‹ Une nièce de MazarinChapitre 13 sur 113 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

touche si sensiblement. Croyez, je vous en supplie, que j'en ai toute la reconnoissance que je dois, que je vous aime tout ce que je suis capable d'aimer, et que j'ai autant de tendresse pour vous que de joie d'être toute ma vie sans nulle réserve toute à vous. Adieu, mon très-cher, je m'ennuie ])ien fort de ne vous point voir.

Sedan, 30 juin lGo4.

Les continuelles assurances que vous me donnez de votre amitié me donnent la plus g'rande joie du monde et les bontés que vous avez pour moi me touchent si sensiblement que je ne puis assez vous témoig-ner la reconnoissance que j'en ai : croyez qu'elle est ég-ale aux sentiments d'amitié et de tendresse que j'ai pour vous. Après cela vous ne douterez pas que votre absence me soit insupportable : l'affliction, le chag^MU que j'en ai aug-mentent tous les jours, rien ne me sauroit divertir, ni être ag'réable, éloig^née de vous, mon très-cher. Je suis tout à fait en peine de ce que l'on vient de me dire que ce capitaine des g-alères que vous aviez envoyé avec la nouvelle de la prise de Villefranche et que l'on vous renvoyoit avec des lettres bien importantes, a été pris par des g-ens de Rocroy, et Montai a envoyé nos lettres à M. le prince; cela est tout à fait fâcheux. Le siég-e de Stenay est fort avancé : le roi et M . le cardinal y sont presque tous les jours ; ils en revinrent hier et s'y retournent aujourd'hui.

Je VOUS supplie d'avoir bien soin de vous, car l'on m'a dit que vous vous exposez si fort que j'en ai une douleur bien g'rande. Faites quelque chose pour l'amour de moi qui voudrois plutôt perdre la vie que la vôtre fût au moindre dang-er du monde. Je vous demande cette marque de votre amitié : ne me la refusez point, je vous en conjure, et mettez la mienne aux plus g-randes épreuves, et vous connoîtrez que je serai toute à vous.

Sedan, le 8 juillet 1634 *.

Gomme il n'y a rien qui me soit sy ag-réable esloig-née de vostre chère personne que de vous escrire, je n'en veux pas perdre une occasion comme aussy de vous assurer que rien n'est esg-al aux sentimens d'amitié et de tendresse que j'ay pour vous et que j'auray toute ma vie. Je m'ennuye furieusement de ne vous point voir et je souffre cette abséance avec des inquiétudes bien g'randes,et cela mé bien rude de me voir séparée pour si lontant de ce que j'ayme mille fois plus que moy-même. Le siég-e de Stenay est bien avancé i li a quatre jour que le roy et M. le cardinal i sont et ont couché au camp ; il reviendron demain ; les ennemis sont allés à Arras^, mais il i a cinq mil hommes dedans

* M. Lalanne a lu k tort juin, puisque cette lettre mentionne la naissance du fils de la duchesse de Mercœur, lequel naquit le l^'' juillet.

^ L'archiduo Léopold et Coudé avaient investi Arras subitement avec 26,000 hommes.

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