A LA BASILIQUE
pas des travaux qu'il a supportés pour venir jusqu'à vous ; en vous pressant sur son cœur, c'est Jésus qu'il tient dans ses bras et il se trouve assez récompensé.
Le missionnaire ne se plaint pas de souffrir de la faim, de la soif, de la clialeur ou du froid, de coucher en plein air sur la terre humide ou glacée, de n'avoir aucune consolation, aucun soulagement de la part des hommes.
Au contraire, son cœur déborde de joie. Comme S. François-Xavier, il s'écrie : " Seigneur, Seigneur, encore davantage, encore de nouvelles croix ! " Ou, avec le même saint : " Assez, Seigneur, assez ! " Quoi, assez ! assez de souffrances ? Xon, assez de joie, assez de consolation, la mesure est pleine et déborde.
Même lorsqu'il n'a pu atteiudre la brebis qu'il poursuivait, ou que sa parole n'a pu la convaincre, le cœur du missionnaire est dans la joie : il sait que Dieu le voit et que le zèle n'est jamais inutile. Jamais les œuvres de dévouement et la parole de Dieu ne reviennent vides. Souvent, comme le grain de froment, les sueurs de l'apôtre et la parole de Dieu demeurent cachées dans la terre, mais tôt ou tard elles portent leurs fruits. Les missionnaires ont sans doute recueilli de belles moissons ; mais leurs successeurs récoltent pendant bien longtemps encore sur le champ ensemencé par ces héroïques pionniers.
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Devant Dieu les vrais et seuls grands hommes sont ceux qui étendent sa gloire et son r^gne, font connaître et adorer son nom ; ceux qui recueillent les gouttes du sang de son Fils.
Dans l'Eglise militante, les héros sont les saints, les missionnaires, les apôtres et les martyrs ; ils composent l'avant-garde de l'armée du Christ. Ces hommes au courage indomptable, à la foi vive, à la charité ardente, sont grands aussi devant la sjciété civile.
Depuis la fondation de l'Eglise, ils ont été et sont plus que jamais, à l'heure présente, en Afrique, dans l'extrême Orient, en Océanie, en Amérique, partout, les pionniers de la civilisation.
L'histoire des apôtrôs de notre pays fournit un exemple frappant de leur action civilisatrice et des fruits versés sur la société civile.
A qui devons-nous de n'avoir pas soutenu plus longtemps la lutte contre les différentes nations qui peuplaient le Canada ? N'est-ce pas aux missionnaires bien plus qu'à la force des armes ? En les convertissant au christianisme, ils les civilisèrent et les transformèrent ; de ces hommes farouches, fourbes, cruels et sanguinaires, ils firent des hommes doux et pacifiques. Tout en conservant leur vie
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nomade, leurs habitudes de cliasse et de peclie, ils abandonnèrent leurs mœurs barbares, devinrent ce que sont encore aujourd'hui leurs descendants, des citoyens paisibles et religieux.
Grâce en grande partie aux missionnaires, pour l'honneur de notre pays et de notre race, ils n'ont pas été comme ailleurs, chassés du sol ou détruits, mais ils ont été conservés et civilisés.
Ne sont-ce pas aussi les missionnaires qui, par leurs courses apostoliques, leurs écrits, leur long séjour au milieu des tribus sauvages, ont fait promptement connaître notre vaste pa^'s, ses fleuves, ses lacs, ses rivières, ses montagnes, ses vallées fertiles, ses richesses forestières et minières ? A qui devonsnous la connaissance des langues et des coutumes de ces peuples ? Qui a écrit les premiers dictionnaires et les premières grammaires dans les différents idiomes de ces nations ?
En parlant devant l'auditoire le plus catholique que Ton puisse réunir, je suis parfaitement compris quand je dis que le missionnaire est, par excellence, le promoteur du progrès véritable et de la civilisation, et qu'à ce titre, comme à bien d'autres, il est arand et mérite la reconnaissance.
En effet, mes Frères, pour le chrétien, pour le catholique, où se trouvent le vrai progrès et la véritable civilisation ?
PAXÉGYRIQUK PROXOXCÉ PAR MCIR PAQUET 30
Dans le développement du commerce, de l'industrie et de la culture du sol ? Dans le perfectionnement des macliir.es ? Dans les moyens prompts et faciles de se transporter d'un bout du monde à l'autre ou d'}' envoyer sa pensée et sa parole avec la rapidité de la foudre ? Dans les découvertes scientifiques et leurs applications aux arts mécaniques ou au soulagement des infirmités Immaines ? Dans la
culture des sciences et des lettres ? Oui, tout
cela constitue un progrès, une civilisation, mais ce n'est pas le progrès et la civilisation dans toute l'étendue du mot. Le vrai progrès, la véritable civilisation doivent embrasser l'homme tout entier, son corps, son jime et ses destinées éternelles. La vraie civilisation embrasse le monde visible et le monde invisible : l'homme est fait pour les deux. La véritable civilisation apprend à l'homme à regarder le ciel, sa patrie ; elle le détache de la terre et rélève jusqu'à Dieu, sa fin dernière.
Voilà ce que fait le missionnaire catholique. A ses yeux, il n'y a pas de distinction entre le juif et le gentil, entre le noir et le blanc, entre le sauvage du Canada et l'habitant de Paris, Croyant à l'unité d'origine, de destinée et de rédemption pour tous les hommes, il la proclame par son dévouement, au prix même de son sang. Cette civilisation fondée sur la foi tend, pour le bonheur des peuples, à régénérer le monde entier dans tous ses éléments.
En même temps qu'elle pénètre de principes