‹ Une page de l'histoire des écoles de ManitobaChapitre 47 sur 48 · MA POSITION · texte numérisé non relu

MA POSITION

Je suis Prêtre, Missionnaire et Religieux depuis quarante-huit ans, je suis évêque depuis quarante- trois. Dans nos vastes déserts et forêts, j ai rencontre bien des Sauvages, même des plus barbares et des plus éhontés ; je n’ai jamais été insulté par aucun d’eux, ni à cause de ma position ni autrement. Plusieurs de nos missionnaires et moi-même avons été reçus sous le toit hospitalier de Protestants de différentes classes et croyances ; nous n’avons trouvé que des amis. Ceux de nos frères séparés qui nous ont vus à l’œuvre n’ont eu qu’une voix pour reconnaître le dévouement des Missionnaires catholiques, et ont laissé à ceux qui ne nous connaissent pas le triste privilège de nous attaquer, ce que quelques-uns ont fait surabondamment, sans pourtant se permettre de dire que nous sommes traîtres aux obligations de notre saint ministère : à cet article, ils nous reprochent plutôt de l’exagération que de la défaillance. Des événements regrettables se sont produits sur les bords de la Rivière-Rouge et de la Saskatchewan. N os ennemis traditionnels, connaissant la sympathie des Missionnaires Catholiques pour leurs ouailles, les ont accusés d’en être les guides et les complices jusque dans les fautes commises. Il n’y a que le sang de deux des nôtres qui a pu ouvrir les yeux et faire connaître notre position véritable.

Après cela on pouvait naturellement espérer au moins un simple acte de justice de la part de tous nos compatriotes et de tous nos coreligionnaires Mais non ! ! c’est avec de l’eau de l’Ottawa et du St-Laurent qu’on a détrempé l’encre dans laquelle des plumes françaises se sont plongées pour nous insulter ; pour jeter de la noirceur sur un passé plein de gloire pour notre foi et pour notre sang. Les infortunés ! ils ne songent qu’à et ils ne parlent que de ce qu’il y a de plus bas, c’est pourquoi ils nous reprochent l’abandon du devoir, la sordidité, l’aveuglement volontaire et la trahison.

On met le comble à toutes ces infamies et l’on me reproche ce que l’on sait fort bien m’être si pénible; on me reproche d’avoir sacrifié ou d’avoir laissé sacrifier les écoles catholiques de Manitoba. On sait que cela est faux, mais on sait aussi que le mensonge laisse ses traces, et qu’il y en a d’assez naïfs ou d’assez badauds pour croire tout ce qu’ils lisent sur une gazette. C’est ainsi que l’on fait le mal ; que l’on empêche l’émigration vers Manitoba; que l’on nuit à l’œuvre des missions; que l’on insulte le clergé ; qu’on éloigne les vocations religieuses et que l’on sape autant que possible l’autorité épiscopale. Tout cela, on le dit ouvertement, parce que le vieil Archevêque n’a voulu se mêler en rien des élections de 1891. O profondeur de la déchéance humaine !

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