SCÈNE XII
FLORE, LOUIS (un bouquet de roses à la main), JOSEPH, MALVINA (un bouquet à la main).
MALVINA
Quelle est cette jeune fille qui sort d’ici, et qui a l’air si triste ? :
JOSEPH
Oh ! c’est l’'amie de ma Flore. C’est ça une fameuse fille ! pas vrai, Flore ? Eh! pardi, le frère Louison la connaît bien aussi ; son fils, William, comme il s'appelle à PER és (Flore lui fait signe de se laire.) Hein?.... Maisiln’ya pas de mal à dire (à Louis) que ton garçon et elle ne faisaient qu’un.... Pas vrai, Louison ?
MALVINA
Comment ? Je ne comprends pas.
FLORE
Mon père veut dire que M. William... lorsqu'il était
tout jeune.... encore enfant, vous savez... (à part) Je ne
sais que dire. ” JOSEPH.
Eh bien ! mais, écoute donc, Flore, il n’était toujours pas si enfant, il y a un an, que nous croyions tous qu'il allait en faire sa femme.
MALVINA
Oh ! je crois comprendre... M. William m'a parlé d’elle hier, dans notre promenade ensemble. ... Cependant nous l'avons rencontrée, et M. William m'a semblé n’ea pas faire besucoup de cas. (à Louis) Moosieur voire fils a «ourtisé cette jeune personne, n'est-ce pas ?
LOUIS
Il est vrai qu'il... c'est-à-dire... on m’a dit que Wil-
liam lui avait montré quelque préférence, mais... JOSEPH.
Oui, oui, quelque préférence. ... appelle-le comme tu voudras..., je sais ce que c’est.... Mais ça ne me regarde pas. (à Malvina) Ah ça! Mlle Malvina, que dites-vous de mon jardin ?
MALVINA
Oh! délicieux, monsieur, et j'ai à vous remercier du
plaisir que j'y ai goûté.
JOSEPH
C’est ce que me disent tous les bons gros bourgeois et leur
compagnie, quand ils viennent ici. Et je vous assure que cela me fait plaisir.
MALVINA
Que vous êtes heureux de vivre à la campagne !... Mais j'espère que je ne serai pas longtemps malheureuse sous ce rapport, car mon frère et moi nous nous proposons de devenir vos voisins bientôt...
JOSEPH
Mais c’est trop d'honneur...
MALVINA
Mon frère aime beaucoup la campagne. La chasse, la pêche ainsi que tous les autres amusements champêtres lui plaisent infiniment. C’est pourquoi nous allons acheter cette maison en pierre ici près, qu’on nous dit être en vente.
JOSEPH
La maison de Michon-José-Jean-Gnace ? Eh! mais, dites donc, tout juste le père d’Eugénie, celle qui vous a paru si triste. (Lorsque Joseph mentionne le nom d'Eusénie;, Malvina
EN ee
tire une lettre de son sein, en regarde l'adresse, el la remet dans son sein.) MAUVINA.
Mais est-il arrivé quelque malheur à cette famille, qu’elle
se dessaisit ainsi de sa propriété ?
JOSEPH
Pardine ! mademoiselle, c’est tout clair.... c’est un procès, la ruine des habitants, Les avocats ont tout léché, et je ne sais ce que le pauvre homme va devenir avec sa femme et sa fille. Pauvre fille !.... si instruite.... et tout cela.... Cette enfant-là me fait pitié!..., (I! essuie une larme.) Cest si bon! mademoïselle..., Jamais ça ne se plaint, et pourtant elle a de la misère !
MALVINA
Monsieur, j die votre bon cœur, et le sort malheureux de cette jeune fille me fait mal. Toutefois, j’ai quelqu’espoir de pouvoir lui être utile quelqu’un de ces jours.
JOSFPH.
Mademoiselle, je vous remercie pour elle. (Regardant dans la coulisse.) Mais quel est celui qui accompagne monsieur votre frère ?