‹ Une page de l'histoire des écoles de ManitobaChapitre 33 sur 48 · INCONSÉQUENCE · texte numérisé non relu

INCONSÉQUENCE

Les discussions à l’occasion de l’abolition des écoles Catholiques ont donné lieu à l’attitude si inconséquente et si incompréhensible des Chefs et des synodes des dénominations Anglicane, Presbytérienne, etc., etc. On en a appelé au sentiment chrétien des populations; on a montré les dangers des écoles d’où l’on bannirait l’enseignement et les exercices religieux. On a soutenu comme thèse inattaquable la nécessité de la prière et de la Bible dans les écoles. Il faut que l’instituteur soit chrétien, qu’il prie avec ses élèves, qu’il enseigne les commandements, qu’il fasse des discours instructifs: que l’atmosphère de l’école soit religieuse; que la morale qu’on y enseigne repose sur eles principes, sur la parole ele Dieu, etc., etc. Après cela, on pouvait naturellement s’attendre à ce que ces Messieurs pussent dire : laissez les écoles telles qu’elles sont ; nous avons nos écoles Protestantes ; nous les avons faites ce que nous avons voulu, mieux vaut, afin de les conserver avec un peu de logique ou de justice, que les Catholiques continuent à jouir des leurs.” L’esprit de logique ou de justice n’a pas été assez fort pour imposer ses conclusions et on a eu le triste spectacle

d hommes haut placés se montrer assez inconséquents et assez injustes pour dire :

“ Laissez-nous nos écoles Protestantes avec le degré d’en? eigneraent religieux qui “nous a satisfaits jusqu’à présent et qui nous satisfera dans l’avenir. Laissez-nous la “Bible, les prières, les commandements, etc., etc.; avec cela les Ecoles Publiques font “ notre affaire, puisque vous confiez l'administration et la discipline de ces écoles à des “ Protestants et que tous les livres choisis pourront l’être conformément à nos vues. Mais “ détruisez les Ecoles de l’Eglise Romaine, au moins environnez-les de tant de difficultés “ que certains parents, qui sont déjà un peu des nôtres ne voudront pas les soutenir et “ ils nous enverront leurs enfants. Nommez dorénavant nos institutions : “Public Non- “ Sectarian Schools.” Le nom, vous savez, c’est tout, à distance ; ce nom aura son effet “ dans Ontario et jusqu’au delà des mers ; “ nous enverrons cette déclaration au “Conseil Privé et elle aura un effet important sur la décision. ”Ce changement “ de nom suffira et la farce sera jouée ; nous aurons nos écoles Protestantes comme “ avant.”

Ils auraient pu ajouter : les Papistes auront le loisir de méditer sur le progrès des idées modernes et se convaincre que l’esprit qui a dicté les vieilles lois pénales n’est pas mort, mais qu’il s’est modifié à la clarté des lumières de notre siècle et est devenu plus astucieux et plus adroit, en restant le même. NO SURRENDER !

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