‹ Une Page de l'Histoire de la Médecine Sociale: L'Assurance-InvaliditéChapitre 57 sur 75 · SON · texte numérisé non relu

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ser indifférent et qui appelle des modifications nouvelles aux dispositions législatives. Nous pouvons donner ici une rapide énumération de ces facteurs avant d'envisager le détail de la question :

Tout d’abord il n’est pas certain que l'assuré, quoique rentré en possession de 50 p. 100 de sa capacité de travail, puisse trouver à utiliser ce potentiel. les employeurs, en effet, sont difficiles sur le choix de leurs ouvriers, et il leur est permis de l'être en un temps où le chômage sévit plus que jamais.

Si l’ex-invalide ne trouve pas de travail, c’est tout de suite la misère pour lui et sa famille. Dès ce moment, les assurances sociales l’ont complètement abandonné... en parfait accord avec la loi.

Supposons toutefois que le sujet soit repris par un patron ; il va se remettre à travailler comme auparavant, sur un métier qui est devenu maintenant trop pénible pour lui. Il va bien cotiser à nouveau pour l’assurance-maladie..…., mais peut-on affirmer qu'il aura toujours le temps d’être en règle avec celle-ci avant qu'il ne rechute de sa lésion réveillée (auquel cas, d’ailleurs, la Caisse-mäladie peut lui refuser son appui : il n’y à jamais eu guérison constatée), où qu'une nouvelle affection (d'autant plus facilement contractée que le terrain est déficient) ne l’atteigne à son tour ?

Admettons, pour aller encore plus loin, que tout soit en règle avec la Caisse-maladie; l’assuré pourra, à nouveau, pendant six mois, recevoir les prestations et soins prévus à l'article 4. Puis, une fois ce délai atteint, comme les cotisations ne sont.pas suffisantes pour le passage à l’assurance-invalidité (480 cotisations pendant les deux années précédant le début de la maladie !), l’assuré va se retrouver abandonné à luimême : il va essayer de reprendre encore son travail, son état empirera d’autant plus vite qu'un facteur moral viendra s'ajouter à la détresse physique, hâtant ainsi un dénouement après lequel tout ne sera pas terminé.., puisqu'il restera très souvent un foyer dans la misère.

Ceci pose, d’une façon générale, la question de 1” « avenir des invalides ». Nous allons à présent envisager les prineipaux cas qui se présentent à nous, en donnant, pour chacun, les modalités d'action déjà mises en pratique ou simplement prévues pour remédier aux oublis et aux erreurs de la loi.

Invalidité reconnue à l'expiration des six mois de maladie.

Nous avons affaire là au cas normalement prévu du passage à l’assurance-invalidité.

Nous pouvons ici, avec le Docteur Crémieu (Médecin conseil, août 1934), distinguer tout de suite trois cas invalidité à coup sûr définitive; invalidité

à coup sûr temporaire; invalidité pour une affection à pronostic incertain.

Dans le premier cas, rien ne prête à difficultés. Tout est prévu dans la loi, et l’invalide, après avoir bénéficié des soins pendant cinq ans, sera revu à la fin de ce temps, puis au terme de la période décennale, et alors bénéficiera définitivement de sa pension.

Le deuxième cas vise évidemment les évolutifs, mais puisque l’on à pu poser un pronostic bon à coup sûr, c’est qu'il peut s’agir en général de la fin de maladies infectieuses graves, de complications au cours d’affections, de suites d’interventions chirurgicales ayant particulièrement affaibli le malade.

Ici, comme dans le premier cas, la loi prévoit tout, et lorsque le sujet aura récupéré ses 50 p. 100 de capacité de travail, c’est-à-dire lorsque sa convalescence commencera en somme à tirer sur sa fin, la pension lui sera supprimée.

Vient maintenant le troisième cas, il en englobe en réalité plusieurs autres. Nous nous trouvons en présence de la longue liste d’affections chroniques susceptibles de toutes les variantes dans leur évolution, voire même de guérison.

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