ET CRITIQUE DE LA DITE ASSEMBLÉE
Ouvrez et vous trouverez à la suite du procès-verbal, horresco referens I deux des plus violents écrits qui aient été dirigés par les contemporains contre les prélats de Louis XIV, et intitulés, l’un : Observations sur le procès-verbal de l'Assemblée extraordinaire de Mgrs les archevêques et évêques du Clergé de France de 1681; et l’autre: Critique de l’Assemblée du Clergé de France tenue en 1 682.
De sorte qu’après avoir lu le compte-rendu des séances de l’Assemblée de 1682, il suffit de tourner quelques pages et les yeux tombent sur des lignes comme celles-ci :
«... Pour pouvoir tirer avantage du consentement tacite que les prélats de l’Assemblée tenue chez M. de Paris, le mois de mai dernier, ont donné à l’extension de la Régale, il faut dissimuler entièrement la manière dont les choses se passent dans ces assemblées politiques, d’où l’esprit de Dieu est banni, et où l’esprit d'ambition et du monde règne si tyranniquemeut. Tout ce qui s’est proposé a été décidé
1 Procès-verbaux, t. VI, p. 1022.
ailleurs, et on n’y prend des délibérations que pour satisfaire à la forme, et donner occasion à ceux qui y assistent de signaler leur faux zèle, etc... »
«... De quelle autorité peuvent être sur Sa Sainteté les sentiments de ces évêques de cour qui, bien loin de les appuyer sur les lois de l’Église, comme ils devraient toujours faire, ne les fondent que sur les rêveries des Parlementaires ? Tout ce qui vient de ce côté-là est de grand poids chez eux, et tout ce qui vient de la part de l’Église et du Saint-Siège est peu considérable. Us approuvent solennellement et sans restriction les livres qu’il censure; ils déclarent innocents ceux qu’il excommunie, et ils condamnent ceux qu’il protège ; de sorte que l’on peut leur faire, avec beaucoup de justice, le reproche que fit autrefois Yves de Chartres à des prélats de ce royaume : « Manifeste contra Sedem Apostolicam caput erigitis, dum quod ilia ædificat , vos destruitis, et quod ilia destruit, vos ædi/icare contenditis. Cujus judiciis et constitutionibus obviare, plane est hæreticæ pravitatis no- . tam incurrere, etc... » — Ep. ad Richerium, Senon. archiep.
Par quelle ironie providentielle se fait-il que le volume, qui renferme la minute originale de la Déclaration de 1682, se termine par les paroles suivantes :
« Et jacet intérim vida confusaque fratrum expulsorum humilitas, nec est præsul in Galliis cujus viscera tangat affectio pietatis , aut zelus sacræ religionis inflammet ut consurgat ad frangendos impetus errorum et relevandas spes dolore tabescenlium. Defuncta etenim est Dyonisii fortitudo, nec comparet pietas Martini. Tu quoque dereliquisti nos, beate Pater Hilari, qui olim unitatem Ecclesiæ Sancti Spiritûs gladio tuebaris! Oderelicta, o mœsta, o desolata Galliarum ecclesia !
Fulberti, Carnot, episcopi, ep. 21 ad Ebbonem.
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