G LA DÉMOLITION DU COLLÈGE DES JÉSUITES
que je lui avais demandé son opinion. Sa réponse, après avoir consulté Mgr Conro}', fut qu'on pouvait démolir les casernes ; fut-ce de vive voix ou par écrit que cette opinion me fut donnée, je ne me le rappelle pas. Je ferai encore des recherches et si je trouve quelque chose concernant les Jésuites, je me ferai un plaisir de vous le communiquer, quoique, à vrai dire, je n'en voie ni la nécessité, ni l'utilité.
Je vous prie de me croire.
Votre tout dévoué,
(Signé) C.-B, de Bouciierville.
Vraie copie,
E. G., sec.
Cette correspondance nous indique clairement les principales causes de la disparition de ce souvenir vivant des temps les plus héroïques de la colonie, et nous prouve en même temps que la conduite de l'honorable M. de Bouciierville en cette circonstance ne mérite aucun blâme.
La découverte de trois squelettes
Les démolisseurs se mirent donc à l'œuvre pendant l'été de 1877, et quelques mois plus tard le Collège des Jésuites n'existait plus.
En 1878, le gouvernement Joly, qui avait remplacé celui de M. de Bouclierville, fit déblaver le terrain des Casernes des Jésuites. Au mois d'août de cette année, la pioche de l'ouvrier mit à découvert des ossements humains. Suivant la Relation de M. Faucher de Saint-Maurice, qui avait été chargé de diriger les fouilles ordonnées par le gouvernement, ces ossements gisaient " à vingt-trois pieds à l'est de la porte principale des Casernes des Jésuites et à douze pieds trois pouces du mur qui court parallèlement à la rue de l'ancien marché. Le crâne de ce squelette était recouvert d'une chevelure rousse, assez lono-ue et encore adhérente. " Sur la recommandation du docteur Hubert Larue, professeur
LA DECOUVKRTK
à rUniversité-Laval, ces ossements furent mis dans nn cercueil et transportés au cimetière Belnvjnt.
Le 31 août, les ouvriers découvrirent un nouveau squelette, sans cnine, " à environ trois pieds trois pouces plus h l'est de l'endroit où avaient été trouvés les premiers ossements. Une petite croix en porcelaine blanche, qui avait la forme d'une croix de Saint-André, était placée à l'endroit où manquait la tête. " Ces restes furent placés dans une boîte en bois et déposés dans le Regimental Magazine, petite construction en pierre qui s'élevait sur le terrain des Jésuites.
Au mois de septembre de la même année, on mit encore à découvert des ossements humains. Ce squelette " se trouvait à un pied neuf pouces plus à l'est du dernier mentionné plus haut, " et " à trois pieds un pouce du mur qui court parallèlement à la rue du marché. 11 était presque complet ; le crâne surtout était remarquable par sa grosseur et par sa conservation. " Ces ossements furent mis dans la même boîte que ceux qu'on avait découverts le 31 août, et enfermés sous clef dans le même entrepôt militaire.
Nous sommes donc en présence de trois squelettes trouvés sur le terrain (,1e l'ancien Collège des Jésuites. Il s'ao-it maintenant de les identifier. Pour cela M. Faucher fit relever le site de l'ancienne chapelle des