JUIN, TROIS HEUBES DU MATIN
Une troupe d'hommes endormis. Des masses de fusils anglais à longues baïonnettes, des shakos sans plaques, des fourniments à bufDetcries noires jetés en désordre sur des tronçons de stalagmites. Des torches résineuses incrustées dans les fentes du roc éclairent la voûte. Sur quelques faisceaux d'armes s'élèvent des drapeaux blancs avec cette inscription : Les Bourbons ou la mort.
L'ETRANGER, SON FILS eodormi, M. DUTEUIL.
l'étranger.
Trois heures ! et M. le comte n'est pas encore venu !
M. DUTEUIL.
S'il ne vient pas avant le jour, il ne yendra plus.
l'étranger.
Et voilà l'aube déjà ! mauvaise saison pour nous, il n'y a pas de nuit.
' Vaste grotte à quelques lieues do Marseille, visitée en temps de calme par les géologues, en temps de trouble par les conspirateurs.
in4 UNE NL'lï DU MIDI
M. DUTEUIL.
Mauvaise pour nous, non; inais pour eux, oui...
l'étranger.
Qui, eux ?
H. DUTEUIL.
M. le comte.
l'étranger.
Ah! il est prudent, lui... un peu.
M. DUTEUIL.
Trop.
l'étranger.
' C'est lui qui nous retient ici depuis un mois, avec sa prudence... il attend les Anglais I Ah ! s'il al tend les Anglais, il attendra longtemps... Je n'ai point de conGance aux Anglais... moi... et encore moins aux nobles... Les nobles et les Anglais ont toujours fait notre malheur... voyez à Libéron *.
M. DUTEUIL.
Oui, mais les nobles ont les denari.,, ils sont piastres.