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LA LUTTE ANTITUBERCULEUSE DANS LE CADRE DES ASSURANCES SOCIALES

Il est bien entendu que nous resterons, pour cette question, dans le domaine de l’assurance-invalidité, qui nous intéresse. Des études générales ont été publiées intéressant la lutte contre la tuberculose dans le cadre des assurances sociales, et, sans aller chercher les ouvrages étrangers (surtout italiens et allemands), nous trouvons en France des travaux très documentés, tels la thèse de Godard (Paris, 1931), l’étude du Professeur agrégé Gernez, de Lille, dans le Paris médical du 18 novembre 1933, les études partielles présentées dans le Médecin de France, le Médecin-Conseil, la Revue de phtisioloqie médico-sociale, et bien d’autres travaux encore, que nous ne pouvons tous nommer... Le plan de notre étude est facile à poser : nous examinerons tout d’abord quel était l'armement antituberculeux francais avant la loi des assurances sociales, puis, en nous efforcant de rester dans le cadre du risque invalidité, nous montrerons ce qu'il peut devenir si un accord général est réalisé entre ces deux moyens de lutte.

Principes de la lutte antituberculeuse.

C'est ainsi que le Professeur agrégé Gernez commençait, à juste titre, son long article; nous ne pourrions évidemment mieux faire, et nous préférons résumer ici cette partie de son travail : ces principes sont envisagés pour trois circonstances :

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a) E%5 &e qui concerne le diagnostic, deux faits essentiels :

— la radiologie est indispensable au diagnostic phtisiologique ;

— les examens bactériologiques répétés, avec homogénéisation ou inoculation de l’expectoration au cobaye aussi indispensable. De plus, il peut être intéressant de leur associer certaines recherches complémentaires : sédimentation globulaire, réactions de Vernes (utiles pour apprécier l’activité des lésions) et, surtout, cuti-réactions tuberculiniques, indispensables souvent au diagnostic de la tuberculose chez l'enfant.

b) En ce qui concerne le traitement :

1° I] faut soigner le tuberculeux le plus précocement possible : quelques semaines perdues peuvent faire d’un malade un incurable;

2° Les méthodes collapsothérapiques ont bouleversé le traitement de la tuberculose pulmonaire, s’ajoutant à la cure hygiénodiététique et aux sels d’or.

Mais ces méthodes (pneumothorax simple ou double, alcoolisation ou exérèse du phrénique, apicolyse, thoracoplastie, plombages, pneumolyse extra-pleurale, section de brides par la méthode de Jacobaeus) demandent à être appliquées précocement et avec discernement.

I y a un intérêt capital à ce que le malade soit adressé, sans délai, dans un centre spécialisé, où, après une mise en observation plus ou moins longue, une décision sera prise sur le mode de traitement le plus approprié.

€) En ce qui concerne la prophylaxie .

Les idées se sont également modiliées.

La contagion demeure, pour tous, le facteur prépondérant de la diffusion de la maladie. C’est elle qui, chez le sujet neuf, non allergique, chez l’enfant et surtout chez le nourrisson, joue un rôle capital dans l’éclosion de la tuberculose.

Il y a le plus grand intérêt à soustraire l’enfant le plus vite possible à la contagion et à prévenir le développement de la tuberculose infantile par la vaccination ‘par le B. C.-G.

Et le Professeur Gernez en tire les directives générales suivantes:

Pour être rationnellement conduite, la lutte antituberculeuse devra disposer :

1° De moyens de diagnostic précoce : ce sont les dispen-

saires.

2° De moyens de traitement précoce : centres de cure, dotés

de perfectionnements les plus modernes, dans lesquels il soit possible d’hospitaliser rapidement les malades et de les traiter immédiatement selon les méthodes appropriées à leur cas.

Donc (Prof. Leclercq), ces centres de cure doivent être à la fois des centres de placement immédiat (prophylaxie), des établissements de traitement avec service chirurgical important et des organismes de triage et sélection.

3° De moyens de prophylaxie précoce :

Enjants : B. C.-G., isolement rapide de l'enfant; OEuvre de placement des Tout Petits. OEuvre Grancher, préventoria, jardins d’enfants, inspection des écoles, etc.

Adultes : Visites préventives, dispensaires, préventoria, œuvres postsanatoriales.

L'armement antituberculeux français.

La lutte antituberculeuse était depuis longtemps déjà établie dans nombre de pays voisins de la France que celle-ci ne possédait pas encore le moindre élément d'organisation dans ce sens. C'est dès le début de la guerre que, par suite de l'examen systématique des adultes, d’une part, et de l’envahissement des centres de réforme, d’autre part, que l’on peut se laire une idée de l’étendue des désastres causés par la tuberculose. C’est à partir de ce moment, donc, que, pour ne pas renvoyer dans leurs foyers des réformés évolutifs et conta-

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gieux, l’on commença à créer des centres de traitement de la Luberculose : ce furent les comités d'assistance aux anciens militaires tuberculeux, réunis en un Comité national sous la présidence de M. Léon Bourgeois.

Alors apparaissent les premiers efforts de l'Etat, avec la loi du 15 avril 1916, sur les dispensaires antituberculeux (loi Léon Bourgeois), puis, la loi du 7 septembre 1919, sur les sanatoria (loi Honnorat).

Nous reçûmes aussi, dès 1917, un appui précieux avec la mission Rockefeller. Enfin, la guerre achevée, le 4 août 1919, le Comité national d'assistance aux anciens militaires tuberculeux prit le nom de Comilé national de défense contre la Tuberculose. |

Il n'entre pas dans le cadre de notre étude d'examiner un à un et dans leurs détails les divers organismes qui, depuis lors, ont engagé la lutte antituberculeuse avec opiniâtreté, sinon avec d'encourageants résultats. Nous en donnerons une simple énumération, susceptible cependant de rappeler la constitution de la charpente de notre organisation antituberculeuse :

a) Le Comité national, organisme officieux, mais qui dirige pratiquement toute cette lutte. Il sert surtout à la liaison entre pouvoirs publics, œuvres privées, syndicats médicaux.

b) Les organisations départementales. — Il en est deux :

— l'Office départemental d'hygiène sociale, sous la direction du préfet, créant des dispensaires, des établissements de cure, et collaborant aux œuvres privées;

— puis, le Comité départemental, de création plus récente, association privée se proposant le même but que l'Office départemental etaffiliée au Comité national.

c) Les dispensaires, créés par les organisations départementales, et dont le but est l’éducation antituberculeuse, le dépistage des malades, et leur orientation vers les divérs établissements de cure.

Ils sont de plusieurs ordres :

— dispensaires publics, dont l'entretien et le fonction-

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