‹ Une nuit de Gustave Wasa, ou, Le batelier suédoisChapitre 9 sur 31 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

GUSTAVE

( Au moment où l'on perd de vue Éric et Marie, Gustave, enveloppé dans son manteau, s'avance le long de la rive qui est du côté du spectateur. Il marche en promenant ses regards autour de lui, comme un homme qui a perdu son chemin. )

Dieux! quelle tempête! égaré depuis le matin au milieu des bois et des marais, j'ai enfin regagné les bords de cette rivière que j'avais quittés. C'est un miracle que je sois échappé atix partis ennemis. Traître Peterson, voilà pourtant où me réduit ta perfidie ! Après m'avoir accueilli comme un libérateur, après avoir gémi avec moi sur les maux qui accablent notre malheureux pays, tu cours révéler ma retraite, dévoiler mes projets à ces Danois, lâches oppresseurs de ma patrie. Le prix auquel ils ont inis ma tête a éveillé ta cupidité; tu le sais pourtant, si je desire la vie , ce n'est que pour la prodiguer contre les ennemis de la Suéde, contre les bourreaux de ma famille. Ils doivent maintenant avoir perdu ma trace. — J'espère, sous ce simple uniforme , échapper à leiu' rage, et regagner mon camp ; mais il est de l'autre côté de cette rivière, et Forage en a encore grossi les eaux. Ah! ce poteau indique un bac; il est sur l'autre rive; donnons le signal accoutumé. (// s'approche du poteau auquel est suspendu un petit cor, en tire quelques sons, et prête F oreille. Eric répond des bords de la rive opposée par un autre son de cor.) On a répondu, xlllons, prenons patience!.... Que mon cœur a saigné pendant ce court trajet! par-tout des villages incendiés, des campagnes ravagées! Quel spectacle pour un roi !

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