QUELQUES VOIX
11 faut le rompre vif.
L*ÉTRÀNGER.
Oui, oui, il mérite la mort et Tenfer ; je l'aurais déjà lardé moi-même, si je n'avais pas, par charité chrétienne, respecté les cheveux blancs d'un vieux. Ainsi nous lui ferons la grâce de le juger, comme si c'était un brave homme. Je vais vous raconter tous les crimes de ce bandit. D'abord, c'est un espion de Brune, un...
TOUS 8e lèvent en criant :
Allons l'assommer, allons lui rompre le cou.
l'étranger.
Un espion de Brune, voilà la preuve, la voilà (a momre
le billet du chasseur d'ordonnance) ; c'est \m billet de Brune, VOUS
pouvez aller le lire sous le réverbère, ou bien...
TOUS
Non, non, non, c'est un voleur, un bmiapartiste, il faut le tuer.
l'étranger.
Puis, il a dénoncé à Lecointre-Payraveau tous les
UNE NUIT DUMID! 183
braves royalistes de mon quartier, et il a fait envoyer des gendarmes à ma campagne pour me prendre...
TOUS
C'est vrai, c'est vrai.
l'étranger.
Puis, il a fait faire vingt-sept guillotines...
TOUS
Assez, assez... partons.
l'étranger.
Attendez, attendez. Dans la révolution, il a fait fusiller le pauvre M. Olive. Il a fait massacrer le pauvre M. Dubausset, il a fait...
ANTOINE, se leyant farienz.
I] n'a rien fait... rien... La preuve, voyons, la preuve, la preuve ?
l'étranger.
Antoine, ne te fais pas un mauvais parti, prends garde.
ANTOINE
Je ne crains personne, pas même vous, je suis connu dans tout le terroir comme royaliste et brave enfant; vous voudriez me donner un coup de dague, à moi
IHl INE NLIT Di: MIDI
nu:ssi? à moi, à moi? Eh ! saint homme! demain nie< camarades vous mettraient en pièces, si vous me faisiez cela avec votre petit doigt I Allez parler d'Antoine à la place du village , et vous verrez si j'ai des amis I Je ne vous crains pas plus qu'un chien de dévote; vous voulez assassiner un vieux, mais le bon Dieu et moi nous sommes là. Vous ne l'assassinerez pas.