PRÉFACE
Parmi les études capables de remplir les heures de travail intellectuel que laissent au prêtre les occupations multiples de son ministère, Vune des plus attrayantes est bien celle de l'histoire de VérjUse ou de V établissement religieux auquel V attachent ses fonctions. Le passé lui donne souvent l'explication défaits et de traditions dont il est actuellement témoin ; souvent aussi il lui enseigne, par V exemple des anciens, la meilleure manière de diriger les fidèles, tout en respectant cet ensemble de coutumes qui Jorme comme la marque distinctive c/e l'esprit paroissial.
Le modeste ouvrage que nous publions aujourd'hui ne devait avoir d'autre but que de résumer les faits principaux de l'histoire de Saint-Jacques du Haut-Pas. Une étude chronologique des papiers de cette cure nous a été laissée à la fin du siècle dernier par M. le curé Cochin : nous n'avions qu'à la suivre pas à pas pour parvenir au résultat désiré.
Cependant les origines de la paroisse ne semblent pas suffisamment exposées dans ce
travail , dont V objet d'ailleurs ne le comportait point : il nous a donc fallu recourir à d'autres sources pour cette fjartie. Les Arc/uoes Nationales conservent j pjar mi les pjapiers de l'Archevêché de Paris, les pièces concernant la Coninianderie des Frères de Saint-Jaccjues du Haut-Pas : nous en avons donné la substance dans notre premier chapitre , en ij joirjnant ce (jui nous a paru le plus (jénéralement admis par les historiens de Paris, pjour les paroisses aux dépens descjuelles a été formée celle-ci.
Une remarque s est aussi imposée à notre attention. M. CocJiin vivait à une époque dont les coutumes et les lois n'étaient pas identiques à nos lois et à nos coutumes du xix'' siècle; bien des usages n avaient besoin que détrc indiqués dans son ouvrage, dont il nous faut maintenant rechercher la nature : bien des faits s'il trouvent appuyés sur des édits ou arrêts des rois et de leur conseil, dont le texte est loin de nous être fandlier. Nous avons essayé de reconstituer ces usages, nous (trons cité à V occasion les plus importantes de ces ordonnances : la pliysionomie d'une l^nroisse do Pjiris sous l'Ancien Kégime nous apparaîtra ainsi sous son vrai jour. Peut-être le caractère général de plusieurs de ces coutumes et de ces lois, pourrait-il rendre plus facile un semblable travail sur les autres cures^
comme aussi sur les Communautés religieuses de la capitale.
Quant aux traditions et aux faits particuliers à notre paroisse^ il en est que nous n'avons pas hrsité à rappeler, malgré les regrets quils peuvent entraîner : les erreurs des Jansénistes et des Parlementaires ont été depuis longtemps délaissées dans les lieux même oit elles avaient été professées avec le plus d'ardeur. N'ont-elles pas d'ailleurs été rachetées^ autant que possible, par cette qualité bien caractéristique des fidèles de Saint-Jacques à toutes les époques de leur histoire, le dévouement à toutes les œuvres charitables ? Toujours on a su donner ici avec autant d'intelligence que de modestie; et le présent ne cesse de nous montrer que, sur ce point, les traditions du passé sont et veulent rester absolument inébranlables.
Sous Fi^ncieç Régime
SAIXT-JACaUES DU IIAUT-IMS