QUELQUES : LETTRES | E
Laflèche, le 17 juin 1916. . Monsieur le Secrétaire de l’A. C. F. C,
Je suis arrivé dans l'Ouest en 1905, de Batiscan, P. Q. -A mon arrivée à Moose Jaw, Sask., j'avais 10 sous dans m'a poche. J'ai trouvé facilement de l'ouvrage bien payé. En 1908 j’ai pris 820 . acres de terre comme hoinestead et préemption. En 1909, mon éeurie a passé au feu et j’ai perdu mes machines agricoles. La récolte d'avoine, en 1909, m’a donné 108 minots de l’acre; j'avais 20 acres. La moyenne du blé, de 1909 à 1916, à été de 30 minots de l’acre. -. En 1915, j'ai eu 49 minots de blé à l’acre sur mon labour d'été, et sur de reste, y compris le chaume, 33 minots de l’acre.
L'année 1914 était une année sèche, da plus mauvaise qu’on ait . eu ici, et j'ai eu 22 minots de iblé à‘ l’acre sur m'on labour d’été. Au
‘début il fallait porter notre iblé à Mocse Jaw; «ela ne payait pas
beaucoup, mais maïntenant, je suis à un demi mille des élévateurs,
et le blé s’est vendu souvent plus d’une piastre le minot. Le plus bas
prix que j'ai eu pour mon blé a été 70 sous, et le plus haut $1.48 le .
minot. Pour île jardinage, on peut le eultiver aüssi bien qu’en Pro-
“vince de Québec, avec beaueoup moins d'ouvrage. J'ai actuelle . ; ment 11 chevaux en ma possession, et toutes les machines, y compris pe -Ÿ - a engin et une machine à battre. Le battage se paie 9 sous le minot ge “Pour, de iblé, et 7 sous pour À’ avoine. Mon roulant est estimé par la . < Banque de‘Toronto, à Laflèche, à $9,000, et ma propriété à $20,000. - L’än-dèrnier j'ai vendu 5,800 minots de blé No 1 Northern.
Je suis-prêt à répondre à n'importe quelle question qui me sera “posée. Cette. paroisse est canadienne- Française eux deux tiers; on : parle français à peu près partout. Il y a une. école depuis 1910 et
--une église avec curé résident depuis 1914. Je suis ibien satisfait : d'être venu dans.l'Ouest.: Restant à votre disposition pour toute .
’- autre denrande de renseignements, je demeure,
- ’ .-Votre dévoué,
Lañlèche, le 19 juin 1916.
Monsieur le Sécrétaire,
Vous me -demandez ce que je pense de l'Ouest. Je vous dirai | que j'y trouve des avantages ét des inconvénients. Le pays est com- ”
mode pour la culture, pour défricher ; cela va vite parce que tout est
en prairie. Dans ia plupart des rlaces, il n’y a pas de roches. J'ai:
250 acres en culture. La moyenne de ma récolte en 1915 a été pour
le blé 47 minots à l'acre dans.le labour d'été, et dans le chaume 33...
Depuis 1911 j’ai eu quatre récoltes excellentes et une médiocre: en 1914. Il y a de l’eau en abondance sur ma terre, comme dans beaucoup d’autres. Les hivers ont plus de vent qu’En-Bas. Il y a bien es Anglais dans mon voisinage, mais dans 1la paroisse il y a surtout
"des Canadiens.
Je suis arrivé en 1909 de Rimouski, Province de Québec. J'ai eu une bonne idée de venir dans ce pays. Au commencement on s’ennuyait, car c'était doin de partout. Maïntenant, nous avons égli se, école, médecin et tout ce qu'il faut. Beaweoup ont emprunté de l’argent pour acheter deur roulant; maintenant ‘on finit de payer et
‘ on pourra réaliser quelquèés économies. Il y a des terres à vendre
parce que plusieurs ne veulent pas être fermiers. Je puis donner tous des renseignements qu’on pourra me demander. ri
Bien à vous, - Didace Morissette.