A I,.\ BASILIQUE
surnaturels et éclaire les dépositaires du pouvoir, elle communique à tout le corps social cette parfaite liarmonie d'où dépend la félicité des nations.
La cérémonie de ce jour est pleine d'instruction et de consolation : elle est tout à la louange du peuple canadien-français. La présence, autour de cette tombe, des chefs de l'Eglise et de l'Etat, de tout ce que notre ville renferme de plus illustre dans la magistrature, dans les professions libérales et dans le commerce, les différentes sociétés de Québec, et, en particulier, la présence de la société Saint-Jean-Baptiste, gardienne vigilante de nos traditions et de nos gloires nationales, montre que l'on sait reconnaître et honorer la véritable grandeur et que le missionnaire n'est pas seulement grand devant Dieu et devant l'Eglise, mais qu'il est encore grand devant la société civile.
Les membres do la Société de Jésus me permettront bien d'associer aux noms des religieux de leur illustre Compagnie ceux de quelques personnes qui, comme les enfants de saint Ignace et ceux de saint François d'Assise, ont été missionnaires et apôtre» dans nos contrées et ont bien mérité de Dieu, de l'Eglise et de la société.
Je mentionne en premier lieu les enfants de Monsieur Olier et ceux de Marie rLnmaculée.
Ces derniers ont continué dans notre siècle et sur
rAXÉGYEIQUE PRONOKCÉ TAU M(.;i; i'AQUET 41
notre sol la série des hommes héroïques des siècles précédents.
Dans la famille des apôtres du Canada, l'épiscopat est largement représenté. Les évêques Blanchet, Demers, Provencher, Taché, Grandin, Faraud, ont consacré toute leur vie à la prédication de l'Evangile au milieu des tribus sauvages et reproduit le zèle, le dévouement et les vertus du premier évêrpie de Québec.
D'autres ont employé aux missions parmi les infidèles les plus belles années de leur existence. Vos regards se portent sans doute sur le vénérable évêque des Trois -Rivières, et votre mémoire n'a pas oublié ]Mgr Poiré, Messieurs Thibault, Langlois, Bourassa, et le prélat distingué, Mgr Bolduc, qui, il y a deux ans, descendait dans la tombe, riche de travaux et de mérites, pleuré de tous ceux qui avaient eu l'avantage de le connaître, d'apprécier les qualités de son esprit et de son cœur, laissant un
vide immense dans le cercle de ses nombreux amis.
Qu'il me soit permis de rappeler que, dans la dernière partie du XYII siècle, le séminaire de Québec était seul chargé d'évangéliser les nations de TAcadie, du Mississipi et de ses affluents.
Guidés parla Providence, il y a des choses merveilleuses que les hommes accomplissent sans dessein prémédité. C'est ainsi que Québec, berceau de la
42 " A LA r.ASILIQUE
nationalité canadienne-française, où tant de cœurs généreux ont battu, centre de ralliement d'où tant de braves s'élancèrent à la conquête des âmes, ville illustrée par les vertus d'un si grand nombre d'apôtres et de martyrs, devient un reliquaire où l'on réunit les dépouilles mortelles des prédicateurs de l'Evangile avec celles des fondateurs de notre patrie.
Il est sans doute regrettable que les restes des apôtres de Quen, du Peron et Liégeois ne puissent pas demeurer à l'endroit même où ces vaillants athlètes passèrent une partie de leur vie et où ils reposèrent pendant plus de deux siècles. Mais, consolons-nous, leurs cendres vont se rapprocher de celles d'autres apôtres, leurs contemporains. Elles vont reposer dans l'antique église des Ursulines, sous la garde de ces femmes admirables qui continuent, dans l'enseignement et l'éducation de la jeunesse, l'apostolat de leurs devancières ; à côté des fondatrices de ce monastère qui furent, elles aussi, des missionnaires et des prédicateurs au milieu des samvages. A l'approche de ces restes précieux, les ossements de la Vénérable Mère ^larie de rincarnation, de Madame de la Peltrie, de la Mère St- Augustin et de tant d'autres qui ont été nourries des enseignements des Pères de Quen et du Peron, vont tressaillir d'allégresse.
Reposez en paix, cendres des martyrs, des apôtre»
PAXEGYlîIQUK PROXON'CE l'.VR MùR l'AQlKT 4.'î
et des saints de mou pa^'s, reposez en paix sous les voûtes de cette Basilique, sous les voûtes de toutes les églises de la cité de Cliamplaiu. Reposez eu paix et so3'ez nos protecteurs.
Quand la trompette du jugement sonnera le réveil de tous les morts, de quel éclat brillera le rocher de Québec ! Tous ces corps d'apôtres ressusciteront glorieux et le couronneront d'une lumière plus éclatante que celle du soleil.
Qu'il sera nombreux le cortège des triomphateurs qui s'avanceront de Québec vers les demeures éternelles !
Eftbrçons-nous, mes Frères, de marcher sur les traces de ces héros, de faire vivre dans nos cœurs leur amour pour la gloire de Dieu et pour le salut de nos frères, afin qu'aujour de la résurrection nous soyons admis dans leurs rangs. Ainsi soit-il.
Les élèves du Petit Séminaire chantèrent ensuite le Libéra^ et Sa Grandeur Mgr Fabre, une seconde fois, récita les prières de l'absoute.
A la cîiapelle des Dames Ursulines — I.e monument.
Après le Libéra cliauté à la Basilique, la procession se reforma dans le même ordre qu'auparavant, pour aller au monastère des Ursulines, où l'inliumatiou devait se faire. Lorsqu'on y fut arrivé, la fanfare militaire exécuta la marche de Saiil, pendant que la foule pieuse s'agenouillait autour du catafalque, entouré de lumières et recouvert de draperies funèbres, où les porteurs Ilurons déposèrent les cercueils. Sa Grandeur Mgr Duhamel, arclieveque d'OttaAva, donna l'absoute, et les dames religieuses chantèrent le Libéra avec accompagnement d'orgue. Alors les cercueils furent descendus dans le caveau, au-dessous du chœur, et Son Honneur le lieutenantgouverneur dévoila, à tous les regards, le beau monument érigé dans la chapelle à la mémoire des missionnaires, par le gouvernement provincial.
Ce monument, dessiné dans le goût classique,