‹ Une nuit du MidiChapitre 47 sur 61 · CASIMIR, FERDINAND · texte numérisé non relu

CASIMIR, FERDINAND

FERDINAND, paraissant mystérieusement à la porte entr* ouverte a droite^ et à voix bas<6.

Casimir!...

CASIMIR, à voix basse.

Ah!... c'est toi!... Chut!... l'aCaire vabien!... De ce que nous dirons elle ne perdra rien.

i6tt LE CHATEAU BASQUE

FERDINAND^ cnlrenl en ficéne.

Est-elle soucieuse, enfin?...

CASIMIR

Ton éqiiipée.

Si je ne fais erreur. Ta fort préoccupée...

Elle est là!...

FERDINÀIIO.

Bien!... dort-elle?...

CASIMIR

Une fenune dormir...

En pareil cas!... oh! non!...

FERDINAND

Écoute j Casimir...

Pousse de longs soupirs, là, devant celte table; Et fats un monologue en style lamentable.

CASIMIR

Je comprends... que dirai-je?

FERDINAND

Eh!... du vieux, du nouveau.

Tout ce qui tombera dans ton vaste cerveau.

CASlMll^, «prèc plusieurs sonpin et à haute 'voix.

Une vient pas I ... J'attends ! . . .j'attends ! . . . Follejeanesse! . . .

LE GHATEA0 BASQUE 2»7

Encore, sll paraît avant que le jour naisse!... Oh !... qui pourrait nie dire en quel secret recoin 11 vit?... Fort près, peut-être, et peut-être bien loin!...

(La croisée du petit pavillon s'ouvre, et Delphine paraît avec précaution et écoute. Casimir, bas à Ferdinand.)

Aimes-tu mon début ?. . .

FERDINAND. '

Pas trop... niais continue...

Descends dans les enfers, et perds- toi dans la nuo... ViseàreiTetî...

CASIMIR, bas.

Suffit»

•ÎHaUt.)

' JPauvre enfant!... jeune fouf...

En ce: moment, peut-être, il erre. Dieu sait où!... Lui, noble et confiant, plein de feu, mais timide, 11 suit comme Renaud quelque nouvelle Armide, Ou bien quelque Andalouse au teint bruni, qui sort De Barcelone, à l'heure où tout le monde dort. Quelque fée, aux ioux bras, amante souveraine. Qui le ravit encor de sa voix de syrcne. Se penche à son oreille, et lui dit : Viens; allons Ecouter ce que dit le torrent aux vallons; Respirer ce qu^exhale au Jardin que j'arrose La fleur qui fait aimer : le jasmin ou la rose ;

• 2o8 LE CHATEAU BASQUE

Puis, sous Tacacia qui chante aux environs.

Mes cheveux dans les tiens nous nous endormiron?.

C'est très-bien ! ... va toiy ours ; va donc ! . . . '"

CASIMIR, bat.

« . • Mon camarade,

Parle à ton tour. Je suis à bout de ma tirade..

FERDINAND, bat. •«

Pousse un grand cri de joie I . . .

CASIMIR, haat.

Ah! môh cher Ferdinand! ..

Tu t'es donc échappé des mains du revenant ?

FERDINAND

Ami, je viens du cielj j'ai rencontré mon rêve!... * Sous l'arbre du jardin Adam a vu son Eve !.. . Quelle femme !... Sa voix n'est rien, c'est sa beauté Qui m'a ravi, qui m'a séduit et transporté.

Le peintre Murillo Tinvenla poiu: ses vierges. Pour la faire adorer entre deux rangs de cierges, ' Pour la couvrir de fleurs, pour la faire bénir, '^

Dans les jours du présent et ceux de l'avenir.

{Ici Delpliine se retire do la croisée et 1^ ferme.)

Je vais m-^p^ouir^ là-bas^ dans une allce ; Il iaut^ àTnir des nnit^ que mon âme exhalée^ D'un bcaume souverain rafraîchisse mes sens; Il faut* que jé^i'eiîionte aux cieux d'où je descends. Oh f je veux réjHÎler qu'efle est divine et belle. Ici^ j'ai rendez-vous dans une heure avec elle. Quand elle paraîtra^ viens m'appeler, j'accours. Pour rendre les moments moins cruels et plus courts. . . Je vaia»p^nser à l'ange et rêver «^ son aile; Toi, reste aux 'environs, et sois ma sentinelle.

^ (Ils sortent.)

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