CHANGEMENT DE GOUVERNEMENT
Le 12 Janvier, la deuxième Session du Gième Parlement de Manitoba s’ouvrit par le discours du Trône auquel j’emprunte le passage suivant :
“ Depuis la dernière session de cette Législature, certains actes ont été désavoués “ par le Gouverneur-Général, savoir : un acte concernant le chemin de fer de la Vallée “ de la Rivière Rouge. Cet usage du droit de veto par le Gouverneur-Général est pro- “ fondément regrettable, et afin de poursuivre les travaux de parachèvement du chemin “ de fer de la Vallée de la Rivière-Rouge, il faudra adopter de nouvelles mesures, les* “ quelles seront soumises sans délai à votre considération. ”
On le voit, ce discours du Trône, préparé par le Docteur Harrison et ses collègues, était un défi porté à Ottawa, et ce défi venait de politiciens qui s’étaient toujours dits Conservateurs et favorables au gouvernement de Sir John Macdonald. Il était trop tard pour les sauver. L’élection de St-François-Xavier avait fait pencher la balance en faveur de leurs adversaires et cela grâce aux promesses faites, ainsi qu’il est dit dans le discours déjà cité de M. Fisher.
Le II l’Hon. Docteur Harrison offrit sa résignation qui fut acceptée. M. Greenway fut appelé pour former une nouvelle administration. Il choisit de suite comme Procureur Général l’Hon. Joseph Martin, celui là même dont les promesses si explicites et si positives faites, à St-François- Xavier, au sujet des écoles et de la langue française, avaient assuré le triomphe de son parti.
La Chambre fut ajournée au 1er Mars. Pendant cette vacance, l’Hon. Thomas Greenway, tout occupé de former et fortifier son administration, se garda bien de modifier en quoi que ce soit les promesses faites par celui qu’il s’associait comme Procureur Général.
D’après ses propres convictions et les conseils de ses amis, le nouveau chef du Cabinet, crut à propos de faire lui aussi des promesses afin de dissiper les rumeurs que la crainte mettait en circulation. Il voulut luimême comme chef de l’administration donner l’assurance formelle et positive que son Gouvernement n’entreprendrait rien ni contre les écoles catholiques, ni contre l’usage officiel de la langue française, ni même contre le nombre de représentants de l’élément français.
L’Hon. M. Greenway, que l’Archevêque de St-Boniface n’avait pas l’honneur de connaître, voulut bien visiter le Prélat en sa demeure. L’Archevêque étant malade au lit ne pouvait pas recevoir, il ne fut informé de la visite et de son objet qu’après le départ de l’honorable visiteur- Voici au reste ce qui se passa à cette occasion, et le récit suivant «e trouve dans deux déclarations solennelles, faites spécialement pour établir la vérité des faits par les deux seules personnes qui étaient avec M. Greenway ; le Révérend Père Joachim Allard, mon Vicaire Général, et Monsieur W. F. Allowa3r, banquier de Winnipeg.