‹ Une nièce de MazarinChapitre 14 sur 113 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

la place et le chevallier de Crequi est allé pour y faire entrer des secours. MM. de Turenc et de la Ferté marche de ce costé là. Je feray vos complimens à M. le cardinal et à toutes celles que vous me marquez dans la vostre. M'"" de Mercœur est accouchée d'un g-arson *, elle ma priée de vous faire ces besai mains. Je fini vous assuran que je suis toute à vous, aime moy mon très cher , et croyez que rien ne me peut être ag^réable privée de vous^

Sedan, ce I" août 1654.

Quoique je n'aye pas g-rand'chose à vous mander vous ayant écrit hier, je ne veux pas laisser partir Verbouchet sans vous assurer que je vous aime plus que je n'ai jamais fait, et que l'on ne peut pas avoir plus de tendresse pour vous que j'en ai. Le roi et M. le cardinal s'en retournent demain à l'armée. Stenay sera assurément pris bientôt, puisque tous les dehors le sont déjà, et dès que cela sera fait nous nous en irons à Fère. Voilà toutes les nouvelles. Je vous en dirai une qui ne vous l'est point, qui est que je suis toute à vous. Aimezmoi toujours, mon très-cher, je vous en supplie et vous embrasse de tout mon cœur. Adieu.

* Laure Manciui, femme du duc de Veiidôme-Mercceur; cet enfant, né le 1" juillet, fut le célèbre duc de Vendôme.

^ Nous avons donné cette lettre a-vec l'orthographe de la princesse. Nous ne la conserverons pas dans la suite de sa correspondance pour ne pas en rendre la lecture incommode.

Sedan, ce o août lGo4.

Toutes les nouvelles que j'ai à vous mander sont la prise de Stenay qui réjouit fort toute la cour : on attend le roi et M. le cardinal ce soir. L'on partira d'ici vendredi à samedi pour nous en aller à Fère. J'attends de votre part avec impatience, vos lettres me donnent la seule joie dont je suis capable éloig-née de vous : aimez-moi toujours, mon trèscher, et croyez que je vous aime bien tendrement et que je suis plus à vous qu'à moi-même.

Sedan, H août ifib4.

Mon cher mari, je ne vous écrirai pas une lettre bien long*ue, car je suis arrivée à ce soir ici fortfatig-uée du voyag-e et si accablée du monde que je n'en puis plus : mon tout, je vous dirai seulement que je vous aime éperdument, et que les marques que vous me donnez de votre amitié me sont bien précieuses : conservez-la, mon cher enfant; elle m'est plus chère que la vie et j'ai pour vous un amour extrême : je ne vous ai jamais tant aimé : vous êtes tout mon bonheur et mon unique joie. Ayez soin de votre santé pour l'amour de votre pauvre femme : priez Dieu pour moi. Bonsoir, je m'en vais me coucher, car je n'en puis plus. Je vous embrasse de tout mon cœur, mon pauvre mari.

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