‹ Une nièce de MazarinChapitre 111 sur 113 · CONTRAT DE MARIAGE DE LA PRINCESSE · texte numérisé non relu

CONTRAT DE MARIAGE DE LA PRINCESSE

sainte Église le plus tost qu'il se pourra faire, et qu'il plaira à Leurs Majestés; et pour d'autant plus faire voirie contentement que sadite Majesté a duditmariag'e, comme aussi pour l'honneur que ledit seig-neur et prince de Conty a de lui appartenir de sang" et lig'nag'e, luy accorde et fait don en faveur d'iceluy de la somme de 130,000 livres, laquelle sera particuUièrement affectée et hypotliéquée par privilég-e spécial aux conventions matrimoniales qui s'ensuivent :

Seront les futurs espoux communs de tous biens, meubles et conquêts immeubles du jour de la bénédiction nuptialle, selon la coutume de la prévosté et vicomte de Paris, au désir de laquelle les articles et conventions dudit mariag-e seront réglés, encore qu'il fût faict acquisition ailleurs, desrog-eant pour cet effet à tous droits et coutumes à ce contraires.

Et néanmoins lesdits futurs espoux ne seront tenus des debtes l'un de l'autre faictes, contractées auparavant la bénédiction nuptiale, mais sy aucune y a seront payées par celui qui en sera le débiteur sans que l'autre ni son bien en soient tenus.

En faveur duquel mariag'e le cardinal Mazariny, oncle de ladite demoiselle future espouse, voulant témoig"ner la sing'ulière affection qu'il luy porte, fait don de la somme de 600,000 livres en deniers comptant dont il promet bailler aux futurs espoux 300,000 livres la veille des espousailles, et les autres

300,000 livres es deux suivantes esgallement, de laquelle somme de 600,000 livres et le surplus montant à 400,000 livres, ensemble tout ce qui escherra à ladite demoiselle future espouse par succession, donnation ou autrement, tant meubles qu'immeubles , demeureront propres à ladite demoiselle future espouse et aux siens de son costé et lig-née*.

De laquelle somme de 600,000 livres, il en sera employé 400,000 en acquisition de terres qui sortiront nature de propre à ladite demoiselle future espouse et aux enfans qui naîtront dudit mariag'e, et à ceux du costé et lig-née dudit cardinal , et à cette fin seront faites les déclarations nécessaires en faisant lesdites acquisitions.

Sera ladite demoiselle future espouse douée de

* Le cardinal donna en outre l'hôtel du comte de Brienne, sis quai Malaquais, — n° H actuel, — après l'avoir fait reconstruire. C'était un grand bâtiment à trois corps, dont deux en retour vers le quai , terminé par deux pavillons, reliés par une terrasse, d'ordre dorique, comme la grande porte; il y avait deux étages. La princesse l'échangea vers 1600 avec M, de Guénégaud auquel elle céda en outre sa terre du Bouchet ; depuis il appartint au duc de Ci'équy, au duc de la Trémoille, au duc de Lauzun, à M"'' de la Roche-sur-Yon, ii M. des Mazois ; il servit d'hôtel au ministre de la police sous le premier empire ; il a été démoli en 1840.

La princesse s'installa alors dans l'hôtel Guénégaud qui avait été rebâti par Mansard : la façade était alors perpendiculaire au quai avec une porte dorique très-remarquable; une balustrade italienne ornait la façade du jardin, au fond duquel s'élevait le petit hôtel Conti, dû également à Mansard. Après le prince, cet hôtel appartint au grand prieur de Conti qui le vendit en 1751, pour 1 ,300,000 livres, à la ville ; l'hôtel servit alors de garde-meuble de la couronne. Le roi le (it reconstruire en 1768. La Monnaie v est actuollemeut installée.

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