DE TROIS SQUELETTES
pour nous donner la conviction intime que c'est bien là qu'il fut enterré. D'abord le Journal des Jésuites, en mentionnant sa mort, dit que le P. Jean de Quen fut enterré le 9 octobre au matin, prœsente corpore, dictœ duœ 7iiissœ privatœ, m Hummo altaridum dieeretur officium : le corjjs étant présent, deux messes sont dite^ prlvément au mattre-autel, pendant que Von récite Voffice. C'est dans la chapelle de la congrégation que se faisaient ces cérémonies funèbres, et c'est là que se trouve le corps pendant que l'on cliante l'office des morts. Par conséquent les restes mortels du Père de Quen ont dû être inhumés dans les voûtes souterraines de cette chapelle ; car, suivant la coutume générale, on enterrait toujours les prêtres là où se chantait le service funèbre. A la suite de la citation latine que nous faisons plus haut, les éditeurs du Journal des Jésuites, MM. les abbés Casgrain et Laverdière, font la réflexion suivante :
" Le P. de Quen fut sans doute enterré dans la chapelle des Jésuites, et c'est peut-être pour cette raison que l'acte de sa sépulture ne se trouve pas dans le registre de la paroisse. " Ainsi le corps du P. de Quen n'a pas été déposé ailleurs que dans le caveau de cette chapelle ; autrement, les registres en feraient mention.
En troisième lieu, le Journal des Jésuites no mentionne que trois sépultures dans la chapelle
J-A DECOUVEUTIC
de la Congrégation, et ces trois sépultures sont certainement celles des PP. Jean de Quen et François du Peron, et du F. Jean Liégeois. Xous avons établi clairement les deux dernières, et nous espérons ne laisser aucun doute sur la première. D'abord, à la mort du P. de Quen, l'église des Jésuites n'existait pas encore ; la première pierre de ce temple sacré fut posée le 31 mai 1666, et le découvreur du lac Saint-Jean mourut en 1659, c'est-à-dire sept ans auparavant. Mais la chapelle de la Congrégation existait, car les fondations en furent jetées le 11 juillet 1650 ; et le Journal affirme qu'en 1653 on disait les offices et l'on enseignait le catécliisme dans cette chapelle. C'est donc là que se faisaient les inhumations, mais pas avant 1650, puisque la chapelle n'était pas encore construite, ni après la mort du Père du Peron arrivée en 1665, parce que, lorsque ce Père fut enterré, il ne restait 'plas de 'place que pour un corps, et lorsqu'on a découvert ses restes mortels en 1878, " le cercueil qui les contenait se trouvait à trois pieds et un pouce du mur qui courait parallèlement à la rue du marché ; c'est-à-dire qu'il n'j avait plas de plac3 ([lie pour un corps. Du reste l'église fut construite en 1666, et depuis cette date les Jésuites ont enterré leurs morts dans le caveau de leur nouveau sanctuaire. De sorte que l'espace laissé vacant à côté de la dépouille du Père du Peron ne fut jamais rempli.