AIR
La jeune Annette
Aimait Lubin,
Mais en cachette, Car le père de la pauvrette Se refusait à son hymen.
Ces chers enfants,
Pendant deux ans.
Se lamentèrent, ,
Se désolèrent ;
Mais un beau jour
Voilà ce père
Que tant d'amour Rend enfin moins sévère.
Depuis ce temps.
Dans le village , Quand des parents
Dans leurs penchants . ;
Traversent deux amants.
Tout bas chacun va répétant : enfants.
Ne perdez pas courage ; Le calme vient après l'orage.
Et souvent le bonheur Naît au sein du malheur.
CATHERINE
Voilà vraiment de belles leçons à donner à votre sœur !
MILLER
Pas si mauvaises, ma mère: l'exemple d'Annette l'engagera au moins à prendre patience; et puis qui est-ce qui sait ce que le temps nous garde? Pourquoi se tourmenter aujourd'hui de ce qui fera peut-être notre bonheur demain? Éric est pauvre, mais il peut s'enrichir.
CATHERINE
Préférer un batelier au magister de ce village, à monsieur Sotman, à un homme d'esprit qui.... Ah! que vous avez peu d'élévation dans les sentiments !
MARIE
Que voulez-vous, ma mère!
CATHERINE
Silence! qu'on ne raisonne pas davantage; allumez la lampe et mettez-vous à apprêter le souper. Eh! voici, je crois , le cher monsieur Sotman !