‹ Une page d'histoire, découverte des restes de trois missionnaires de la Compagnie de JésusChapitre 3 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Xouvelle-Francc, le catholicisme aura droit de cité eu ce pays. La mission canadienne, livrée tout entière au sage gouvernement des disciples de Loyola, verra des jours prospères. Des résidences s'ouvrent aux Trois-Rivières, à Miscou, et à l'île du Cap-Breton. La robe noire pénètre au cœur des peuplades sauvages, et la nationalité française va s'implanter avec la croix du Sauveur. Le Jésuite sait leur inspirer du respect ; pour lui seul ils éprouvent de la confiance ; leur âme cède involontairement à l'ascendant de la charité. Après avoir converti à la foi la nation huronne, le Jésuite voit l'anéantissement presque complet de ces nouveaux chrétiens et la ruine d'une Eglise qui donnait les plus belles espérances. Terrible épreuve pour ces bons Pères qui voyaient crouler dans un moment l'œuvre de vingt années de travaux héroïques.

Leurs regards se tourneront désormais vers un peuple resté jusque -là insensible à leurs efforts. L'Iroquois féroce voit un ennemi dans tout Européen, et tout ennemi e^t pour lui une victime à immoler. " Cependant le Jésuite n'hésite pas devant l'orage. " Dans les nombreuses Eclations de cette lugubre " époque, on ne trouve pas, dit Parkmau, une ligne " qui donne occasion de soupçonner qu'un seul homme

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" (le cette troupe fidèle ait fléchi ou hésité. L'éner- " gique Brébeuf, le doux Garnier, le patient Jogues, " l'enthousiaste Chaumonot, les le Mercier, Clias- " telain, Ragueneau, Pijart, tous montraient une " froide intrépidité, qui étonnait les sauvages et " imposait le respect. "

Les solitudes les plus sauvages apprirent le& mystères chrétiens de la bouche de ces missionnaires hardis. Poussés par cet esprit divin qui souffle les nobles et fortes inspirations dans les cœurs dont il s'empare, les fils de Loyola traversent les rivières, gravissent les montagnes, fondent des églises, au sein de la grande confédération iroquoise. Les rochers de ces bourgades portèrent longtemps l'empreinte de leurs pas, et Satan, qui, depuis des siècles, avait exercé son empire sur ces peuples plongés dans les ténèbres de la mort, recula impuissant devant la croix du missionnaire. Mais auparavant il a, dans sa rage, désigné les soldats du Christ qui devront payer par le martyre la victoire remportée sur lui. Jogues, Daniel, Buteux, Brébeuf^ Garnier, Lalemant, Liégeois, tombent tour à tour victimes de leur héroïsme.

Tels furent les traits saillants de cette périjde qui vit accourir en Canada cinquante Jésuites, tous

xn TSTRODUCTIOX

anxieux de donner leur vie en holocauste à Dieu. Ceux qui font le sujet de ce livre sont les Pères Jean de Quen, François du Pérou et le Frère Jean Liégeois. On n'a pas oublié avec quel bonheur fut saluée la découverte inattendue de leurs restes mortels, ni cet appareil funèbre, ni cette démonstration religieuse qui ont entouré leur sépulture dans les caveaux de la chapelle des Ursulines. L'Eglise de Québec, reconnaissant les services que «es héros d'un autre âge rendirent à la religion, avait appelé ses enfants à venir encore une fois associer leurs hj'^mnes k leurs prières autour de ces ossements bénits. Aujourd'hui ils reposent en paix à côté de la Mère de l'Incarnation, la vénérable fondatrice des Ursulines, et ils n'en sortiront qu'au jour du grand réveil !

I^.-E. DiONXE.

DE

Démolition de l'ancien collège des Jésuites

Eu 1876, un graucl nombre de familles du quartier Montcalm furent jetées sur le pavé par un immense incendie, et plusieurs d'entre elles se trouvèrent sans logement. Le gouvernement de Québec vint au secours des malheureuses victimes de cette conflagration et leur offrit un abri temporaire dans les vieilles Casernes des Jésuites, autrefois le Collège des Jésuites, maison d'éducation où. avaient vécu les pionniers de la civilisation chrétienne au Canada, ces missionnaires dont le courage a étonné les Sauvages eux-mêmes et qui ont fait et font encore l'admiration de toute notre population par leur héroïsme et leurs vertus. Les incendiés s'empressèrent d'accepter cette oftVe généreuse et passèrent le reste de l'été et l'hiver suivant dans cet asile.

Mais, comme ces familles manquaient de tout, les planchers, les lambourdes et les croisées même de cette précieuse relique des premiers âges do la

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=€0101110 disparurent bientôt pour servir de combustible à ces pauvres affligés, dont les membres étaient souvent engourdis par le froid. L'enlèvement du dernier plancher, celui du deuxième étage, causa la mort à l'un des incendiés, qui fit nne chute et «uccomba des suites de cet accident.

Le gouvernement, dont l'honorable M. de Bouchcrville était alors le chef, fut informé de toutes ■ces dilapidations, et, pour mettre fin aussi à certains désordres qu'on lui avait signalés, il chargea ringénieur du ministère des Travaux Publics d'examiner le vieux Collège et de faire rapport sur les dépenses que nécessiterait la réparation de cet édifice. L'ingénieur en fit l'examen et recommanda .au ofouvernement de rasor tout l'édifice.

M. de Boucherville, sachant parfaitement que cet antique Collège n'appartenait pas à l'Etat, ne voulut pas donner suite à la conclusion du rapport de l'inoénieur du gouvernement sans consulter l'Ordinaire de l'archidiocèse, aujourd'hui Son Eminence le Cardinal Taschereau. L'archevêque soumit la question à ]Mgr Conroy, délégué apostolique au Canada, et informa, bientôt après, le chef du gouvernement qu'il était autorisé à procéder à la •démolition des Casernes des Jésuites. L'honorable M. de Boucherville aurait sans doute aimé mieux laisser debout ces vieux murs et les conserver avec 43oin et roq)ect, comme un monument de nos gloires

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