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ÉTUDE SUR BALZAC

Ce n'est point par orgueili c'est par TO seQliment de fierté reconnaissante, que Iç Comité des gens de leltres a imposé avçc douceur à l'un dç se» vice-présidents le difficile devoir de prendre aujourd'hui la parole dans cette grande réuuioQ

^ Voici le titre exact de cet opuscule : • Société des gens (le lettres de France. Séance solennelle dam la salle du Conservatoire impérial de mmiquc, 47 Avril 4836. Discours prononce par M. Louis Lurme, vice^présideni de la Société ». In-8** (le deux feuilles. Imprimerie (Je Briôre, à paris.

littéraire, dans cette fêle spirituelle, qui doit à Tempressement des uns, à la sympathie de tous, Téclat d une véritable solennité académique.

Je parle de solennité académique : la Société des gens de lettres n'est pourtant pas une académie ; elle ne Test pas encore, et je pense qu'elle ne le sera jamais. Puissante par bien des noms qui lui appartiennent, utile par bien des choses qu'elle fait, modeste en songeant à bien des choses qu'elle ne peut pas faire, la Société des gens de lettres n'est point limitée, comme la plupart des académies, par un principe d'élection restrictive ; elle n'est point dominée par des statuts qui l'attachent à la date de sa fondation ; elle n'est point soumise à la discipline de la tradition ; elle n'est pas une école d'autorité littéraire; elle n'a point mission de régir la langue et de réglementer l'esprit des lettres; elle n'a aucun intérêt à perpétuer une forme convenue de notre littérature ; elle n'a pas besoin de peser les travaux du temps présent dans la balance qu'un autre temps lui a léguée, elle n'est point forcée de compter avec les noms, les opinions et les influences.

La Société des gens de lettres est une institution

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libre, mililante, ouverte à tous les lettrés, renouvelée dans le travail, retrempée dans la nouveauté du taleul, protégeant la littérature et les littérateurs sous toutes les formes de la protection confraternelle, pauvre et pouvant donner, faible et pouvant luller pour servir quelqu'un ou servira quelque chose, toujouçs accessible et toujours dévouée, s'efforça nt de rester, si on peut le dire, en permanence de conCralernité, pour f intérêt des personnes et pour Thonneur de la profession. Avec cette indépendance que le désintéressement lui donne, avec cette force que le dévouement mutuel lui prête, avec cette élévation qu*elle trouve dans le seul intérêt de Tesprit^ notre Société n'a rien à craindre des vicissitudes de la politique ; elle peut dire très simplement et très sincèrement à tous les pouvoirs qui commandent, à tous les principes qui gouvernent : <ï Nous sommes la république des lettres ! j»

Permettez-moi d*abuser, Messieurs, de là parole qui m'a été si imprudemment donnée, pour vous parler encore de nous-mêmes, Depuis quinze ans notre Société n'a point cessé un jàcul jour de grandir, de se développer, dans lel^avail, dans la peine

ÛH2 VrSK PAGK PKUnUE DE HONORÉ DK BALZAC

et dans le dévouemenl. Depuis quinze ans elle sait trouver de soudaines ressources pour des besoins nouveaux. Elle s'efforce de conquérir, pour la dignité de tous ses menibres, les bonnes fortunes de l'opinion publique. Elle n'a songé qu a gagner en influence morale, en crédit libéral, en considération, et peut-être a-t-elle réussi à devenir une puissance presque officielle dans Tordre des idées et d(\s sentiments qui doivent gouverner les lettres.

Ce n'est pas tout, Messieurs : il arrive depuis quel ;ue temps à la Société des gens de lettres un bonlieur, un succès de bonheur, qu'elle désirait sans doute, qu'elle n'attendait pas, qu'elle n'osait point espérer. Vous allez en juger. Un jour, à notre grande joie, mêlée de quelque surprise, un homme da monde, un homme heureux, lettré et cultivant les lettres pour ajouter quelque chose de spirituel à son bonheur, un homme riche qui a toujours eu le bon goût de vivre dans l'intimité du talent..., même du talent pauvre, un homme arrivé plutôt que parvenu, et (pii se souvient encore du point de dc'p:u t littéraire d'où il s'est élancé vers la fortune, un anonyme que je ne veux pas trahir..,.

parce (|ue d'ailleurs vous le connaissez lous\ a bien voulu adresser à notre comité une somme de dix mille francs, destinée à provoquer et à récompenser publiquement certains travaux littéraires. Celait là une do nos ambitions, un 4e nos rôves (rinitiative confraternelle dans Tintérêt des littérateurs et de la littérature.

Un peu plus tard, Messieurs, des noms célèbres, des lalenls populaires, des autorités intellectuelles, oui daigné se grouper autour du comité des gens de lettres [)our juger des poètes, des romanciers, des écrivains; chacun de ces juges officieux a oublié ses litres, ses opinions, ses relations, ses sympathies personnelles, le monde de son esprit et de son cœur, pour nous aider à rendre justice à une œuvre de littérature, à une œuvre de poésie, — et ce doit être. Messieurs, le grand honneur de notre comité d'avoir su réunir si vite et si bien, dans un pareil jury littéraire, des hommes, des caractères, des talents, des influences, des situations, un peu étonnés peut-être, et pourtant charmés de se trouver ensemble.

Plus tard encore, les pouvoirs publics ont de-

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