‹ Une mission médicale en KabylieChapitre 36 sur 44 · XXIII. — Clc&res · texte numérisé non relu

XXIII. — Clc&res

Le nombre des ulcères est de 115.

Les ulcères étaient une des parties les plus pénibles de notre pratique. Il faut l'avoir vu pour se faire une idée vraie de Pétat dégoûtant dans lequel ils nous étaient généralement présentés. Etat général, environs de l'ulcère, chiffons à pansement, tout était d'une saleté rebutante. Maintes ibis nous appliquions préahiblemént un catasplasme pour avoir Tespoir

que le lendemain la saleté céderait à des lotions prolongées. D*autre8 fois c*éiait mieux encore. Des malheureui nous arrivaient les pieds creusés d'ulcères larges et profonds, nus ou recouverts seulement par un mince chiffon. Quand nous leur demandions pourquoi ils ^ ne portaient pas de souliers, tantôt ils nous répondaient qu'ils n'en avaient pas, tantôt ils nous les montraient dans leur capuchon.

Fréquemment» les ulcères sont traités en les recouvrant d'une couche de bouse.

Généralement, cependant, on fait usage de topiques meilleurs, ainsi de la boue, de l'argile, du henné, etc. Il est fait aussi emploi de caustiques tels que le sulfate de cuivre.

Souvent ces ulcères siégeaient aux jambes, et leur guérison ne marchait pas toujours aussi rapidement que nous Teiissions voulu. Maintes fois^ nous fûmes tenté de sortir des voies ordinaires et d'essayer les topiques dessicatifs employés par les Arabes et les Kabiles, conformément aux idées théoriques et à la pratique des anciens.

Nous mentionnerons quelques observations.

Mohammed ou Ali, des Yenni, âgé de 20 ans, eut, à l'âge de 5 ans, une variole interne à la suiie de laquelle se déclarèrent de nombreux abcès, particulièrement aux pieds. Les os tombaient l'un après l'autre, et il ne reste plus aujourd'hui que l'astragale et le caïcanéum entourés de chairs ulcérées. Le malade nous dit avoir été traité quelque temps avec la poudre de benjoin.

Hamou ben Ahmed, des Ilitter, âgé de 40 ans fit, il y a quatre ans, une chute d'un arbre, et tomba de'telie sorte que le pied fut presque complètement isolé de la jambe. On l'incisa près de l'articulation, aujourd'hui presque entièrement recouverte de tissu cicatriciel, hormis un large ulcère en dehors.

Un homme des Yakour, de TO. Sahel, nous vint un jour les deux pieds creusés d'ulcères profonds survenus à la suite d'une surprise par la neige.

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