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L'OPINION DE M. EWART

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Nous avons souvent signalé aux lecteurs du Devoir les écrits de M. Johu-S. EWART, auteur des Kingdom Papers.

Inutile de rappeler que M. Ewart plaida devant le Conseil privé In cause des catholiques du Manitoba, 11 ne se borna pas à remplir avec zèle et intelligence ses fonctions d'avocat. Il mit au service du bon droit et de la justice son talent d'écrivain, son érudition historique et sa science des lois constitutionnelles, hors pairs au Canada. Ecossais protestant, il fit valoir devant le tribunal de l'opinion anglo-protestante les justes réclamations d'une minorité française et catholique.

Je rappelle ce souvenir parce qu'il classe l'homme. M. Ewart est plus qu'un juriscunsuite de premier ordre: il est avant tout un homme de coeur et de forte pensée, profondément épris de justice et de vérité,

Nationaliste dans toute la force et l'ampleur du mot, M. Ewart ne perd pas une occasion de démontr2r que l'avenir du Canada et son unité nationale reposent sur deux pierres angulaires: le inaintien intégral des droits du Canada à l'encontre des exigences et des empiètements de l’Impérialisme britannique; et l'égalité des droits des deux races canadiennes.

M. Ewart appuie toutes ses études et fortifie ses conclusions d'une richesse extraordinaire de citations et d'autorités, d'une scrupuleuse exactitude dans l’énonciation des faits, et surtout d’une clarté lumineuse et d'une logique simple, fort rares chez les Anglo-Saxons. Un écrivain anglais, M. Richard Jebb, impérialiste convaincu et loyal, lui a rendu le témoignage que, s’il est permis de différer en tout ou en partie de ses opinions, nul ne peut metire en doute l'exactitude et la probité de ses citations.

Il appartenait à M. Ewart de porter un jugement sur les causes et les conséquences probables de la guerre européenne et de faire pénétrer un rayon de vérité à travers le nuage opaque des préjugés et des fables grossières accumulés par la presse, les politiciens, les démagogues et les agents de l'impérialisme, qui n'ont que trop réussi à égarer l’opinion publique au Canada.

C'est ce qu’il a fait dans un remarquable article, paru dans le Citizen (d'Ottawa), le 26 octobre. Entre parenthèses, ce journal accentue chaque jour l'attitude indépendante et sensée qui le sépare de plus en plus des feuilles de parti. C’est une indication précieuse de l’évolution qui s'opère lentement mais sûrement dans l'opinion anglo-canadienne.

Comme tous les gens intelligents et vraiment patriotes, M. Ewart trouve que c’est le temps de parler bon sens.

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