Une nichee d'Arlequins comedie melee de chant en un acte
I.E PODESTAT , LE MAJOR , ZERBI- NETTE, LE NOTAIRE. (/.« Notaire est d gauche , écrivant sur une table recouverte d'un tapis ; d droite , sur unr autre table recouverte aussi d'un tapis gui tombe jusqu i ï terre, se trouvent le Podestat et le Major qui trempent des biscuits dans du tin ; Zerbinetle au rntïtru, un plan plus loin, est assise tristement sur un grand coffre.)
LE NOTAIRE. Nous disons donc quant au chiffre, évaluation approximative des meubles, immeubles et espèces sonnantes du cousin Thomassin...
LE podestat. Voyons ce chiffre.
le major. J'ouvre mes deux oreilles.
le notaire. Cent cinquante mille docals.
le MAJOR. C’est rond!
LE podestat. C’est carré I et il reste toujours convenu que nous partageons tout entre nous, à l'amiable
le major. C’est convenu ! à moi l’argenterie, les bijoux cl l'argent comptant, j’en ai besoin pour acheter un régiment... Il s’en trouve justement un a vendre, d occasion.. .
un régiment de Savoyards... cela fera mon affaire.
LE podestat. A moi celle villa, le parc y attenant, la ferme et les bêles a cornus qui la garnisséut.
LE NOTAIRE. Et pour ma part les terres labourables, les bois, les préset les vignobles. Nous sommes donc tous d'accord.
RFRIUNETTE. Pour partager les dépouilles de mon pauvre parrain... Abt mon Dieol oui,
le major. Qui se permet celle observation? [Tous te lèvent.)
LE notaire. Mademoiselle Zerbinetle. *
LE podestat. Mademoiselle Zerbinetle.
ZERMNETrE. Oui, monsieur le podestat, Zerbinetle qui admire la charmante harmonie qui règne entre héritiers, quand l'héritage est bon.
LE major. Hél hé! je conçois que ça te fasse mal au cœur, celte mort subite de ton parrain, ma poulette.
le notaire. La petite se trouvait ici dame ei maîtresse.
le podestat. Et puis il était si naturel que la fille d'une Colombinc comptât sur l’héritage de son parrain l'arlequin.
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zerrinette. Ce qui me fait mal, m« chers messieurs, c’eat de voir des parmi»
comme vous se partager le» bien» d'un cousin chez qui vous aviez fait serment de ne jamais mettre les pieds.
le podestat. l)e son vivant, c’cst vrai!
LF. major. Il eût été beau voir que moi, don Annihal Torribio, major., j'eusse hanté un histrion de son espèce.
LE NOTAIRE. Et que moi, maître Cornait), notaire du gouvernement de Bcrgame...
j’eusse frayé avec un bouffon?
le PODESTAT. Et moi donc, Ignazto Vicentini... pouvais-je frotter ma robe de podestat contre sa défroque d’arlequin ?
zerbinette. Mais, en fut décompté, vous ne craignez plus de hanter son château, de frayer avec son vin de Lacryina-Cliristi et de vous frotter contre *es ducats.
LE podestat. Impertinente I LE NOTAIRE. DrÙll’SSC !
LEMVJOR. Effrontée t le podestat. Votre devoir, ma mie, est de fermer la bouche et de nous ouvrir les armoires.
LE major. Parbleu! vous me faites songer ,i ce coffra qu’on n'a pu ouvrir encore...
faut -il en faire sauter la serrure avec la lame de ma rapière?
zerrinette. C’est Inutile ; U clef de ce coffre, la voici.
tE podestat. Voyez-vous cette petite sournoise qui nous la cachait... Ouvrez donc, Cornard .
LE notaire. Il y a peut-être là de* valeurs.