D) LES RÉSULTATS
Nous venons de voir dans le chapitre précédent que seules, intéressent l’organisation, les déviations rachidiennes légères; nous allons voir maintenant quel est le fonctionnement du $ervice de gymnastique du Dispensaire médico-pédagogique du Bureau Municipa! d'Hygiène. Des plus simples et conçu en 1922, il a été mis en application dès le mois de novembre de la même année, avec les initiatives conjuguées des Docteurs Paul Vigne, Directeur du Bureau Municipal d'Hygiène, Lu-
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cien Michel, Chef de Clinique chirurgicale infantile à la Charité, Consultant d’orthopédie au Dispensaire scolaire, et André Rendu, ancien chef de clinique chirurgicale infantile, consultant de chirurgie au même Dispensaire.
A) LE RECRUTEMENT DES MALADES. Il est assuré par les médecins inspecteurs scolaires de la façon suivante au cours de la visite collective (qu'aux termes du règlement le médecin inspecteur est tenu d'effectuer tous les ans dans chaque école de sa circonscription, et que nous avons étudiée en détail dans la première partie de notre travail) le médecin inspecteur informe la famille de l'enfant chez lequel il a constaté une déviatinn rachidienne, qu’elle soit légère, moyenne, ou grave, par un billet individuel libellé ainsi
VILLE DE LYON - BUREAU D'HYGIÈNE 60, rue de Sèze, 60 DISPENSAIRE MEDICO-PEDAGOGIQUE
M... Nous avons l'honneur de vous informer qu’au cours de sa visite de ce jour, M. le Médecin Inspecteur de l'Ecole a relevé chez votre enfant : X.. fréquentant l’école de (fille ou garçon) rue.... des signes de.... (« tendance à la lordose » par exemple).
Il y aurait intérêt à présenter cet élève, soit à un médecin de votre choix, soit à une consultation hospitalière appropriée, ou au Dispensaire médico-pédagogique du Bureau d'Hygiène, 60, rue de Sèze (1).
Lo. lens see 1922 Le Directeur du Bureau d'Hygiène, Paul VIGNE,
Le Dispensaire fonctionne au Bureau d'Hygiène sauf pendant les périodes de vacances, pour les spécialités suivantes : maladies osseuses, tous les jeudis à 8 h. du matin, etc.
En Re
Nous voyons ainst que toute latitude est donnée aux parents de faire soigner leur enfant par un médecin de leur choix et comprenons ainsi pourquoi, lorsqu'un médecin inspecteur n’a pas pour l'aider dans sa tâcha une infirmière très dévouée, il voit parmi les enfants signalés ainsi, à peine 2 % de ceux-ci aller de leur plein gré à la consultation du Dispensaire. C’est un résultat décevant. Si l'infirmière est dévouée, c'est elle, par son rôle d’assistanie auprès du médecin, qui va contrôler l’exécution de ses décisions ou va conduire les enfants au Dispensaire, après les avoir pris à l’école ef même dans les familles.
C'est là que le Docteur Rendu, le jeudi matin, de 8 heures à 9 heures, va recevoir, dans la salle de consultation chirnrgicale et orthopédique tous les enfants atteints d'une déviation quelconque, et qu’il va effectuer un premier triage.
C'est là qu’un certain nombre d'entre eux vont être éliminés, soit parce que leur déformation, trop grave, a besoin de soins spéciaux (d’un appareillage ou d’un traitement ne relevant plus de la gymnastique), les hôpitaux vont les recevoir; soit au contraire parce que n'ayant pas réellement une déformation, mais simplement une mauvaise tenue, par laisser-aller erKraînant une série de courbures du rachis variables d’un moment à l’autre, ils n’ont besoin que de surveillance: ils sont alors renvoyés avec la recommandation de revenir une fois par mois pour permettre de dépister, dès le début, la déviation susceptihle d’apparaître.
Enfin c'est de cette consultation que seront adressés aux séances de gymnastique médicale du Dispensaire
les cas moyens et légers (les plus nombreux). Ces séances ont lieu deux fois par semaine, le mardi pour les filles, le vendredi pour les garçons, de 5 heures à 6 heures du soir, dans deux salles aménagées à cet effet. dès novembre 1922, L'une de ces salles, de quatre-vingt mètres carrés environ, comprend, outre un large espace libre pour les exercices d'ensemble, les cabines de déshabillage, et les agrès de gymnastique suédoise (échelle orthopédique, mât de perroquet, etc.). Au fond de cette salle, et faisant face à l’espace vide réservé aux exercices d'ensemble, une glace de 2 mètres de côté, est fixée contre le mur, pour permettre aux enfants qui s’y regardent, de corriger et de contrôler leur attitude.
. L'autre salle contient une installation de douches (avec chauffe-bain, serviettes et bonnets de caoutchouc pour éviter de mouiller la tête aux enfants), des appareils de mécanothérapie, enfin un meuble-bureau, avec tiroirs fermant à clef. C’est là que sont rangés : les divers imprimés nécessaires à la bonne marche du service (feuilles d'observations, feuilles de conseils d'hygiène à remettre aux parents, feuilles d'ordonnances à l'en-tête du Bureau d'Hygiène) ; les fiches d'observations et les formules de déviation des enfants qui suivent les séances ; le cahier sur lequel la monitrice de gymnastique, M"*° Sestier, inscrit avec les noms et adresses des enfants, leur nombre de présences ; enfin, dans un dernier tiroir, les instruments spéciaux, tels que spiromètre, fil à plomb, mètre souple, stéthoscope). Les deux salles sont chauffées une demi-heure avant chaque séance, car il ne faut pas oublier que tous les enfants, une fois là, sont déshabillés et mis en maillot de sport.