‹ Une page de l'histoire des écoles de Manitoba [microforme]Chapitre 36 sur 80 · RE CE · texte numérisé non relu

RE CE

“bles membres de cette Chambre le sachent bien ; si dans quelques années, les ‘ Catholiques ou les Protestants deviennent les plus nombreux, ils auront les uns ou les ‘ autres le droit de modifier leurs lois d'écoles de façon que la majorité quelle au'elle ‘soit, pourra établir un système nouveau d'éducation qui rencontre ses propres vues, ‘sans se soucier des convictions religieuses de la minorité, et dans ce cas, les terres ” publiques que nous demandons de tenir en réserve pour les écoles de Manitoba et du

Nord-Ouest iront exclusivement au bénéfice des écoles catholiques, si la majorité est ‘“ catholique, tout comme elles iraient exclusivement aux écoles protestantes, si la ‘ majorité était protestante.”

Cette proposition supposée, si absurde qu'elle soit, trouve aujourd'hui des avocats, même parmi des gens que l’on croit ordinairement intelligents et raisonnables. Je prie les adversaires de nos écoles qui examinent ce qui se passe, de vouloir bien l'apprécier comme ils le feraient, si la majorité dans Manitoba ou le Nord-Ouest était catholique et si cette majorité, oubliant ses traditions et ses devoirs voulait traiter la minorité non-catholique comme la minorité actuelle est traitée aujourd’hui. Avouons que si ces rôles étaient renversés, le pays serait le théâtre d'une terrible commotion. Je ne désire pas de commotion de quelque part qu'elle vienne. Dieu me garde de soulever les passions populaires, mais il est permis de réclamer la justice et le fair pluy britannique tant vanté. Cet appel, tout en le faisant à mes coreligionnaires, je ne crains pas de l’adresser à nos Frères séparés et de leur dire : traitez la minorité de Manitoba et du Nord-Ouest comme vous la treiteriez où voudriez qu'elle fût traitée si elle était Protestante et si les Catholiques voulaient lui imposer leurs vues en matière d'éducation. Quoi ! on a affecté au soutien des Ecoles de tout le pays la dix-huitième partie de toutes les terres publiques, et les catholiques de ces contrées seraient privés de leur légitime part de bénéfice de cette riche dotation ! Pourtant ces terres, si Je puis m'exprimer ainsi, sont aux cinq douzièmes, des terres catholiques, puisque à l’époque de la passation de l’Acte qui en a fait des “ terres d'écoles ” la population Catholique de la Puissance était, comme elle l’est encore aujourd'hui, les cinq douzièries de tout le peuple canadien. Les Protestants, quoiqu'ils soient, eux, les sept douzièmes de cette même population, ne voudront pas imposer pareille injustice à leurs compatriotes Catholiques, et il n’est pas besoin d'ajouter que ces derniers ne la tolèreraient pas.

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