‹ Une nuit au sérailChapitre 29 sur 48 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MASTOUF, RACAHOUT.

Brrr!., c'est ça !... envolées! comme une compagnie de perdrix... (S'approchanl de la coulisse par laquelle les odalisques sont sorties.) Psi!... pst ! n'ayez donc pas |)eur, c'est moi , c'est Racahout '. je suis de la maison... Ah ! bien oui !.. . Il paraît que les hommes leur font peur... (Donnant une poignée de main à Mastouf.) Salut au capou-aga , à l'honorable chef des eunuques blancs. Comment gouvernons-nous cette, petite santé , mon cher soprano ?

MASTOUF.

Eh ! ça va peu , mais ça va bien.

RACAHOUT

Ça doit même aller très bien ! Vous menez une vie si exemplaire !

Ain : Ab ! le bel oiseau , maman.

Pour ma part , oui , j'en conviens,

Sans orages.

Toujours sages , Du sérail , je le soutiens , Bien heureux sont les gardiens...

Exempts des tendres soucis ,

Qui port'nt le trouble en nos âmes ,

Comme il sont frais et fleuris.

Ces bons surveillans des femmes î...

E:VSlMiBLE.

Pour ma pari , oui, j'en conviens , elc

UACAUOCT.

Dans cel enivrant séjour, Votre ame n'est pas émue...

Si vous connaissez l'amour. Ce n'est jamais que de vue...

EISSEMBLi;.

l*our ma part , oui , j'en conviens , elc.

RACAHOUT

Bon et digne soprano, va...

MASTOUF.

Ah ! ça , pourquoi donc m'appelcz-vous toujours soprano?

RACAHOUT

Pourquoi? Ccsl un nom ilalien qu'on donne aux gens de votre... physique.

MASTOUF.

Ah!

RACAHOUT

J'ai beaucoup connu un jeune homme dans votre position... un appelé Calpigi , né natif de Fcrrarc , où , par les soins d'un père avare , son chant s était fort embelli .. Vous devez avoir une iolic voix , vous?...

ACiE II. sci:îne V.

MASTOIF.

Je cliente coninic un canari...

BACAHOUT. lui prenant la main avec commiséralion

Je vous|)lait:s, mon pauvre ami , je vou^ plains (l'être tioiié d'un si bcnu fausset.

Ain : Le luth galant.

Mais écartons ce fâcheux souvenir ; Pour aujourd'hui ne songeons qu'au plaisir... Vous éles , m'a-t-on dit , tant soit peu g3*trononnc ? MASTOCF.

Mon appétit le veut :

Je mange !... il faut voir comme !...

(l'est effrayant, mon cher, tout ce que je consomme...

RACAHOUT

On fait ce que l'on peut...

ENSEMBLE

On fait ce que ion peut.

MASTOUF.

Ah! ça, à quel propos me sondez-vous a ce sujet?

UACAHOUT.

Vous vousiouvenez que je vous ai promis de vous faire faire nu souper à la française; mais un petit souper, là , comme vous n'en avez jamais fait , à vous lédier les doigts jusqu'au coude...

MASTOLF.

L'eau m'en vient à la bouche.

RACAHOCT.

Que |)arIez-vousj d'eau ? Allons donc ! noi:s boirons du vin.

MASTOCF, avec effroi.

Du vin !..

RACAHOUT

Vive Dieu! nous sablerons le Champagne !

MASTOCF.

Voulez-vous bien vous taire... si l'on vous entendait!...

IIACAHOUT.

Pas plus tard que tout à l'heure , j'irui mettre la main à la pâte pour noire festin. Je veux célébrer ce beau jour; car c'est un beau jour pour moi. J'ai fuit une aîTaire superbe aujourd'hui.

MASTOUF.

Vous voulez parler de cette esclave grecque que vous avez vendue au visir ?

RACAHOUT

Précisément , une femme admirable! .. Mais à (|uoi bon vous parler de cela , mon pauvre soprano?

MASTOCF.

C'est vrai. J'en ai tant vu !

RACAHOUT, à part.

Est-il fat :

MASTOUF.

Et vous l'avez amenée?..

RACAÎIOCT, montrant la ilioito Elle est la.

UNE NCn if SÉRAIL.

MASTOUF.

C'est bien. Nous n'avons pas trop de temps pour la mettre en étal de l'.araitre devant Sa llautesse. Faites-la venir.

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