CH? CO'H
on se demande si une telle transformation est pos- - sible. Il faudrait, en effet, admettre que d’un dérivé - benzénique d'une constitution déterminée, l'orga-
nisme peut faire un produit de structure quelconque
et ne présentant avec le premier aucun lien visible. Or, des centaines d'observations sur les destinées
des substances aromatiques les plus diverses dans l'organisme animal contredisent nettement cette
- conclusion. Onest conduit dès lors à chercher l’origine
de l’acide homogentisique aux dépens de la lyrosine dans un procès qui soit antérieur aux phénomènes de désassimilation, et notamment dans des fermenta-
tions intestinales spéciales. »
L’alcaptonurie serait donc due à un processus de fermentation bactérienne dont l'intestin grêle serait le siège; aucun fait cependant ne permet de maintenir cette explication : recherche vaine des microbes doués d’un tel pouvoir, absence d’alcaptone dans lés
fèces, influence nulle de l’antisepsie intestinale et des
purgatifs sur l'élimination de l'acide homogentisique,
autant de faits qui s'élèvent contre cette théorie. Garnier et Voirin ont formulé lhypothèse qu'il
s’agirait d’un phénomène régulier de la fonction intes-
tinale se produisant dans tout intestin aux dépens de
la tyrosine ; formé en petite quantité, l’acide homogentisique se décomposerait entièrement alors qu’en présence de plus grandes quantités de tyrosine cette transformation ne 5e ferait que partiellement, d’où
alcaptonurie. Cêtie théorie n’est appuyée d'aucune
preuve et n’a que la valeur d’une simple hypothèse,
en ere
Embden, quelques années plus tard, s’occupa de.
la question ; en allant interroger un malade de Bau-
mann, il découvrit que la sœur de cette alcaptonu=”
rique était elle-même atteinte de cette affection. . D'après la méthode indiquée par Wolkow et. 7 Baumann, l'acide homogentisique fut extrait de. l'urine et le résultat de ses “expériences se trouva d'accord. avec celui de ses prédécesseurs. Embden | constata la quantité Qinsignifiante » d’acide urique ; dans ces urines à alcaptone. Sans pouvoir infirmer * les théories et hypothèses de Baumann sur l'origine « bactérienne et intestinale de l'acide homogentisique, Embden ne pense pas pouvoir s'y rattacher pour. les raisons précédemment indiquées. Il constate simplement l'influence des substances protéiques : sur la formation, d’alcaptone et voit que la tyrosine 1 ingérée se retrouve dans les urines à l'état d'acide. homogentisique. Mais il ne formule aucune hypothèse . sur le siège et les étapes intermédiaires de cette transformation, « la résolution de cette question dépendant beaucoup d'observations et d'expériences : que la rareté de l’affection empêche de réaliser », Suivant les conseils de Baumann et Wolkow, Ogden put extraire l'acide homogentisique d’une urine alcaptonique ; il fit prendre à son malade une nourriture ordinaire mélangée,et,pendant douze jours conséculifs, cette extraction fut faite. Il trouva des quantilés d'alcaptone variant entre 3 gr. 59 et 6 gr. Et il atlira l'attention sur ce. fait que la courbe de l’urée suit celle de l'acide homogentisique ; le maxi-
ie PL EREE
num de la quantité d'urée (24 gr..12) correspond le me jour au maximum de l'acide homogentisique gr. ) et le minimum de la production de ces deux bstances se trouve le même jour (14 gr. 35 d'urée : ÿntre 3 gr, 79 d’alcaptone). Ogden fit quelques expè- : : riences pour essayer de définir l'influence de la diète Ë hydrique et de quelques médicaments connus sur le
e pouvoir réducteur de l'urine : les: substances employées furent l'acide gallique, le tanin, l'acide s - benzoïque. Ces substances furent données par petites
= doses, et la conclusion qu'Ogden en tira fut que ES l'influence de ces médicamenls, en pareil cas, est . Ébsclunent nulle : la diète, cependant, fit diminuer
Er alcaptone en de notables proportions. Fan - Le pouvoir réducteur del’urise augmenta beaucoup: : quand le malade commença à prendre un régime riche en viandes ; avec un FÉBHES ordinaire mélangé, la réduction, calculée par comparaison avec la ; . réduction de la liqueur de Fehling en présence de s glucose, était de 45 gr. 8 : elle était de 79 gr. 3 avec 7 une nourriture où les albumoïdes eñtraient en plus
grande quantité.
Avec Embden, Ogden constata la quantité insi-
2 gnifiante d'acide urique trouvée dans ces urines -(ogr. 00244 à o gr. 0406) et le temps lui manqua, dit-il, « pour continuer des expériences ayant pour
but de chercher à expliquer la diminution, dans les
MEN re | Le ut té Le
usines alcaptoniques, de l'acide urique ».
Dans la suite, cet alcaptone fut trouvé en quantités variables dans les urines journalières d'individus
Fi
présentant celte anomalie: 2 grammes (Poulsen), 6 gr. 3 (Langstein), 12 à 14 grammes et même 16 à 18 grammes (Gross et AHard). Abderhalden et Falta ont même découvert l'acide homogentisique dans le. sérum sanguin d’un alcaptonurique, et Stier, en exa+ minant le cérumen d’un de ses malades alcaptonu- | rique, trouve que ce produit d’excrétion, dilué dans de l’eau, présentait quelques réactions de l’acide homo gentisique, mais toutefois ne réduisait pas le ie d'argent ammoniacal.
Suivant l'exemple de ces prédécesseurs, ce dernier auteur rechercha et isola l'acide homogentisique ; il. conslata, comme eux, linfluence d’un régime carné sur la production d’alcaptone ; la quantité journalière de celte substance qu'il trouva dans l'urine était d'environ o gr. 44. La série d'expériences qu'il entreprit sur son malade et son auto-observation lui per-. mirent de croire qu’il n’y avait aucun lien cube l'acide urique el homogentisique ; il.absorba, luimême, per os 6 grammes d’acide homogentisique et. recueillit dés urines qui avaient toutes les propriétés d'urines à alcaptone, mais dans lesquelles les quantités d'acide urique étaient restées normales.
Baumann et ses successeurs ont bien montré les relations étroites qui existent entre l’ingestion des substances albuminoïdes et la présence, chez certains individus, d'alcaptone dans Îles urines. Garrod, à l'appui de cette théorie, cite le cas d'un nourrisson chez lequel l’alcaptonurie n’apparut que lorsque le bébé eut pris du lait.
| D'après Falta, Laugstein et Meyer, l'acide homopchtsique ne proviendrait pas seulement des sub- - slances protéiques alimentaires, mais encore dérivepe de la décomposition des matières protéiques des - tissus. Les recherches de ces auteurs sur les dérivés des corps albuminoïdes ont démontré l'existence " un second composé aromatique, la phénylalaline. À Leurs expériences, faites avec ce produit, dont la - constilution est très voisine de celle de la tyrosine, - ont permis de constater qu elle est aussi entièrement Étranatonmée en acide homogentisique et excrétée sous celte forme. Neubaüer, Falta et Laugstein ont étendu ces recherches à d’autres corps aromatiques
So gr dc SAS
» et sont arrivés à formuler la loi qui règle la transfor- - mation de ces substances en acide homogentisique: - en faisant ingérer à un alcaptonurique des acides de composition variée et en examinant leur influence - sur les quantités d’alcaptone excrétées, ils ont con- | staté que «loutes les substances aromatiques que : l'organisme normal est à même de brûler sont excrétées par l’alcaptonurique à l’état d'acide homo- gentisique, tandis que les composés que l'organisme 2 est impuissant à atlaquer ne subissent pas cette transformation. »
La régularité et la constance de ces phénomènes nous montrent quil ne s’agit pas d’une simple coïncidence, mais bien d’un processus qui se trouve en
connexion étroile avec la transformation de ces substances dans l'organisme normal. « Il semble en effet en résulter, dit Blum, que la désassimilation
Fe 34 a ? DA Er
des substances aromatiques se fait dans l'organisme normal par la voie de l'acide Homogentisique, mais nous ne parvenons pas à saisir cet état intermédiaire parce que, aussitôt atteint, il est franchi. » e
L’acide homogentisique proviendrait donc soit de.
l’albumine alimentaire, soit de celle des tissus cet représenterait un produit intermédiaire de sa désin= tégralion. Tandis que, chez l’homme normal, cette”
désintégration serait poussée plus loin, ce qui fait que le stade d'acide homogentisique reste inaperçu, chez l'alcaptonurique elle ne dépasserait pas ce
stade.
fakes
Nous pouvons donc admettre que l’organisme est capable de transformer les substances protéiques en. acide homogentisique ; les étapes à parcourir nous. sont imparfaitement connues el nous ignorons le lieu où se faitcette transformation. L’acide homo-.
gentisique n'a jamais été trouvé dans les fèces ni” dans le contenu intestinal, rien ne nous autorise donc à lui attribuer une origine intestinale. « Aucun | fait ne parle non plus, dit Blum, en faveur de la. localisation d’un tel phénomène dans le foie, ce. vaste laboratoire de synthèse et de décomposition, à. moins d’invoquer le rôle que jouent. les cellules. hépatiques dans la destruction de l’acide homogen- | tisique » ; Embden a, en effet, démontré que cet. acide, ajouté à du sang circulant à travers le foie, produisait de l’acétone tout comme la tÿrosine et la phénylalaline.
En se basant sur ces hypothèses et ces expériences,