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PRÉFACE

Aujourd’hui que la littérature canadienne commence à être appréciée à sa juste valeur, et que beaucoup de lecteurs y trouvent de quoi les instruire,. les délasser et les distraire à travers les occupations de la vie, j’ai cru le moment favorable de soumettre au public une œuvre littéraire canadienne, due à la plume d’un écrivain que la mort, hélas! a enlevé trop tôt aux lettres : je veux parler de M. P. Perrrozarm.

Depuis longtemps je voulais imprimer le présent ouvrage, mais des circonstances que l’on me permettra de taire, m’en faisaient toujours remettre l'exécution à plus tard ; maintenant que ces obstacles n’ont plus leur raison d’être, je m'empresse de livrer à la publicité cette comédie de mœurs canadiennes. Puisse cette publication coopérer à faire connaître l’auteur davantage et agrandir sa réputation littéraire ! Quant à moi, pauvre enfant de la casse et humble pratiquant de l’art

de Gutenberg, puissé-je y rencontrer mes frais d’im-

pression dans la libéralité des amateurs de la littérature canadienne.

Comme des liens de famille m’unissent à l’auteur, je me bornerai à dire quelques mots de lui et à faire

quelques petites citations d'écrivains distingués qui

lui ont consacré quelques lignes — laissant à d’autres, plus capables que moi, le soin de faire le reste.

On sait déjà que M. Petitclair est l’auteur d’une jolie pièce en deux actes, intitulée La Donation, et qui a été jouée plusieurs fois à Québec ; aussi, de plusieurs morceaux en vers et en prose. Ces. divers écrits ont été recueillis par M. J. Huston et publiés dans son Répertoire National.

On trouve dans le Canadien du 27 août 1855, une appréciation littéraire par M. A. de Puibusque, auteur d’un grand mérite, sur le Uharles Guérin de l’honorable P. J. O. Chauveau, surintendant de l’éducation. Entre autres belles et bonnes choses, voici ce que dit M. de Puibusque :

Il (M. Chauveau) a peint le Canada tel qu'il est et avec un pinceau canadien; à ne considérer son travail que comme un nouvel acte d’initiativo, il devait être mentionné avec distinction et recevoir le même accueil que les hardis et spirituels essais de MM. de Gaspé, Angers, de Boucherville, Petitclair, Eug. L'Hcuyer, Doutre, Patrice Lacombe 4

Comme on le voit, l'écrivain français n’a pas oublié l’auteur de cette pièce, M. Petitclair, et l’a mis en bonne compagnie.

La comédie Une Partie de Campagne fut écrite en 1856. L'année suivante, une compagnie d'amateurs intelligents et animés du plus grand zèle, joua cette pièce, à la Salle de Musique, avec beaucoup de succès : elle fut reçue avec enthousiasme par un auditoire d'élite et très-nombreux, qui ne manqua pas de lui prodiguer ses applaudissements. M. le rédacteur du Canadien ne pouvant assister à cette représentation, avait chargé quelqu'un de lui donner un compterendu de la soirée. Voici ce que disait le correspondant, le 27 avril 1857, dans le passage que je cite :

Mais quand je parle du talent déployé sur la scène par

les jeunes acteurs qui l'ont occupée, je dois un mot de mention à l'auteur de la pièce comique, intitulée: Une Partie de Campagne.

HS D

Cette composition, comme peinture de mœurs canadiennes, est un tit chef-d'œuvre ; la trame en est habile et l’ensemble fait honneur M. Petitclair. ”

Trois ans après, une avire compagnie d'amateurs joua de nouveau, au même lieu, cette comédie qui fut encore accueillie avec beaucoup de faveur. Le Canadien du 27 avril 1860 s’exprimait ainsi avant la représentation :

Une des pièces, au moins, est l’œuvre de ce Petitclair qui, dans un autre pays, et à une autre époque, aurait donné au sien un autre Molière peut-être. ”

Le même journal, en date du 30 avril, disait, après la représentation, dans l'extrait que je fais de sa revue du spectacle :

Les deux pièces, mais surtout la dernière, furent jouées avec un véritable talent ; nous aimerions bien à savoir, par exemple, ce qu’on pourrait reprocher à Une Partie de Campagne La pièce de M. Petitclair, si pleine de verve, de naturel et d'à-propos, tint les spectateurs dans un fou rire continuel j

Enfin, le Journal de l'Instruction Publique; livraison de décembre 1860, disait dans son Bulletin des Lettres :

‘ M. Petitclair, auteur de plusieurs petites comédies canadiennes,

qu ne manquaient ni de verve ni d'originalité, et de queue pièces

e vers qu'on trouve dans le Répertoire National de M. Huston, est mort il y a déjà plusieurs mois. ”?

Tout ce qui précède prouve à l'évidence que cette comédie a été trouvée excellente à la représentation. J’ose espérer qu’elle plaira aux lecteurs canadiens à qui j'ai l'honneur de l’offrir, et qu’elle ne manquera pas d’égayer leurs moments de loisir.

M. Petitclair est décédé à la Pointe-aux-Peaux (Labrador), le 15 août 1860, à l’âge de 47 ans.

JOSEPH SAVARD, Typographe.

Québec, décembre 1865.

Personnages :

Louis, bourgeois.

Joscrn, villageois, frère de Louis.

Wicrran, fils de Louis. Browx, frère de Malvina, ami de William.

Baprisre, amant de Flore.

FLore, fille de Joseph.

Evcénis, amie de Flore, Mazvina, sœur de Brown.

Ux Bossv.

Ux Musrcrew.

Villageois et Villageoïises.

La Scène se passe sur les bords du lac Calvaire, dans les environs de Québec.

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