CONCLUSIONS
r° L'alcaptonurie peut se présenter à l'observation clinique sous deux aspects assez différents : tantôt avec le caractère d’une mélanurie, et c’est là sa forme typique ; tantôt sous le faux aspect d’une glycosurie. Et, chaque fois que le médecin se trouvera en présence d'une urine communiquant au linge une coloration brun marron, il lui faudra songer à l’alcaptonurie ;
2° L'alcaptonurie est un rnnble de la nutrition compatible avec une santé parfaite el ne se diagnostique le plus souvent qu'à l’occasion d'une affection intercurrente. Elle se rencontre aussi souvent chez les enfants que chez les adultes; on peut même,avec Garrod et Kolaezek, la considérer comme une maladie congénitale et familiale, s’observant surtout chez des enfants issus de parents consanguins ;
30 Les urines alcaptoniques occasionnent un peu de dysurie et de ténesme vésical.Elles se caractérisent par ce fait que, claires à l'émission, elles se colorent fortement à l'air en brun acajou; celle coloration est accélérée par les alealis: De telles urines tachent
le linge, n'ont aucune action sur la lumière pola-
LADA à FOR
risée, réduisent la liqueur cupro-potassique à chaud et le nitrate d’argent ammoniacal à froid ;
4° La couleur noire des urines est due à l’alcaptone, substance qui n’est autre que l’acide homogentisique. Cet acide, normalement extrait de l’urine, : vient probablement de la tyrosine et par là même des substances protéiques. Nous admettons que l'organisme est capable d'opérer cette transformation, mais nous n’en connaissons ni le siège, ni les étapes intermédiaires ; peut-être, selon Blum, peut-on incriminer la cellule hépatique ;
5° La coexistence, chez le même sujet,de l’ochronose et de l’alcaptonurie, a été mise hors de doute. L’ochronose alcaptonurique a une sympPtomatologie bien déterminée : urines alcaptoniques et. teinte brunâtre, bleue ou gris bleutée de quelques cartilages, du nez et des orcilles principalement. Il semble bien que, sauf dans les cas de « phénolisme » il n’y ait pas d’ochronose sans alcaptonurie; en revanche, il peut y ‘avoir alcaptonurie sans ochronose, cette dernière nécessitant une plus longue imprégnation des tissus.
Vu : le Président de thèse,
LETULLE Vu : le Doyen,
LANDOUZY Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,