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pays ! Quel malheur qu'il ait contribué à jeter au milieu de notre population ce qu'il nomme si bien “un os de discorde qui trouble l'harmonie,” « bone of contention to disturb the prevailing harmony. Mais laissons l’incomparable Docteur analyser son os. Qui sait, cet os est peut-être une relique d’une immense valeur ethnographique, tiré depuis 1882 des fouilles de quelque tumulus sauvage. Avant les évolutions dernières au sujet de l'éducation, nous avions la paix. Les heureuses dispositions de l'Honorable Monsieur Aikins n'ont pu que contribuer puissamment à maintenir l'harmonie qu'il a saluée avec bonheur à son arrivée au pouvoir. Son expérience, servie par un jugement caline et solide, ne pouvait que lui faire apprécier favorablement l'état dans leque] il trouva la Province. L’'Honorable Monsieur Aikins était en Parlement depuis 1854. Il avait été membre de l’Assemblée et du Conseil Législatifs du Canada-Uni. A l'époque de la Confédératior, il fut appelé au Sénat, puis nommé Secrétaire d'Etat du premier Cabinet Fédéral. Il était dans l’adininistration quand les troubles de la Rivière-Rouge éclatèrent, quand l’Acte de Manitoba fut redigé et voté ; il en comprenait done la portée et la signification. TI a souvent affirmé qu'il était bien entendu que cet Acte assurait aux Catroliques comme aux Protestants des écoles de leur choix et conformes à leurs convictions religieuses.
C'est du Département de M. Aïkins que relevait l'administration des terres de Manitoba et du Nord-Ouest. C'est donc sous lui qu’en 1872 lu dix-huitième partie de toutes les terres publiques fut réservée pour les écoles. L’honorable M. Aiïkins, comme son chef et comme ses collègues, savait fort bien que les écoles étaient alors et Protestantes et Catholiques, toutes sur un pied d'égalité aux yeux de la loi ; que par conséquent, la riche dotation faite à ces écoles devait bénéficier aux unes et aux autres et cela, sans violenter en rien les scrupules de conscience.
A la fin de sa carrière comme gouverneur, M. Aiïkins vit sans doute des commotions politiques, mais la discorde religieuse ou nationale n’était pour rien dans cette course au pouvoir ; aussi elles ne blessèrent pas assez profondément pour laisser les fâcheux résultats qui se sont produits depuis.
Monsieur Aikins n'eut pas, comme ses prédécesseurs, à combattre de fausses interprétations de l’Acte de Manitoba, mais si l’occasion s’en était présentée, il aurait certainement suivi leur exemple, car il partageait leurs vues et les lois d'écoles amendées sous lui ont conservé leur caractère.
C’est dans le calme de l'assurance et du bon vouloir des autorités que se termina la Troisième Phase dans laquelle étaient entrées les Ecoles de Manitoba, phase qui dura dix-huit ans.
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L'histoire des faits que je viens de raconter prouve ce qui suit :
10. Pendant cette periode, quatre Lieutenants-Gouverneurs ont été à la tête de l'administration de la Province. Tous étaient des hommes d'expérience, avaient été ministres d'Etat et avaient joué des rôles importants dans la politique provinciale et fédérale.
20. Les Honorables Archibald, Morris, Cauchon et Aikins étaient dans le Parleinent et deux d’entre eux dans le Cabinet d'Ottawa, lors des troubles de la Rivière-Rouge, de leur apaisement et de leur cessation par les négociations qui déterminèrent l'Acte de Manitoba et l'entrée de cette Province dans la Confédération.
30. Les quatre premiers Gouverneurs interprétèrent tous l'Acte de Manitoba dans le même sens, celui exprimé à Ottawa, c’est-à-dire, dans le sens de garanties certaines.
40. Les quatre Gouverneurs crurent aue les Ecoles Confessionnelles, en usage lors de l’union, devaient être respectées parce qu'elles étaient garanties par la Constitution et quand il en fut besoin ils dirigèrent la Législation Provinciale dans ce sens, expliquant à ceux qui ne la comprenaient pas, l’ambiguité apparente de la loi.
50. Les mêmes Gouverneurs lurent toujours en Français et en Anglais leurs discours d’ouvertu:e et de clôture du Parlement et savaient qu'il ne peut pas y avoir d’hésitation pour l'usage officiel de la langue Française. La clause 23 donne comme facultatif l'usage de cette langue dans les débats parlementaires et les cours, mais elle impose l'obligation de publier dans les deux langues les archives, les procès-verbaux, les journaux et les actes de la Législature.
60. Une tentative faite en 1879 pour supprimer une partie des impressions en langue française échoua aux pieds du trône, les représentants de Sa Majesté, tant à Winnipeg qu'à Ottawa, refusèrent leur sanction à cette inconstitutionalité.
70. Er 1872, c'est-à-dire, de suite après l'établissement des écoles auxquelles était reconnu le privilège d'être où Catholiques ou Protestantes, le Parlement Fédéral dota les écoles de Manitobu et du Nord- Ouest en réservant pour eiles la dix-huitième partie de toutes les terres publiques de la Puissance, et cela sans restriction ni exclusion.
80. La loi de Manitoba, ainsi expliquée et appliquée, ramena la paix et l'harmonie parmi les différentes classes de personnes composant la Province, et cette paix et cette harmonie furent maintenues pendant toute cette troisième période de l’histoire de nos écoles.