SCENE XIL
LAQUILLE , L'ÈVElLLÉ , endormis , LA SENTINELLE ,
dans^le fond ^ Madame DE VERSAC , en habit de gard^ nation aL
MAD. DE VERSAC
Abl mon Dieu, et ma femme de cbambre.... {aperce-^ yant Laquille.^ A\\\ il m'a fait une peur! Non, il dort.... Mais qui m'auroit dit que jamais!.... aussi, conçoit-on rien à mon aventure!.... Le perfide I à minuit, n'être pas rentré !.... ( montrant une lettre. ) et il arrive pour lui un rendezvous, quand, peut-être, il est déjà à un autre!,... Cette lettre que m'a donnée ma femme de chambre,.... ce n'est pas bien à moi de l'avoir décachetée.... C'est vrai!.... Mais enfin, pour qui me trahit-il?».... pour une madame de Senanges.... la plus grande prude.... ou plutôt la plus grande coquette. Eiez-vous donc aux femmes!.... Que j'aurois eu de plaisir à la confondre , à me trouver à ce rendez- vous!... C'est pour cela que j'ai pris l'habit de mon mari !.... Et encore , à peine. suis-je descendue de ma voiture, où m'at- ^ ^nd ma femme de chambre, que je me trouve arrêtée ici!.... dans un corp$-de-garde.... {regardant autour d'elle) ça n'est pas beau du tout.... Des bancs.... une table.... ah !... des cartes.... des papiers , des livres. Nos maris ne sont pas si à plaindre qu'ils veulent bien le dire!.... et s'ennuient moins au corps-de-garde , que nous à les attendre ! C'est là sans doute que, tous réunis, ils rient à nos dépens, OM. s'oçcupeut peut-être des moyens de uouô tromper.
^ AIR î Faudeuille de jadis et aujourd'hui^
Hélas ! crédules que nous sommes^ Plaignons donc encor nos époux !
Lorsque ces messieurs sont entre hommes^ Dieu sait ce qu'ils disent de nous.
Dans ces lieux où chacun outrage Notre constance et nos vertus > Que d'époux se perdraient, je gage.*.
S'ils n'étaient pas déjà perdus!
Aussi ma sœur ne se mariera pas, et quoiqu'elle en dise, je la forcerai bien à rester fille.... et à être heureuse malgré elle.