‹ Une page de l'histoire des écoles de ManitobaChapitre 38 sur 48 · APPLICATION EXAGÉRÉE DE LA LOI · texte numérisé non relu

APPLICATION EXAGÉRÉE DE LA LOI

La législation hostile aux Catholiques ayant prévalu, non seulement on la mit en force, mais dans Winnipeg et quelques autres localités on alla au delà de la lettre de la loi, parce que le Procureur Général en avait donné une interprétation que son successeur en office a déclarée, en plein Parlement, n’être pas la véritable. L’interprétation la plus rigoureuse, quoique fausse, prévaut depuis 1890, c’est pourquoi les Catholiques de plusieurs localités sont forcés de payer leurs taxes aux écoles dites publiques, lors même qu’elle ne reçoivent pas un seul enfant Catholique dans

leurs classes.

Telle est la Quatrième Phase par laquelle sont passées les écoles de Manitoba ; il n’a pas fallu beaucoup plus de deux ans pour opérer cette évolution dont l’histoire impose nécessairement les conclusions suivantes : La révolution scolaire opérée par la loi de 1890 est simplement le rejet de la coutume qui a toujours prévalu dans la colonie d’Assiniboia ; la violation du pacte conclu, lors de l’entrée de cette colonie dans la Confédération ; la destruction du système des écoles séparées, telles qu’établies par la Législature de la Province, après l’Union.

Ces conclusions découlent nécessairement des faits racontés plus haut et qui dans leur pénible contraste peuvent se résumer comme suit :

lo. James Fisher, M.P.P., affirma dans l’Assemblée Législative, le 4 Mars 1898, qu’il était Président de l’Association Provinciale des Libéraux, lorsque M. Joseph Martin fit, en sa présence, aux électeurs de St-François-Xavier, et au nom du Parti Libéral, la promesse positive que si ce Parti venait au pouvoir il respecterait les droits des Catholiques à leurs écoles et les droits de la oopulation Française à l’usage officiel de sa langue et que c’est cette promesse qui fit que les Libéraux arrivèrent au pouvoir.

2o. Le Rév. Père Allard, Vicaire Général, et M. W. F. Alloway banquier de Winnipeg, ont, le 1er Avril 1892, déclaré solennellement qu’au commencement de 1888, l’Hon. Thomas Greenway, appelé à former un ministère, avait fait transmettre à l’Archevêque de St-Boniface l’assurance formelle et positive, que le Gouvernement qu’il voulait former et le parti qu’il dirigeait, ne tenteraient jamais rien d’adverse aux Catholiques soit pour leurs écoles, soit pour l’usage de la langue Française, soit même pour le nombre de leurs représentants.

3o. Au mois de Juillet 1889, le Gouvernement Greenway demanda

à la Section Catholique du Bureau d’Education de lui remettre le Fonds de Réserve qu’elle administrait en vertu de la loi et qui se montait à $13,879.47, assurant par une lettre du Secrétaire d’Etat que cet argent était un droit acquis aux écoles Catholiques et que ce droit serait respecté. Malgré cette promesse, le Gouvernement s’appropria la somme entière sans en jamais donner un centm aux écoles auxquelles elle appartenait.

4o. Au mois d’Août 1889, deux des Ministres firent part au public de leurs dispositions hostiles contre les institutions qu’ils avaient promis de respecter et de maintenir. L’Hon. Joseph Martin déclara emphatiquement qu’il tomberait ou obtiendrait la sécularisation complète des écoles de la Province de Manitoba.

5o. Le clergé des dénominations Protestantes eut assez d’influence pour déloger le Procureur Général de la position qu’il avait prise. Ce dernier fut forcé de maintenir ce que les Protestants aimaient dans leurs

écoles, quoique ce même Procureur Général eût affirmé publiquement que c’était une “ iniquité ” d’enseigner la religion Protestante dans des écoles ou l’on voulait attirer les enfants Catholiques.

60. Les Catholiques, n’étant que la minorité, furent sacrifiés. Deux Statuts furent passés par un vote de vingt-cinq, à l’effet d’annuler toutes les lois scolaires, et de priver les Catholiques des droits et privilèges dont ils avaient joui sous tous les régimes, depuis l’établissement du pays ; droits et privilèges que l’administration actuelle et le parti au pouvoir avaient promis solennellement de protéger.

7o. Une loi provinciale abolit l’usage officiel de la langue française^ quoique cet usage soit déclaré obligatoire dans le Statut Fédéral du dit Acte de Manitoba et que cet acte ait été confirmé par le Gouvernement Impérial. La Province put jouir du ridicule spectacle d’une prétendue sanction royale donnée à un acte qui est un défi formel lancé au Parlement de Sa Majesté ; tout cela embarrasse davantage nos écoles.

80. La population catholique avait reçu l’assurance que ses “ droits religieux seraient respectés ; ” on arracha du livre des Statuts de la Province la reconnaissance légale qui y était donnée à quatre fêtes qui sont d’obligation pour les Catholiques. Cette dernière disposition rend plus difficile encore l’acceptation des lois sur les écoles, et rend plus odieux le prétendu désir d’assimiler toutes les classes de la population et d’accorder à tous des droits égaux.

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