XXIV. -- BnuLcmBS
Ce chapitre est celui de tous qui nous rappelle le plus gracieux souvenir. Bien qu*il figure au tableau pour le chiiïre 43^ il ne s'agit, en réalité, que de six sujets, tous des eiifanls, à part une jeune fille à peine pubère.
De ces cinq enrants, quatre étaient de jolies petites filles» les plus belles peut-être que j'ai vues en Kabiiie, où généralement les enfants sont beaux. Trois d'entre elles avalcut les cheveux blonds et les yeux bleus. A part une seule dout 81 mère ne voulut pas rester séparée, toutes firent des retours fréquents, eonlinués jusques à complète guérison. De petits cadeaux, des bonbons, ne lardèrent pas à effacer Tin^pression que leur avaient naturellement laissée mes premiers rapports avec elles.
Le 28 octobre 1857, se présentait Mohammed bel Hadj, du village d'Igounan, de la tribu des Raten, âgé de 9 ans. 11 y a huit mois, ses vêtements prirent feu et le brûlèrent. Toute la partie antérieure droite du thorax, depuis le cou jusque près de fombilic, est envahie par des cicatrices, çà et là ombitiquées et indurées. Le bras droit tout entier esi adhérent au thorax. De plus, un tiers de l'avani-bras adhère également au tronc, retenu par une forte bride. Postérieurement, du bras au tronc, s'étend une série de brides transversales moins fortes que la précédente. Mohammed fut envoyé à l'hôpital, où il fut, le premier, soumis au chloroforme, et opéré par notre collègue, M. Bugcs, médecin en chef. La bride de Tavant-bras fut incisée, et les lambeaux disponibles arrangés aussi convenablement que possible. L'enfitnt resta une bonne partie de Tanuée à l'hôpital, d'où on le renvoyait de temps en temps à son village, distant d'une lieue et demie, avec des objets de pansement. Cette large ptaie marcha très bien, à part la portion correspondante au creux axillaire. La veille de notre départ de Fort
Napoléon, le ^ nofombre 1858, nous fOimes à Igoanan voir le jeune Mohammed. Il restait encore de la plaie une surface d'environ retendue d*une pièce de cinq Trancs.
Le II février 1858, Hamniama, du village d*Alt ou Harzoun, âgée de 4 ans, nous était amenée par son père. Il y a denx ans, elle tomba dans le feu. L'index de la main gauche est resté complètement ployé et adhérent à la surface palmaire. Le petit doigt est à demi-ployé et retenu par une bride. Haromama fut opérée sans chloroforme. Les doigts furent places sur une planchette et le pansement achevé. Le lendemain, le pansement fut renouvelé, l'appareil s'étant légèrement déplacé. Le père voulut absolument emmener l'enfant dont les pleurs le fatiguaient et qui réclamait sa mère. Malgré nos recommandations, il ne revint pas ; mais nous apprîmes depuis que la plaie était arrivée à bonne un. Du reste, la mise recherchée du père nous était un sûr garant que l'enfant n'aurait rien à désirer sous le rapport des soins et de la propreté.
Le 2 avril, nous était anenée par son père Âîchoucha bent Melha, native du village d'Icheraouya, [sur l'emplacement duquel on a construit Fort-Napoléou), actuellement habitante de Tacherait. Elle est âgée de huit ans; sa constitution est forte et riche, son développement précoce, ses yeux et ses cheveux noirs, et sa peau d'une rare blancheur. Bien que ses yeux se rapprochent un tant soit peu du typj chinois, Aîchoucha est réellement belle. Il y a deux ans, on la fiança pour la somme de 130 douros, somme très forte pour le pays. L'an dernier, elle tomba dans le feu et les conventions furent rompues. Le bras gauche a été en partie atteint par le feu, puis guéri avec des cicatrices légèrement rétractées. Le genou gauche est dans le même cas. Actuellement, il reste une large plaie ulcérée à la partie postérieure et inféférieure de la cuisse, avec une légère flexion de la jambe. Aîchoucha resta près d'un mois à l'hôpital, près de guérir, quand vint le ramadan, et ses parents voulurent Tavoir. Une seconde entrée fut nécessaire depuis.
SniM iMDi Mohammedi de Taidevi Imni A4<bi, èea RiMi, âgée de 5 ans, est tombée dans le feu il y a un ao« et g'esi brûlé la main droite. Le petit doigt est colié à la paame. L'anaulaire a la première phalange adhéreote, et le médius est bridé. Le poigaet porte de larges traces de cicatrices. Smina fut soumise au chloroforme. Les brides furent incisées et la main posée sur une planchette. La jeune enftint ne fut ramenée par son père, taniôt tous les deux jours, tantôt tous les jours, taniôt plus rarement, jusqu^à complète guériso».
Le 4 mai, m'était préseniée par son père Hammama beiit Amara, des Ouadga, âgée de sept ans. Il y a quinze mois^ elle tomba dans le feu. Les parties génitales et la cuisse droite furent brûlées et portent de larges cicatrices. Il reste encore un large ulcère à la partie antérieure de la cuisse. La petite Hammama est cbétive et accuse la misère. Atec ses cheveux blonds et ses beaux yeux bleus, Taisance en eut fait une très jolie enfant. M;dgré sa misère» son père me l'amena toutes les fois que je le lui recommandai. Les petits cadeaux que je fesais à sa fille pour remplacer les sales chiffons qui la recouvraient m'étaient payes par des figues et des grenades.
Le cas le plus curieux de brûlure est, sans contredit, le suivant :
Le G octobre, se présentait Inûna béni Mohammed, des Hidjer, âgée de 15 ans, depuis quelque temps pubère. Il y a deux ans, on laissa tomber sur elle une marmite d*eau bouillante, qui porta principalement sur la région cervicale gauche« La dépression du cou s'est effacée complètement, et la peau de la face se continue sans interruption par celle de répaule. Une série de petites brides indurées indique le rebord du maxillaire inférieur. Le lobule de Toreille gauche a presque complètement disparu ; il est comme étiré et confondu avec ui^e bride qui \Jk se perdre sur le moignon de Tépaule. Derrière cette bride, il eu est une autre et, entre les deux, une. petite dé^pression. Les parties supérieures du bras^ ainsi
que.dit tfaorai^ saoi couyeeies de. cioauâe^ft. L'éiMHto f^aaciie est sensiblement exhaussée : les mouyements n'en saot pas fortement gênés ; l'artieulation est saine et les brides seules limitent ses moaiTements. L'adhérence de la face au tiiorax se coniinue à droite, terminée par une bride qvà pari à la bautenr du masaéter pour se fixer à la partie moyeoJM de cette clayicule. Celte bride recouvre un cul de sac d'en? iron ua décipiètre de profondeur, fanina jouit d'une bonne santé. Ëile entre à i'hôj^tal où nous incisons la bride de droite sèu-' lement. Le 26, elle en sortait guérie. ^
XXVi m GouMM no.
Le chiffre des coups de feu est de 11. : : m t i
Tqos étaient d'ancienne date, c'est-à-dire qv'Hs.anij^Qi i§té causés par les balles françaises, soit dans la dernièri^ expédition, soit dans la précédente. Ces blessés venaient à nous franchement et nous racontaient sans amertume ce qui s'était passé. Nos armes avaient été supérieures, nous les avions vaincus et dominés ; c'était k nous de soigner leurs blessures. Â ce propos, il me souvient d'un jeune orphelin que je rencim^trai au village d'Âïsfrah. Comme il était très négligé, je demandai pourquoi sa^ mère n'en prenait pas pins de soin. On me répondit qu'il n^avaîl plus ni père ni mère, et que son père avait été tué par nos balles dans la dernière expédition. Mais, ajootar-t-on, il a vendu chèrement sa vie. S'il avait été dans nos rangs, il serait certainement arrivé colonel on général.
Quelques-uns des coups de feu avaient intéressé les grandes articulations, et les malades s'en étaient bien tirés. Nous avons observé plusieurs laits de ce genre chez les Arabes. Avec leurs moyens imparfaits de traitement, nous ne voyons qu'une chose pour expliquer ces guérisons : c'est l'impassibilité des blessés et le peu de réaction, ou bt réaction moin-
,dre qui se développe chez eux.
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L'obserfation U plm cvrieuse de plaies d'tmes à Hmi, est la aoîTanie.
Le 9 Doyerobre 1S57, nous noas trouvions de passage au village d'Âii-Âuz, des Illoala-Oumalou, quand un homme Tint se présenter à nous. Il avait reçu dans la dernière campagne une balle au sommet de la tête. Les parois osseuses avalent été emportées, et il s'était formé une cicatrice de quatre centimètres de long sur deux de large. Chaque pulsation artérielle soulevait cette cicatrice. Nous conseillâmes à cet homme de porter une calotte en cuir.