SCENE VIII
MARGUERITE, LÉRAC; ensuite, Y VON.
marguerite, accablée, à part.
Il retourne chez cette femme !... ah! malheureuse !...
LÉRAC.
Vous pleurez, madame ?
Vous croyez... non, non !... vous vous trompez...
LÉRAC.
Oh! vous l'aimez, madame!... vous l'aimez!... je le vois à votre douleur muette, à votre désespoir ! marguerite , se levant.
Moi!... l'aimer, lui!... lui, qui me méprise!... qui m'humilie devant toute la cour, devant vous !...car vous ne savez pas tout... il me quitte, mais c'est pour aller chez sa maîtresse... mais vous le voyez bien... il est parti... et vous m'accusez de l'aimer... eh! je le hais, je le déteste !...
LÉRAC.
Que dites-vous, madame?
MARGUERITE
Oui... il m'est odieux maintenant... et puisqu'il me dédaigne, qu'il me fuit, c'est à un cœur dévoué, fidèle, que mon cœur doit répondre aujourd'hui... c'est celui qui m'aime depuis si longtemps, sans plainte et sans espoir, que je dois, que je veux aimer !
lérac, hors de lui.
Oserai-je comprendre, Marguerite!... Ah! redites ce
mot !.. je ne puis croire qu'il soitsorti de votre bouche !
marguerite, exaltée et émue.
Lérac, je vous le répète, vous seul méritez qu'on vous
aime.., Revenez... épouse outragée , délaissée, je vous