
6 ans
Total 73 29 102
Nous ferons sur ce tableau quelques observations.
Et d'abord, on peut y voir que le nombre des femmes y est n lativement plus considérable que pour les autres maladies. Faudrait-il en conclure que les femmes sont plus particulier
remeni prédisposéee on exposées à la cataracte 'î Nous u'oserions raUGriner. Ua seul fait pourrait être invoqué à Tappui» c'est que la fabrication de la poterie est Touvrage eiduiif des femmes, et encore nous doutons que ce fait ait de Tinfluence.
La plupart de nos cataractes sont séniles. Toutefois, pour celles-ci comme pour celles d'origino traumatique, on nous a souvent rattaché leur début à uoe autre affection de l'œil. Ainsi, vingt-cinq fois on nous a accusé le tindaou comme a jant précédé et déterminé l'éruption de la cataracte. Une fois Ton nous a accusé la variole. Une fois la cataracte avait débuté par de Thénéralopie. Deux fois elle s'annonça par de la céphalalgie. Quatre fois elle s'était déclarée après des pleurs causés par la perle d'un parent. Trois fois l'œil s'était affecté pour s'être lavé la face dans de l'eau froide. Un seul malade nous a accusé franchement l'abus du coït. Il est à croire que beaucoup d'autres malades auraient dû faire la même confession. Une fois la cataracte nous fut donnée comme le fait des génies, et le malade s'était fait faire une nmuleiie.
Sept fois la cataracte reconnaissait une cause traumatique : ainsi, un éclat de bois, une branche d'arbre, un coup de corne d'animal, un coup porté sur l'œil.
La cataracte s'offrait à nous sous des aspects divers. Tant<>| le cristallin était d'un blanc mat, tantôt il était grisâtre, tantôt verdâtre, quelquefois on eût dit un boulon de porcelaine D'origine traumatique, la cataracte se présentait parfois sous des aspects étranges. Généralement sensible, quelquefois la pupille était immobile, quelquefois elle était déforn»ée.
Nous donnerons quelques observations sommaires emprun tées à tous tes âges.
49 novembre 4857. Mohammed ou el Hadj^ des lUoula, âgé de 7 ans, eut te tindaou au printemps : l'œîl gauche se cataracta le premier; puis ce fut le totir de l^œil droit en automne. Dans tous les deux, le cristallin se présente sous la
forme d'une plaque de porcelaine lisse. La pupille est trèssensible, et Tœil perçoit encore la lumière.
28 octobre. El Housseiu ou Belkassem, des Raten, âgé de i3 ans, eul )a variole, qui sévit sur les deux yeux. Dans l'un et dans l'autre le cristallin ressemble à une masse de porcelaine boursoufilée.
iO février i858. Mohammed ou Abdallah, des Raten, âgé de G ans, reçut un éclat de bois dans Toeil. gauche. Le cristallin est opaque, semé de quelques taches noires et paraît avoir contracté des adhérences.
. 31 janvier. Âbdenalem ben Mohammed, des Ouacef, âgé de 15 ans, eut l'œil droit frappé d'une corde, il y a deux ans. L'inflammaiion s'en empara et la paupière ne put s'ouvrir de dix jours. La pupille très-mobile est elliptique ; son grand axe, oblique. Le cristallin, noirâtre supérieurement, est marqué dans sa partie inférieure d'une tache nacrée en forme de croissant.
22 mars. Messa bent Meddour, des Menguelat, âgée de GO ans, vil, il y a (rois ans, sa vue faiblir et s'éteindre sans cause appréciable. Aujourd'hui les deux yeux présentent une cataracte d'une couleur grise bien prononcée. La pupille est mobile .
13 avril. Djohra bent Messad, des Menguelat, âgée de 55 ans, a depuis cinq ans les yeux larmoyants, et depuis trois ans la vue à peu près perdue. Les deux yeux sont aflectés, et le crisiallin grisâtre. Cetie femme accepte un séton et nous revient le 18 juin sans amclîuration.
1" juin. Zeiii«^b bent Ali, des Rou-Ghaïb, âgée de 50 ans, eut, il y a deux ans, de la céphalalgie, puis la vue se perdit au point qu'aujourd'hui elle a de la peine à distinguer une bougie qu'on lui met sous les yeux. Le cristallin est de part et d'autre d'un blanc grisâtre, et les pupilles sont complètement immobiles.
20 juin. Amara n'Aîts Cassi, des Djennâd, âgé de 55 ans, se lava dans une fontaine il v a 2 ans, puis la vue ne cessa
de s'aifaibiir. Il oe connaît pas d'autre cause, sinon qu'il aime les femmes. Aciuellemenl il ne TOit plus du tout. Lé cristallin apparaît opaque et yerdâire, surtout à droite. Le malade est grand et fort. Deux purgatifs lui sont administrés et un séton appliqué. Le 30, il nous revint ayant un peu gagné.
S7 août. Belkassem ou Idir, des Ouadga, âgé de 60 ans, eut le tindaou lors de la prise d'Alger^ puis il y a quelques années la vue se perdit. La cataracte est double. A gauche, le crisiallin se présente sous la forme d*un globule nacré, irrégulier : la chambre antérieure est distendue par un liquide abondant.
Nous avons malheureusement peu de choses à dire sur le traitement de la cataracte Placé dans un posie nouveau, nous manquions d'instrument, et nous devions renvoyer les malades. Dans certains cas, au début, nous obtînmes de Famélioralion par les purgatifs et les séions qui furent acceptés même par des femmes Une aiguille nous fut envoyée plus tard, mais bien des cas ne nous semblaient devoir être opérés par l'abaissement. De plus les malades revenaient moinr. Urie seule fois nous opérâmes par abaissement et nous obtînmes un demi-succès.
Cécité, Nous citerons, à titre de singularité, une seule observation :
Le 6 février 4858, se présentait à nous un vieillard des Bou-Youcef, âgé de GO ans. II y a deux ans les deux yeux furent pris d'une violente inflammation. Le gonflement les empêchant de s'ouvrir, on imagina d'exciser le bord de chaque paupière pour ouvrir un accès à la lumière. L'inflammation reparut, et les bords des paupières excisées se réunirent complètement à droite, et incomplètement à gauche. En palpant avec les doigts on sent parfaitement par dessous le globe oculaire qui parait avoir conservé son volume normal. A droite, il y a quelque temps, il sortait encore des larmes du grand angle de l'œiL A gauche le cartilage infé-
rieur existe encore en partie. La récrnioR des deux paupières ne s*est pas opérée complètement, et oo aperçoit encore une portion de la cornée, qui depuis un an n'est plus perméable à la lumière.
Une demi-douzaine de cas de cécité nous furent présentés où nous ne pûmes qu'admirer la confiance de ces pauvres
Affections des voies lacrymales. Sur 23 cas nous comptons t6 femmes. Dépourvu d'instruments spéciaux, et en raison an genre de noire clientèle, nous ne fesions pas toujours ce que nous aurions voulu faire.
Dans quelques cas légers nous obtînmes de l'amélioration par l'eau blanche.
Pour les tumeurs lacrymales nous avons obtenu quelques succès par l'incision et la cautérisation, ou l'injection de teinture d*iode.
Les médecins indigènes traitent généralement les tumeurs lacrymales par la cautérisation, soit au moyen du fer rouge, soit au moyen des caustiques* Parmi ces derniers on nous a plus d*ufie fois mentionné Xtzendjâr^OM acétate de cuivre, et la toiUya, sulfate de la même base.