Calcul, arithmétique, mesurage et algèbre
9o. Tenue de livres en partie simple et double. lOo. Géographie de toutes les parties du monde, llo. Histoire Sainte, du Canada, d’Angleterre et de France.
12o. Bonne tenue, politesse et bienséance.
13o. Musique vocale.
14o. Connaissances utiles, à partir des plus rudimentaires jusqu’aux éléments de physique, chimie, agriculture et astronomie. 15o. Pour les filles ; économie domestique, couture, broderie, etc., etc.
Ce programme et les développements qu’il comporte étaient imprimés et mis entre les mains des Instituteurs, des Commissaires et des Inspecteurs. Je ne dis nas qu’il était tout suivi dans les petites localités ou dans les écoles les plus élémentaires, mais il l’était dans les écoles plus nombreuses et plus régulièrement fréquentées ; pour toutes, il était l’objectif vers lequel tous devaient tendre. Je n’hésite pas à dire que ce programme est assez complet pour des écoles élémentaires; il ne faut pas une grande expérience pour se convaincre qu’il est peut-être un peu trop chargé, surtout à cause des deux langues. Le pays n’était pas encore assez avancé pour que l’on pût s’attendre au développement complet de nos institutions, mais j’affirme que si la marche progressive de nos écoles n’avait pas été enrayée par les persécutions qu’on nous fait
subir, nous étions à la veille de voir toute l’enfance Catholique de Manitoba fréquenter des écoles capables de rivaliser avantageusement avec ce qu’il y a de mieux dans les autres Provinces Canadiennes. Nous étions à la veille de recueillir abondamment les fruits de labeurs et de sacrifices énormes, lorsque des lois hostiles sont venues obscurcir l’horizon, créer de nouvelles difficultés et retarder le progrès.
Je viens de parler des injures et des calomnies qui nous ont été prodiguées, ce serait une injustice de ma part de faire ce qui a été fait en sens contraire. Je dois le dire et le dire hautement, un grand nombre des premiers citoyens de Manitoba nous ont témoigné leurs sympathies les plus vives et les plus généreuses. Ces tristes événements ont malheureusement brisé nos relations avec des hommes que nous avions toujours respectés et estimés jusqu’alors, mais d’un autre côté ils n’ont fait que resserrer les liens si agréables qui nous unissent à d’autres de nos Frères séparés. Des témoignages venus de haut nous ont consolés et encouragés.
Le journal le plus important du pays a pris, sur la question des écoles Catholiques, une attitude telle qu’elle n’a pas été comprise par ceux qui semblent croire que tout doit être vénal dans l’homme. Nous n’avons pas été en mesure de récompenser les rédacteurs du Manitoba Free Press de l’attitude si généreuse, si franche et si sincère qu’il ont gardée en notre faveur ; qu’il me soit du moins permis de leur offrir l’hommage d’une reconnaissance vivement sentie quoique bien imparfaitement exprimée.