SCÈNE IX
M. DE SAIN VAL, pui» DELPHINE.
M. DE SAINVAL, ouvrant la porte avec précaattbû.
Sortis tous deux !...
(il fait signe à Delphine de venir.)
DELPHINE
Mon oncle, avez -vous entendu?
M. DE SAINVAL
Tout, jusqu'au dernier mot... c'est un enfant perdu 1... Oh ! ma nièce î... je rends justice à ta prudence I...
%lê LK CHATEAU BASQUE
11 est chose ceiiaine , et de toute évidence Pour moi, que si ton cœur eût un ifnUnt parié La langue de l'amour à cet écervelé, Si tu n'eusses gardé ta reserve de feromey Cette nuit t'aurait mis le désespoir dans Tâme. Voilûi les jeunes gens... les Calons d'aujourdlmi !
DELPDIKE.
C'est que je suis, mon oncle, en fureur contre loi ; Non pas de Jaljusie, au moins...
M. DK SAINVAL.
Ohl...
DELPHINE
Mais, je pense Qu'il a heurté de front les lois de la décence.
M. DE SAINVAL
C'est juste !...
DELPHINE
Que vingt ans ne donnent pas le droit De manquer de tenue envers qui que ce soit.
M. DE SAINVAL
Très-bien !...
' LE CHATEAU BASQUE â7i
DELPHINE
El qu*une dame, dtourdiment laissée De la sorte, a toujours raison d'être blessée.
M. DE SAINTAL.
J'approuve, de tout point, cette rancune.:.
Ainsi, Je ne veux plus rester une minute ici...
Vous m'accoropagfierez jusqu'au prochain Tillage.
M. DE SAINVAL, vn peu dëeoncerië.
Pourtant, il faut avoir moins de rigueur pour l'âge.
DELPHINE
Vous l'excusez...
M. DE SAINVAL
Du tout !... je Faccuse !... Pourtant, A son âge, mon Dieu !... j'en aurais fait autant !...
DELPHINE.'
Vous, mon oncle ?. . . non ! . . .
M. DE SAINVAL
Oui...
DELPHIRE y à part.
Les hommes sont ati*occs !
M. DE SAINVAL
Je fis un trait [vareil la veille de mes noces.
DELPHINE
Vous?...
M. DESAINVAL.
Oui, moi !... Cela fit Tentretien de Paris.
Eh hien !... je fus après, le meilleur des maris.
DELPHINE, aa comblo Ai dépU. ' •-
Mon oncle, voulez- vous m^accompagner?.. .
M. DE SAINVAL
i*^ , Demeure, Cela ne sera rien...
DELPHINE, onlrée.
Voulez-vous que je meure % '
M. DE SAINVAL
Ah ! mon Dieu!...
DELPHINE, se jetant lur nn fautcoil.
Donnez-moi de rah!,.. Ah! j'en mourrai,..
LE CHATEAU BASQUE 27g
M. DE SAINVAL^ appelaiil.
Quelqu'un!... •*
DELPHINE^ M levant.
Ne criez pas!..»
M. DE SAINVAL
Je t'accompagnei ai. . .
DELPHINE
Je ne veux plus pailirl
M. DE SAINVAL
Nous resterons
DELPHINE^ à part.
Infâme î...
Si jeune et si cruel!... Je veux voir cette femme! Elle est peut-être là!... dans le salon voisin..
M. DE SAINVAL, à part.
C'est fort clair maintenant; elle aime mon cousin.
(On entend un~son de cor.) DELPHINE.
Mon oncle, entendez-vous?...
M. DB SAINVAL^ 4eo«Ual.
Oui, j'enlends...
DELPHINE
Je suis mortel...
M. DE SAINVALy à la porte à d.oiu.
Écoutez donc!... je crois qu'on vient...
DELPHINE
Par cette porte?
M. DE SAINVAL
G*e8t le pas d'une femme... un pas vif et léger... Restons; je veui la Voir, je veux l'interroger...
Oh! non!... pourquoitroubler leur rendez- vous? C'est elle! La dame du casteL..
M. DE SAINVAL
Oh ! dame ou demoiselle.
Je veux lavoir!
DELPHINE
Mon oncle!... au nom de Dieu... sortez!
Laissez-moi s^ule, ki... seule...
M. DE SAINVAL
A tes volontés!
(Il tort par la porté dtt fbàâ.)