SCÈNE II
Les 5IÈMES, Mx\STOUF. chef des eunuques.
AMENA
Ah! voilà Mastouf, le chef de nos gardiens ; il nous dira peut-être quelque chose de cette belle Grecque. Bonjour, Mastouf...
MORGANA
]Mon petit Mastouf.
LEILA
Mon joli Mastouf...
MASTOUF.
Bonjour, mes petites colombes !...
AMENA , lui apportant un coussin.
Asseyez-vous là...
MORGANA , en apportant un autre.
Mettez vos pieds sur ce coussin...
LEILA
Comme il a chaud !... (Elle l'éventé.) ( Elles se groupent toutes autour de lui ; Patchouly la négresse s'asseoit à ses pieds.) MASTOUF.
Je n'en peux plus... avec le métier que je fais...
Air : J'arrose, j'arrose (de Jenny).
Je veille, Je guette et surveille ;
Je fais Mon office à merveille ;
L'oreille Au guet quand je sommeille.
Du sérail je défends l'accès ; A tous, oui , j'en défends l'accès.
Gardien sévère , incorrtiptibie , Sur ma vertu l'on peut compter;
Par élat je suis insensible , El rien ne saurait me tenter !..
(il soupirn en regardant les Odalisques.)
Je veille , etc.
Soiil-elles gentilles, cespelilcs mères!... Vrai, cela me donnerait des idées... si j'en étais capable... (Embrassant la négresse qui est assise à ses pieds.) Tiens, Palchouly... ma foi , tant pis...
MOUGANA.
Eh bien ! que faites-vous?
MASTOCF.
Hélas! c'est sans conséquence.
AMENA
Voyons, mon petit Mastouf, que nousapprcnfJrez-vous de nouveau aujourd'hui ?
MASTOUF.
Toujours curieuses?
MOnOANA.
Nous nous ennuyons tant ici !
LE1I.A
Avez-vous vu la jeune Grecque?
MASTOUF.
Ah ! voilà ce qui pique voire curiosité, je le comprends.
AMENA
Commenl est-elle , grande ?
MORGANA
Petite ?
LEILA
Brune ?
AMENA
Blonde?
MASTOUF, se levant.
Eh bien '. puisque vous êtes si curieuses d'avoir des détails sur votre nouvelle compagne , je vous dirai très confidentiellement... (Elles se rapprochent toutes.) que je ne l'ai pas vue. Mais vous pourrez en juger bientôt vous-mêmes , car elle va venir dans ce kiosque. En attendant, voici l'heure où vous ne pouvez plus rester ici sans danger. L'accès de cette portion du sérail n'est pas interdite aux profanes, et, d'un moment à l'autre , quelqu'un pourrait venir vous surprendre... (On entend dans Téloignement la voix de Racahout.) Tenez ! justement .j'entends...
CHOEUR
Ain : Venci, venez, jeunes compagnes. (Grisar.) Parlons , car on approche , Fnjons tout profane regard ; Pour n'encourir aucun reproche.
Fuyons sans retard...
MASTOUF.
Et vite disparaissez.
(Toutes les Odalisques s'enfuient en désordre ; les portières qui ferment le fond s'abaissent.)