‹ Une nièce de MazarinChapitre 101 sur 113 · POUR LE CONSEIL PENDANT MON ABSENCE · texte numérisé non relu

POUR LE CONSEIL PENDANT MON ABSENCE

Gomme je sais qu'ils examinent toutes les affaires en esprit de véritables jug-es, je n'ai rien à leur recommander là-dessus ; mais seulement je leur marquerai en particulier ce qui suit :

I. — De prendre g-arde de mesurer toujours les affaires par le droit de la chose et non par mon authorité ou utilité.

II. — Accepter toujours avec facilité les bonnes ouvertures d'accommodements ; et aux affaires douteuses, pencher plutôt pour les autres que pour moi , surtout lorsque ce sont des pauvres.

III. — Châtier sévèrement les mauvaises procédures des officiers de mes terres.

IV. — Accorder des diminutions raisonnables aux fermiers ruinez avec connoissance de cause.

V. — Être très-réservé à accorder des interventions et à permettre aux fermiers de se servir de Committimus pour les personnes éloig*nées et aux affaires de petite conséquence.

VI. — Prendre avec empressement le fait et la cause des oppressés.

VII. — Eviter surtout d'entreprendre sur les droits de l'Eg'liseety donnerpromptementles mains quand ils sont clairs et même douteux.

VIII. — Ne se point servir de prescriptions contre personne et principalement contre l'Ég'lise lorsque le droit est bien établi et qu'il est évident.

IX. — Examiner soig*neusement ceux qui se présentent pour les charg-es, leur probité, vie et mœurs et leur capacité, non-seulement par une simple information, mais aussi par des témoig-nag'es assurés ; et en cas de concurrens donner toujours la préférence au mérite sans s'arrester aux recommandations.

X. — Expédier le plus promptement qu'il se pourra ceux qui viennent , et surtout les plus éloig-nés.

L'on prendra aussi le soin de m'envoyer tous les quinze jours le résultat du conseil.

308 LA PRINCESSE DE CONTl.

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